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Pour la première fois au Vietnam, plus de 400 experts, chercheurs, représentants d’universités et d’hôpitaux de plusieurs pays se sont réunis afin de discuter de l’avenir de la médecine traditionnelle à travers le prisme de l’intelligence artificielle (IA) et du Big Data.
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| Le vice-ministre permanent de la Santé, Vu Manh Hà (centre), et les participants visitent l’exposition sur les applications technologiques en médecine traditionnelle lors du colloque. |
| Photo : QDND/CVN |
Cette information a été communiquée lors du colloque international "Application de l’intelligence artificielle et des technologies avancées à la médecine traditionnelle" (AITM 2026), organisé le 5 juin par l’Hôpital central d’acupuncture à Hanoï. L’événement a rassemblé de nombreux spécialistes de renommée internationale dans les domaines de l’acupuncture, de la médecine traditionnelle et des technologies médicales.
À une époque où l’IA transforme profondément la médecine moderne, les scientifiques estiment qu’elle représente également une opportunité pour la médecine traditionnelle d’entrer dans une nouvelle phase de développement, où les expériences thérapeutiques pourront être normalisées, numérisées et validées par des données scientifiques.
L’ère de la médecine des données
Depuis des millénaires, la médecine traditionnelle s’est développée grâce à l’accumulation d’expériences cliniques transmises de génération en génération. Toutefois, la normalisation et la quantification de ces connaissances ont toujours constitué un défi majeur.
Selon les experts, c’est précisément dans cet espace que l’IA peut jouer un rôle déterminant.
D’après le professeur associé et docteur Trân Van Thanh, directeur de l’Hôpital central d’acupuncture, l’intelligence artificielle et les technologies avancées contribueront à standardiser les données, à soutenir la recherche scientifique, à améliorer la qualité des soins et à élargir l’accès aux services de santé pour la population.
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| Le directeur de l’Hôpital central d’acupuncture, Trân Van Thanh, s'exprimant à l'événement. |
| Photo : CTV/CVN |
"Cependant, la technologie ne remplace pas le médecin. Elle constitue un outil permettant de renforcer les compétences professionnelles, de réduire les erreurs, d’optimiser les processus de soins et d’obtenir de meilleurs résultats pour les patients ", a-t-il souligné.
Réaffirmant le rôle moteur de son établissement dans le domaine de l’acupuncture au Vietnam, le professeur Thanh a indiqué que l’Hôpital central d’acupuncture, en tant qu’établissement de référence en acupuncture et en rééducation fonctionnelle, considère l’innovation et la transformation numérique comme des exigences incontournables pour améliorer la qualité des soins, optimiser les ressources et répondre aux besoins croissants de la population en matière de santé.
Lors du colloque, plusieurs rapports ont porté sur des axes de recherche tels que la création de vastes bases de données de dossiers médicaux en médecine traditionnelle, la numérisation des quatre méthodes diagnostiques traditionnelles (inspection, auscultation-olfaction, interrogation et palpation), l’application d’algorithmes d’IA pour l’aide au diagnostic, la personnalisation des traitements ainsi que la reconstitution des connaissances médicales traditionnelles grâce aux technologies d’IA générative.
Alors qu’autrefois l’évaluation de l’état de santé des patients reposait principalement sur l’expérience individuelle des praticiens, les systèmes d’IA pourraient à l’avenir analyser les symptômes, les comparer à des millions de données cliniques et proposer des orientations thérapeutiques plus adaptées.
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| Un patient reçoit un traitement par électroacupuncture à l’Hôpital provincial de médecine traditionnelle de Lang Son (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
De nombreux experts considèrent cette évolution comme une étape majeure permettant à la médecine traditionnelle de se rapprocher du modèle de médecine de précision, dans lequel chaque patient bénéficie d’un protocole thérapeutique personnalisé fondé sur ses caractéristiques individuelles et sur l’analyse des données.
