La science au service d'une riziculture à faibles émissions

Réunis à Cân Tho, des chercheurs et experts de plus de dix pays asiatiques ont mis en avant le rôle décisif de la science et de l'innovation pour développer une riziculture à faibles émissions, plus résiliente face au changement climatique et plus rentable pour les agriculteurs.

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La science et l'innovation ne prennent tout leur sens que lorsqu'elles sont appliquées efficacement sur le terrain, permettant aux agriculteurs de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de mieux s'adapter au changement climatique et d'améliorer leurs revenus. Tel est le message central du colloque international intitulé "Solutions pour une riziculture à faibles émissions en Asie : innovations régionales et feuille de route pour leur généralisation", organisé du 22 au 24 juillet à Cân Tho dans le Delta du Mékong.

L'événement, coorganisé par l'Académie vietnamienne des sciences agricoles (VAAS) et ses partenaires, réunit plus de 100 participants, dont des chercheurs venus de plus de dix pays asiatiques, afin d'échanger sur les solutions scientifiques, technologiques et politiques en faveur d'une riziculture durable.

Produire durablement plutôt que produire davantage

Récolte du riz de la campagne hiver-printemps 2025-2026 dans la commune de Vinh Thuân Đông, ville de Cân Tho (Sud). 
Photo : Duy Khuong/VNA/CVN

À l'ouverture du colloque, le professeur Nguyên Hông Son, directeur de la VAAS, a rappelé que le riz occupe une place centrale dans la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance de milliards de personnes et le développement économique de nombreux pays d'Asie. Le secteur est toutefois confronté à une double pression : les effets croissants du changement climatique et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment le méthane.

Selon les experts, l'enjeu n'est plus seulement d'accroître la production, mais de produire de manière plus durable, avec des émissions plus faibles, une meilleure résilience climatique, une utilisation plus efficiente des ressources naturelles et une valeur ajoutée accrue pour les producteurs.

Pour atteindre ces objectifs, la filière doit accélérer l'adoption des avancées scientifiques et technologiques, notamment à travers le développement de variétés de riz plus résistantes, l'amélioration de la gestion de l'eau et des engrais, la mécanisation, la transformation numérique ainsi que le recours aux mécanismes liés aux crédits carbone.

Mettre la science au service des agriculteurs

Les intervenants ont souligné que les innovations scientifiques ne produisent des résultats concrets que lorsqu'elles sont adoptées par les agriculteurs. Au-delà de la recherche, leur diffusion à grande échelle nécessite des politiques adaptées, un renforcement des services de vulgarisation agricole ainsi qu'une coopération étroite entre chercheurs, autorités locales, entreprises et producteurs.

La récolte du riz dans le Delta du Mékong constitue une étape clé de la chaîne de valeur rizicole.
Photo : Duy Khuong/VNA/CVN

Les études présentées lors du colloque montrent que la riziculture offre un potentiel mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 36%. La combinaison de pratiques telles que l'utilisation de variétés à cycle court, l'irrigation alternée humide-sèche, une gestion optimisée des engrais et des résidus agricoles pourrait réduire jusqu'à 65% les émissions de méthane provenant des rizières.

L'Institut international de recherche sur le riz (IRRI) a, par ailleurs, présenté plusieurs programmes visant à développer et diffuser des variétés capables de mieux résister aux conditions climatiques défavorables, tout en renforçant les systèmes semenciers afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque pays.

Réorganiser l'ensemble de la chaîne de valeur

Au Vietnam, et plus particulièrement dans le delta du Mékong, qui assure plus de la moitié de la production nationale de riz, la transition vers une riziculture à faibles émissions apparaît comme une priorité.

Les experts estiment que cette transition doit concerner l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis la sélection variétale, les techniques de semis, la gestion de l'eau, des fertilisants et de la paille, jusqu'à la récolte, au séchage, à la transformation et à la commercialisation.

Le projet gouvernemental de développement d'un million d'hectares de riziculture de haute qualité et à faibles émissions, associé à la croissance verte d'ici à 2030, est considéré comme un levier majeur pour restructurer la filière. Il devrait favoriser la transformation numérique, la mise en place de systèmes de mesure, de notification et de vérification des émissions (MRV), le développement du marché des crédits carbone ainsi que la promotion de la marque "Riz vert du Vietnam – Faibles émissions".

Les participants ont souligné que la généralisation de ce modèle suppose d'associer les innovations techniques à des bénéfices économiques concrets, à l'implication du secteur privé, à des débouchés commerciaux stables et au renforcement des capacités des agriculteurs.

Dans le cadre de l'engagement du Vietnam d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, le colloque ouvre également de nouvelles perspectives de coopération entre les pays asiatiques en matière de partage des connaissances, de transfert de technologies et de développement de réseaux de collaboration pour une production rizicole durable, au service de la croissance verte et de la sécurité alimentaire régionale.

VNA/CVN

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