Ébola : le Vietnam renforce sa vigilance sanitaire

Malgré un risque d’introduction jugé très faible, le Vietnam intensifie la surveillance aux frontières et dans les hôpitaux face à la persistance de l’épidémie d’Ébola en Afrique. Les autorités sanitaires appellent la population à rester vigilante sans céder à la panique.

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Vo Hai Son, vice-directeur du Département de la prévention des maladies (ministère de la Santé).
Photo : Vietnam+/CVN

Selon Vo Hai Son, vice-directeur du Département de la prévention des maladies (ministère de la Santé), l’Ébola est une maladie "très dangereuse", mais "ne se transmet pas aussi facilement que le COVID-19". Dans un contexte de persistance de l’épidémie d’Ébola dans plusieurs pays africains, le ministère vietnamien de la Santé intensifie ses mesures de surveillance et de prévention afin de réduire au maximum le risque d’introduction sur le territoire national.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au 22 mai, plus de 750 cas d’Ébola ont été recensés en République démocratique du Congo, dont 177 décès. L’Ouganda a également signalé deux cas importés en provenance du Congo, détectés après le retour de personnes infectées.

S’exprimant auprès de la presse, M. Hai Son a indiqué qu’il s’agissait de la 16ᵉ flambée d’Ébola enregistrée en RDC depuis 1976. Il a rappelé qu’il s’agit d’une maladie infectieuse extrêmement grave, présentant un taux de létalité très élevé pouvant atteindre jusqu’à 90% lors de certaines épidémies.

"L’Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, mais cela ne signifie pas que l’épidémie s’est propagée à l’échelle mondiale", a-t-il souligné.

Un risque jugé "très faible"

Bien que le Vietnam n’ait enregistré aucun cas d’Ébola à ce jour, les autorités sanitaires maintiennent une surveillance étroite en raison de l’intensification des échanges commerciaux et touristiques internationaux.

Selon M. Hai Son, le ministère de la Santé a collaboré avec l’OMS, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ainsi qu’avec des experts nationaux afin d’évaluer le risque d’introduction du virus au Vietnam. Les conclusions indiquent que la probabilité d’importation d’un cas reste "très faible", sans pour autant pouvoir être totalement exclue.

"Il peut arriver qu’une personne voyageant depuis le Congo transite par un autre pays avant d’entrer au Vietnam. Il existe donc toujours un risque d’introduction, même s’il demeure très limité", a-t-il expliqué.

Surveillance renforcée aux frontières et dans les hôpitaux

Les autorités sanitaires mettent en œuvre deux principaux dispositifs de surveillance : le contrôle aux points d’entrée et la surveillance hospitalière basée sur les symptômes suspects. En parallèle, l'Institut Pasteur de Hô Chi Minh-Ville et l’Institut d’hygiène et d’épidémiologie central sont prêts à assurer les capacités de diagnostic en cas de suspicion.

À Bunia, au Congo, des personnels médicaux désinfectent du matériel après le décès d'un patient suspecté d'avoir contracté Ebola.
Photo : Xinhua/VNA/CVN

Le ministère de la Santé coopère également avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Police et les services d’immigration afin de suivre les voyageurs en provenance des pays africains et de formuler des recommandations appropriées.

Une maladie grave mais moins contagieuse que le COVID-19

Selon le responsable du Département de la prévention des maladies, la transmission d’Ébola s’effectue principalement par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées ou des défunts, contrairement à la transmission respiratoire du COVID-19.

"Il est essentiel de comprendre que l’Ébola est une maladie très dangereuse, mais qu’elle ne se transmet pas aussi facilement que le COVID-19. Il s’agit de deux modes de transmission totalement différents", a affirmé Vo Hai Son.

Il a également rappelé que certaines pratiques culturelles en République démocratique du Congo, telles que le contact avec les corps des personnes décédées lors des cérémonies funéraires, peuvent accroître le risque de contamination.

Toutefois, les autorités sanitaires estiment que le respect strict des mesures de protection individuelle et l’évitement des contacts rapprochés avec des cas suspects permettent de réduire significativement le risque de transmission.

"Nous appelons la population à ne pas céder à la panique, mais à ne surtout pas sous-estimer cette épidémie", a-t-il ajouté.

Recommandations aux voyageurs

Le ministère de la Santé recommande principalement aux personnes voyageant ou séjournant dans les zones affectées, notamment en RDC, de renforcer les mesures d’hygiène et de prévention.

Il est conseillé de porter un masque, de maintenir une hygiène personnelle stricte, de se laver régulièrement les mains, de consommer des aliments bien cuits et d’éviter tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects.

En cas de contact étroit avec une personne suspectée d’être infectée, l’utilisation d’équipements de protection individuelle conformes aux protocoles sanitaires est indispensable.

Par ailleurs, toute personne revenant d’une zone touchée et présentant des symptômes tels que fièvre, fatigue ou signes inhabituels doit immédiatement consulter un établissement de santé et déclarer son historique de déplacement afin de permettre une prise en charge rapide.

Enfin, le ministère procède actuellement à une révision des directives techniques élaborées depuis 2014, afin de les actualiser conformément aux nouvelles recommandations de l’OMS et aux évolutions de la situation épidémiologique.

Câm Sa/CVN

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