>> Une attaque "terroriste" et "antisémite" fait 11 morts sur une plage de Sydney
>> Les tireurs de Sydney semblent être motivés par l'idéologie de l'État islamique
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| Des personnes assistent à la cérémonie en hommage aux victimes de la tuerie antisémite de Bondi Beach, à Sydney, le 21 décembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Les deux assaillants, Sajid Akram, 50 ans, un Indien entré sur visa en Australie en 1998 et son fils Naveed Akram, né dans le pays il y a 24 ans, ont ouvert le feu dimanche dernier lors d'un rassemblement pour la fête juive de Hanouka sur la plage de Bondi.
Des pubs bruyants des grandes villes aux bourgades rurales tranquilles, l'Australie s'est recueillie, une semaine exactement après le premier signalement des tirs à 18h47 (07h47 GMT) dimanche 14 décembre.
D'innombrables foyers ont placé des bougies sur le rebord de leurs fenêtres, invités par les autorités à faire place à "la lumière contre les ténèbres".
"Ensemble"
"Nous sommes ici ensemble", a déclaré Roslyn Fishall, membre de la communauté juive de Sydney, depuis un mémorial improvisé sur la plage endeuillée de Bondi.
Les drapeaux ont été mis en berne à travers le pays, y compris sur le pont du port de Sydney, ont observé des journalistes de l'AFP.
Au crépuscule, environ 20.000 personnes étaient réunies sur le rivage, selon les organisateurs.
"Bondi est avec nous, Sydney est avec nous, l'Australie est avec nous et le monde est avec nous", a déclaré le rabbin Yehoram Ulman avant de lire les noms des 15 victimes.
Des ambulanciers, des policiers et les parents des victimes ont ensuite été invités à allumer les branches d'un chandelier utilisé dans la tradition juive, la menorah.
Des images télévisées ont montré la police encerclant un homme qui criait "(vous avez) du sang sur vos mains" à l'arrivée du Premier ministre Anthony Albanese à la cérémonie et certaines personnes dans la foule ont hué lorsque sa présence a été annoncée.
M. Albanese, qui portait une kippa, n'a pas pris la parole lors de la commémoration.
Pour David Ossip, président d'une association locale juive, "la semaine dernière, notre innocence a été volée et, tout comme l'herbe ici à Bondi a été souillée de sang, notre nation a elle aussi été souillée".
Si la dernière génération d'Australiens avait grandi avec la conviction que les fusillades ne concernaient pas le pays, cette illusion s'est fracassée.
Selon les autorités, l'attentat dont sont suspectés le père, abattu sur place, et le fils, était motivé par l'idéologie du groupe jihadiste État islamique (EI).
Naveed Akram, grièvement blessé par la police, est hospitalisé sous forte surveillance policière et a été inculpé pour terrorisme et 15 meurtres.
Beaucoup d'Australiens ont déjà rendu hommage aux victimes à leur façon.
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| Le Premier ministre australien Anthony Albanese (centre) et sa femme Jodie Haydon (gauche), lors de la cérémonie sur la plage de Bondi à Sydney, le 21 décembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Vendredi 19 décembre, des centaines de surfeurs et nageurs se sont rassemblés pour un hommage sur la plage de Bondi. Samedi 20 décembre, des sauveteurs en mer ont à leur tour observé trois minutes de silence.
Audit sur la sécurité
Anthony Albanese a annoncé dimanche 21 décembre avoir ordonné un audit de la police et du renseignement.
"L'atrocité inspirée par l'EI dimanche dernier montre l'évolution rapide du contexte de sécurité dans notre pays, a-t-il déclaré. Nos agences de sécurité doivent être en mesure d'y répondre".
Naveed Akram avait été interrogé par le renseignement australien en 2019 pour potentielle radicalisation, mais les autorités ont jugé alors qu'il ne constituait pas une menace. Son père a également été interrogé, mais a obtenu un permis de port d'armes lui permettant de posséder six fusils.
Le gouvernement a annoncé un renforcement des lois contre l'extrémisme et sur la détention d'armes.
La tuerie a plus globalement forcé le pays à remettre en question sa politique de lutte contre l'antisémitisme, et à constater son échec à protéger les juifs australiens.
AFP/VNA/CVN