La médecine vietnamienne à l’international
Prenant la parole lors du colloque, le vice-ministre permanent de la Santé, Vu Manh Hà, a rappelé que le Parti et l’État vietnamiens considèrent depuis longtemps le développement de la médecine traditionnelle comme l’une des missions essentielles du secteur de la santé.
Selon lui, les orientations récentes du secrétaire général Tô Lâm soulignent la nécessité de développer la médecine traditionnelle sur la base des sciences et technologies, de l’innovation et de la transformation numérique, afin de standardiser, numériser et moderniser progressivement les valeurs de la médecine nationale.
" Il s’agit d’une exigence visant à transformer les valeurs traditionnelles en nouvelles ressources de développement pour le pays ', a déclaré le vice-ministre.
D’après le responsable du ministère de la Santé, de nombreux aspects spécifiques de la médecine traditionnelle, tels que les quatre méthodes diagnostiques, la différenciation des syndromes et l’élaboration des traitements, l’évaluation de la constitution des patients, le choix des points d’acupuncture, le suivi de la réponse thérapeutique ou encore la rééducation fonctionnelle, présentent un fort potentiel d’application technologique.
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| La préparation de prescriptions pour les patients à l’Hôpital de médecine traditionnelle est effectuée quotidiennement selon les ordonnances des médecins. |
| Photo : VNA/CVN |
Si ces connaissances sont correctement standardisées et numérisées, elles pourront non seulement servir la pratique médicale nationale, mais également constituer une précieuse source de données scientifiques pour la communauté médicale internationale.
Cinq orientations stratégiques
Lors du colloque, le vice-ministre Vu Manh Hà a présenté cinq orientations prioritaires pour les années à venir.
Premièrement, il est essentiel de rappeler que l’objectif ultime de l’application de l’intelligence artificielle à la médecine traditionnelle est de servir les patients et la communauté.
Toutes les solutions technologiques doivent viser à améliorer la qualité du diagnostic, du traitement et de la rééducation fonctionnelle, à accroître l’accessibilité aux services de santé, à réduire les coûts, à renforcer l’efficacité de la gestion et à apporter des bénéfices concrets à la population.
Deuxièmement, il convient d’accélérer la standardisation et la numérisation des connaissances en médecine traditionnelle. Une application efficace de l’IA nécessite des données de qualité.
Il est donc indispensable de standardiser la terminologie professionnelle, les procédures techniques, les dossiers médicaux, les données cliniques, les critères d’évaluation et les résultats thérapeutiques, afin de constituer progressivement une base de données nationale unifiée au service de la gestion, de la recherche, de la formation et des soins.
Troisièmement, il faut poursuivre l’intégration étroite entre médecine traditionnelle et médecine moderne sur des bases scientifiques solides, fondées sur les preuves et la sécurité des patients.
Cette approche permettra de valoriser les atouts de chaque système médical et d’améliorer l’efficacité des soins de santé.
Quatrièmement, une attention particulière doit être accordée au développement des ressources humaines en médecine traditionnelle à l’ère de la transformation numérique.
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| La décoction de plantes médicinales permet de fournir des médicaments à prendre quotidiennement aux patients de l’Hôpital de médecine traditionnelle de Hai Duong (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Les professionnels de santé doivent non seulement posséder une expertise clinique approfondie, mais aussi être capables de maîtriser les nouvelles technologies, tout en préservant l’éthique médicale, le sens des responsabilités et les valeurs humanistes qui caractérisent la profession.
Cinquièmement, il est nécessaire de renforcer la coopération internationale ainsi que les collaborations interdisciplinaires dans la recherche scientifique, la formation, le transfert de technologies et les applications pratiques.
Les hôpitaux spécialisés de référence, les établissements de formation, les instituts de recherche et les entreprises technologiques sont appelés à jouer un rôle moteur dans l’innovation en développant des modèles efficaces d’application de l’intelligence artificielle au diagnostic, au traitement, à la rééducation fonctionnelle et à la gestion hospitalière.
Xuân Hoàng/CVN







