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Du principe du médecin Tuê Tinh - préconisant l’usage de plantes locales pour soigner les populations locales - aux contributions de Hai Thuong Lan Ông Lê Huu Trac, l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de la médecine traditionnelle vietnamienne, le pays a accumulé un riche savoir médical traditionnel.
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| Le camélia doré, une plante médicinale précieuse, est largement cultivé dans la province de Thai Nguyen. |
| Photo : VNA/CVN |
Au fil des ans, les réseaux de conservation génétique répartis dans différentes zones écologiques ont permis de préserver 964 ressources génétiques issues de 642 espèces de plantes médicinales, incluant des espèces précieuses telles que le ginseng de Ngoc Linh, le ginseng de Lai Châu, la racine de renouée à fleurs rouges et le camélia doré.
Les recherches sur la restauration et la multiplication des espèces se sont également développées. Environ 70 espèces ou groupes d’espèces présentent un potentiel d’exploitation, avec des réserves estimées à 18.372 tonnes par an. La superficie totale consacrée aux plantes médicinales est estimée à 357.178 hectares, pour environ 150 espèces cultivées.
Toutefois, seules 58 espèces de plantes médicinales sont actuellement cultivées selon les normes BPAR (les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques de récolte) de l’OMS, sur une surface d’environ 375 hectares et pour une production prévue de 1.400 tonnes par an. La plupart des plantes médicinales sont encore cultivées, récoltées et soumises à une transformation préliminaire selon des méthodes traditionnelles.
Le Dr Nguyên Minh Ngoc, directeur de l’Institut national des matières médicinales (relevant du ministère de la Santé), a souligné que les matières premières médicinales destinées à la production pharmaceutique doivent répondre à des exigences strictes en matière de composition chimique, de principes actifs, de pureté et de sécurité, tout en étant correctement identifiées quant à l’espèce et à la partie de la plante utilisée.
La plus grande valeur réside dans la recherche sur les principes actifs et les mécanismes d’action, l’extraction, la purification, la standardisation et la formulation, ainsi que dans l’établissement de preuves scientifiques concernant l’efficacité et la sécurité des produits.
Le Vietnam possède de nombreuses plantes médicinales mais ne produit pas encore suffisamment de médicaments de haute qualité à partir de celles-ci, a indiqué le Dr Nguyên Minh Ngoc. Les étapes à forte valeur ajoutée — telles que les technologies d’extraction avancées, la formulation moderne, la validation scientifique et la propriété intellectuelle — restent limitées.
L’application des normes GACP-OMS, ainsi que des Bonnes pratiques de fabrication (BPF), des Bonnes pratiques de laboratoire (BPL) et des Bonnes pratiques de stockage (BPS), manque encore d’uniformité tout au long de la chaîne de valeur. Les capacités de recherche, l’innovation et la commercialisation des résultats de la recherche restent limitées, certains projets scientifiques ne dépassant pas le stade de la publication ou du modèle pilote.
Selon Nguyên Viêt Hung, directeur général de la société Gia Dinh Medicinal Materials Co., Ltd., l’une des raisons en est que la filière des plantes médicinales n’est pas encore pleinement reconnue comme faisant partie intégrante des économies numérique, verte et circulaire. Ces plantes sont souvent perçues principalement comme des remèdes traditionnels, alors qu’à l’échelle mondiale, le secteur est de plus en plus lié aux biotechnologies, à l’industrie pharmaceutique, aux aliments fonctionnels, à l’agriculture intelligente et au marché de la santé.
La résolution n°57-NQ/TW du Politburo identifie la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique comme des moteurs décisifs du développement national durable. Conjuguée aux résolutions n°66-NQ/TW sur le renouvellement des travaux d’élaboration et de mise en œuvre des lois et n°68-NQ/TW sur le développement du secteur économique privé, la résolution n°57-NQ/TW constitue un fondement institutionnel majeur. Elle permet aux secteurs à forte intensité de connaissances — notamment l’industrie des plantes médicinales — d’opérer une transition d’un modèle fondé sur les ressources vers un développement axé sur la technologie et l’innovation.
Le Dr Nguyên Minh Ngoc a souligné la nécessité d’appliquer la science et la technologie tout au long de la chaîne de valeur, depuis les ressources génétiques, les variétés et les zones de culture jusqu’aux étapes d’extraction, de formulation, d’essais et de production pharmaceutique. Il a également appelé à l’élaboration d’un programme national consacré aux plantes médicinales et aux médicaments à base de plantes, en lien avec les stratégies nationales en matière de science, de technologie, d’innovation et de transformation numérique.
VNA/CVN



