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| Exercice de tir debout en binôme à cheval. |
| Photo : CP/CVN |
Créée officiellement le 15 janvier 2020 par décision du ministre de la Police, l’Unité de cavalerie de la Police mobile est placée sous l’autorité du Commandement de la Police mobile et stationnée à Sông Công, dans la province de Thái Nguyên (Nord). Il s’agit d’une formation entièrement nouvelle au sein de la Police populaire vietnamienne, chargée de former, d’entraîner et d’utiliser des chevaux dans les missions de maintien de l’ordre, de lutte contre la criminalité et de sécurisation de l’espace public.
Aujourd’hui, l’unité compte plus de 200 officiers et soldats, ainsi qu’environ 70 chevaux de service et plusieurs dizaines de poulains nés sur place. Mais derrière ces chiffres se cache un parcours semé d’épreuves. Importés de Mongolie, où les conditions climatiques sont extrêmes, les chevaux ont dû s’adapter à un environnement radicalement différent : chaleur, humidité, sols nouveaux… Autant de facteurs qui ont compliqué leur acclimatation et rendu les débuts particulièrement délicats.
“Les premières années ont été très difficiles”, se souvient le lieutenant-colonel Nguyên Ngoc Hung, commandant de l’unité. Faute d’infrastructures adaptées, les cavaliers ont dû partager des installations provisoires tout en respectant un calendrier d’entraînement intensif. Les blessures étaient fréquentes : chutes, coups de sabot, contusions. Pourtant, aucun n’a renoncé.
Au cœur de cette aventure, un principe fondamental : chaque cheval est confié à un cavalier attitré. Dossier de santé, suivi vétérinaire, soins quotidiens… le lien se construit dans la durée. “Il faut commencer par les gestes les plus simples”, explique le colonel Nguyên Manh Hùng, responsable de l’entraînement. “Nourrir, laver, promener l’animal. Avant d’obéir, le cheval doit faire confiance”.
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| Entraînement des chevaux au franchissement d’obstacles. |
| Photo : CP/CVN |
Cette relation singulière est souvent marquée par des moments inoubliables. Le lieutenant Nguyên Nhut Thiên se rappelle sa première rencontre avec Kajima, un cheval au caractère encore sauvage. Une chute brutale, suivie d’un geste inattendu : la monture s’approchant doucement, comme pour s’excuser. “À cet instant, j’ai compris que notre relation venait de commencer”, confie-t-il.
Après l’entraînement, le camp se transforme en un espace presque familial. Certains nettoient les boxes, d’autres brossent les chevaux sous les jets d’eau. Les voix, les sifflements et les appels résonnent comme une musique familière. “Pour nous, le cheval est l’âme de l’unité”, affirme le jeune soldat Tòng Van Nhà. “Chaque progrès de l’animal reflète aussi la maturité du cavalier”.
Au-delà de l’aspect opérationnel, la cavalerie joue un rôle symbolique fort. Dans de nombreux pays comme la France, le Royaume-Uni ou le Canada, les unités montées sont reconnues pour leur efficacité dans le contrôle des foules et la patrouille en zones complexes. Au Vietnam, elles rappellent également une tradition ancienne : celle des soldats à cheval protégeant la nation.
L’équilibre comme discipline
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| Chaque agent prend en charge sa monture, de l’apprivoisement à l’entraînement. |
| Photo : CP/CVN |
Pour le lieutenant Dô Quôc Khánh, qui a participé à plusieurs missions d’envergure, l’essentiel n’est pas la technique, mais la connexion. “Le plus difficile travail n’est pas de maîtriser les gestes, mais d’établir un lien. Le cheval doit sentir que vous êtes un partenaire, pas un dominateur”. Sous la chaleur accablante du Nord comme dans les conditions plus clémentes du Sud, la vigilance est permanente : prévenir le stress thermique, surveiller la respiration, adapter le rythme.
Monter à cheval en opération exige également une parfaite maîtrise de l’équilibre. Virages brusques, accélérations soudaines, bruits de sirènes ou de foules : chaque mouvement teste le sang-froid du cavalier. “C’est un travail sur le corps et sur l’esprit”, explique Khánh. “On apprend à lire l’animal, à anticiper ses réactions”.
À la tête des formations lors du grand défilé militaire marquant le 80e anniversaire de la Révolution d’Août et de la Fête nationale, qui s’est tenu le 2 septembre dernier, le lieutenant Dang Xuân Hoat insiste sur la stabilité psychologique du cheval de tête. “S’il panique, toute la formation est compromise”. Son cheval, Red, l’accompagne depuis les débuts. Ensemble, ils ont traversé les phases les plus difficiles de la domestication, parfois au prix de blessures sérieuses.
Malgré la fatigue, la chaleur ou les risques, aucun doute ne subsiste chez ces cavaliers. Participer à une mission ou à un défilé est un honneur. “Les difficultés ne sont que des épreuves à surmonter”, résume Tòng Van Nhà. Car derrière chaque pas du cheval se dessine une ambition claire : faire grandir une force moderne, humaine et résolument tournée vers l’avenir.
Thao Nguyên/CVN




