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| L'atelier de production de pièces détachées pour automobiles, deux-roues et équipements industriels de la Vietnam Precision Industrial N°1 Co., Ltd. |
| Photo : VNA/CVN |
Toutefois, pour transformer ce potentiel en succès concrets, le pays doit impérativement poursuivre l’optimisation de son climat des affaires, investir dans le développement de son capital humain et faciliter l’accès des entreprises aux énergies vertes.
Ces conclusions émanent des dirigeants du Conseil des affaires UE - ASEAN (EU-ABC) et de la Chambre de commerce européenne au Vietnam (EuroCham). Ils se sont exprimés lors du Forum de coopération économique et commerciale Vietnam Nam - UE, qui s’est tenu mercredi 4 novembre à Hanoï, ainsi qu’au cours d’entretiens accordés à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) en marge de l’événement.
Selon Noel Clehane, vice-président de l’EU - ABC, le Vietnam s’est forgé une solide base industrielle et exportatrice, un atout majeur pour attirer les multinationales européennes. Toutefois, à l’heure où les chaînes d’approvisionnement mondiales se restructurent, l’enjeu ne réside plus seulement dans le volume des capitaux captés, mais dans la qualité et la valeur ajoutée de ces investissements.
Il a souligné que l’apport européen dépasse le simple cadre financier : il est porteur de technologies de pointe, de savoir-faire managérial, de développement des compétences locales et de synergies accrues avec le tissu économique vietnamien. Une opportunité unique pour le Vietnam de s’ancrer durablement au cœur des chaînes de valeur régionales et mondiales.
Noel Clehane a tout particulièrement mis l’accent sur les énergies renouvelables. Selon lui, l’Europe dispose d’une expertise technologique de pointe dans l’éolien, le solaire, le stockage par batteries et les réseaux de distribution d’énergie verte. Ce sont précisément des domaines où le Vietnam pourrait tirer profit des technologies et de l’expérience des entreprises européennes.
Outre les énergies renouvelables, il a également évoqué le potentiel de coopération dans la production de haute technologie, l’industrie aéronautique, les biotechnologies, les équipements médicaux et la pharmaceutique. Néanmoins, si un secteur devait se détacher comme le plus prometteur, sa priorité reste sans équivoque les énergies renouvelables.
Interrogé sur l’élévation des relations entre le Vietnam et l’Union européenne au rang de partenariat stratégique intégral, Noel Clehane a estimé que le Vietnam est déjà un partenaire et une destination d’investissement incontournable pour les entreprises européennes. De ce fait, ce nouveau statut ne bouleversera pas radicalement les affaires courantes ni l’environnement des investissements actuel.
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| Dans l'usine d'assemblage de motos de la sarl Piaggio Vietnam implantée dans la province de Phu Tho, au Nord. |
| Photo : VNA/CVN |
Cependant, cette avancée envoie un signal positif fort en traduisant la volonté politique des deux parties d’intensifier le commerce et l’investissement. Plus concrètement, le renforcement du dialogue entre les décideurs politiques, la coopération réglementaire et l’harmonisation des normes devraient grandement faciliter la vie des entreprises.
Il a également évoqué l’initiative européenne Global Gateway, susceptible d’appuyer des projets d’infrastructures tels que des routes, des ponts ou des aéroports, et de créer ainsi des conditions plus favorables à l’attraction des investissements au Vietnam.
De son côté, Torben Minko, vice-président d’EuroCham, a estimé que la confiance des investisseurs européens face aux perspectives à court et à long terme du Vietnam se maintient à un niveau élevé.
S’appuyant sur les derniers résultats de l’Indice de confiance des entreprises (BCI) de l’association, il a fait savoir que 90% des entreprises sondées sont prêtes à recommander le Vietnam comme destination d’affaires ou d’investissement. Par ailleurs, 23% d’entre elles s’inscrivent dans une vision à long terme avec des projections d’investissement supérieures à 20 ans.
Cet optimisme ne signifie pas pour autant que les obstacles ont disparu. Selon l’enquête, chaque entreprise fait face en moyenne à huit défis dans la conduite de ses activités. Pour les structures les plus exposées aux évolutions réglementaires, ce chiffre peut grimper jusqu’à 27 barrières administratives.
Torben Minko a identifié trois chantiers prioritaires que le Vietnam doit impérativement mener à bien pour renforcer son attractivité auprès des investisseurs européens.
Le premier levier réside dans la simplification et la numérisation des procédures administratives. Selon lui, les délais d’approbation des investissements s’étirent parfois en longueur, ce qui freine le déploiement des projets. Garantir une plus grande transparence, une cohérence accrue et une meilleure efficacité administrative permettrait de fluidifier les prises de décision des entreprises.
Le deuxième enjeu concerne le développement d’un capital humain de haute qualité, tout particulièrement dans les secteurs des énergies renouvelables et de la haute technologie. Torben Minko a insisté sur le fait que les investisseurs de long terme exigent une main-d’œuvre qualifiée, dotée de compétences adaptées aux nouvelles industries.
D’après les données de l’EuroCham communiquées lors du forum, 52% des entreprises sondées considèrent les ressources humaines comme un avantage concurrentiel pour le Vietnam. Pour autant, la pénurie de talents reste un sujet de préoccupation pour une partie d’entre elles, ce qui démontre la nécessité de poursuivre les efforts de formation et de montée en compétences des travailleurs.
Enfin, le troisième défi touche à l’accès à l’énergie verte. Les investisseurs européens se montrent de plus en plus exigeants quant à l’utilisation d’électricité d’origine renouvelable, notamment via les mécanismes d’achat direct d’énergie. Néanmoins, le déploiement de ces dispositifs reste lent, pénalisant en premier lieu les PME qui peinent à s’approvisionner en électricité propre.
Sous l’angle des exportations, le vice-président d’EuroCham a également souligné que les consommateurs européens sont de plus en plus exigeants vis-à-vis des produits écoresponsables, haut de gamme et conformes aux critères de durabilité. Par conséquent, les entreprises vietnamiennes doivent impérativement intégrer les normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), tout en anticipant les réglementations en vigueur au sein de l’Union européenne.
Pour Torben Minko, le renforcement des capacités des fournisseurs vietnamiens passe nécessairement par une coopération directe avec les acteurs économiques européens. Ces partenaires internationaux constituent un levier stratégique pour auditer les processus de fabrication, apporter leur expertise sur les normes techniques, opérer des transferts de technologies et co-développer des projets de recherche.
Lors de ce forum, il a également insisté sur l’urgence d’accompagner techniquement et financièrement les petites entreprises. Cet appui doit leur permettre de s’aligner sur les exigences de traçabilité, de moderniser leur processus de production et d’optimiser leur efficacité énergétique.
VNA/CVN





