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Face à l’évolution des marchés mondiaux, la compétitivité des entreprises vietnamiennes dépend désormais d’une transition audacieuse vers un modèle de production verte, durable et génératrice de valeur ajoutée.
Dans cette perspective, le Centre de promotion du commerce et de l’investissement de Hô Chi Minh-Ville (ITPC), en partenariat avec l’Association des industries alimentaires de Hô Chi Minh-Ville (FFA), a organisé le 16 juillet une conférence intitulée : "Renforcer l’intégration économique internationale dans le secteur de l’agroalimentaire et des produits agricoles transformés".
Normes internationales et pression écologique
Lors de son discours d’ouverture, Hô Thi Quyên, directrice adjointe de l’ITPC, a souligné que les exportations vietnamiennes de produits agricoles, sylvicoles et aquatiques avaient atteint 35,88 milliards de dollars au cours des six premiers mois de 2026, soit une hausse de 6% sur un an. L’industrie agroalimentaire de Hô Chi Minh-Ville pèse lourd, représentant 30% à 35% de la valeur de production de la Région économique clé du Sud et 14-15% de la production industrielle de l’ensemble de la municipalité. L’indice de production industrielle (IPI) du secteur a d’ailleurs bondi de 12% au premier trimestre 2026.
Si les accords de libre-échange de nouvelle génération, notamment le Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), ouvrent de vastes perspectives d'expansion commerciale grâce à la suppression quasi totale (97% à 100 %) des lignes tarifaires, ces avantages douaniers ne se traduiront en commandes fermes que si les entreprises renforcent leur capacité à respecter des réglementations de plus en plus strictes.
Aujourd’hui, les marchés développés tels que l'Union européenne, les États-Unis et le Japon durcissent sans cesse leurs exigences en matière d’environnement, de droit du travail, de sécurité sanitaire des aliments et de traçabilité. Dans ce contexte, la compétitivité des entreprises locales se heurte à des obstacles majeurs, notamment instabilité des zones d’approvisionnement, faible taux de transformation avancée, et disparités dans les capacités de contrôle et de transparence des chaînes d’approvisionnement.
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| L'industrie agroalimentaire de Hô Chi Minh-Ville représente un tiers de la valeur de production de la Région économique clé du Sud. |
Dang Bùi Khuê, conseiller principal de la société SMP Consulting and Training Co., Ltd., a rappelé que la réduction des taux de taxation à 0% ne garantissait en rien un accès automatique aux marchés internationaux. Les entreprises doivent en effet se conformer à une série de réglementations strictes : contrôles sanitaires et phytosanitaires, barrières techniques, respect du droit du travail selon les normes internationales, protection de l’environnement et de la biodiversité, ainsi que légalité des sources d’approvisionnement.
À ces exigences s’ajoutent les coûts liés aux analyses, aux certifications et au maintien des systèmes de gouvernance, qui exercent une pression financière considérable sur les petites et moyennes entreprises (PME).
Durabilité, moteur de compétitivité
Les critères écoresponsables s’imposent désormais comme le pilier central de la performance commerciale. Pour conquérir les marchés et consolider leur positionnement, le Dr Hoàng Van Viêt, enseignant à l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, souligne que les normes vertes ne sont plus de simples outils marketing, mais constituent le cœur même de la compétitivité.
Les entreprises doivent donc opérer un véritable changement de paradigme, en passant d’une logique de volume à une logique de valeur. La durabilité écologique des produits agricoles ne se limite plus à l’usine, mais doit imprégner toute la filière, depuis les semences et les zones de production jusqu’à la récolte, la conservation et la logistique.
Pour s’imposer, les acteurs économiques doivent muscler leur compétitivité en substituant les déclarations d’intention par des preuves concrètes de production verte tangible, en transformant les transactions ponctuelles en chaînes responsables, en garantissant une transparence totale grâce aux normes, certifications et données de traçabilité, et en adoptant un ciblage stratégique adapté aux segments de marché et au pouvoir d’achat des consommateurs.
Enfin, pour maximiser cette compétitivité et réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes via des intermédiaires, Nguyên Lê Gia Khánh, responsable grands comptes chez Amazon Global Selling Vietnam, recommande de mobiliser le commerce électronique transfrontalier. Cette stratégie permettrait aux entreprises de vendre directement aux consommateurs finaux, de bâtir leur propre image de marque et de s’approprier activement les données du marché.
Texte et photo : Truong Giang/CVN


