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| Le secteur du ferroviaire est un très bon exemple de coopération, qui repose sur la parfaite prise en compte par les partenaires français des attentes du Vietnam. |
| Photo : HNM/CVN |
Mais derrière cette réalisation emblématique, c’est un partenariat beaucoup plus vaste qui se dessine. Modernisation du réseau ferroviaire, projets de métro urbain, train à grande vitesse Nord-Sud, transfert de technologies et formation des ingénieurs vietnamiens: Paris et Hanoï veulent désormais inscrire leur coopération dans la durée.
Un partenariat ferroviaire en expansion...
Financée en partie par la France à hauteur de plus de 520 millions d’euros, la ligne 3 du métro de Hanoï marque une étape importante dans la modernisation de la mobilité urbaine vietnamienne. Sa section aérienne est aujourd’hui pleinement opérationnelle tandis que les travaux de la partie souterraine progressent rapidement, se félicite Olivier Brochet l’ambassadeur de France au Vietnam.
“On voit qu'il y a eu non seulement un transfert de technologie, mais aussi un transfert de savoir-faire, c'est-à-dire qu'il le métro est géré parfaitement par les équipes vietnamiennes qui l’ont pris en main. La partie souterraine progresse bien, puisque les tunneliers ont achevé leur travail”, dit-il.
Au-delà de Hanoï, les entreprises françaises se projettent déjà vers de nouveaux chantiers urbains: extensions du métro à Hô Chi Minh-Ville, tramways à Dà Nang ou Hai Phòng. Cette coopération s’appuie sur une expertise ferroviaire reconnue mondialement, comme le rappelle Olivier Brochet.
“Le secteur du ferroviaire est un très bon exemple de coopération, qui repose sur la parfaite prise en compte par les partenaires français des attentes du Vietnam. La France et ses entreprises ont une maîtrise très élevée du domaine ferroviaire. Les premiers métros ont circulé à Paris il y a déjà plus de 120 ans. La ligne de TGV française, qui a maintenant plus de 40 ans, a été la deuxième dans le monde, après la construction des Shinkansen au Japon. Et par ailleurs, c'est un domaine dans lequel l'excellence technologique française est reconnue, puisque maintenant, depuis une vingtaine d'années, c'est la SNCF qui est détentrice du record de vitesse mondiale d'un TGV, avec presque 578 kilomètres/heure”, explique-t-il.
Fort de cette expérience, le groupe SNCF accompagne aujourd’hui Vietnam Railways dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la formation des personnels et la préparation des futurs projets de ligne à grande vitesse.
“Nous avons répondu à la demande du Vietnam concernant la formation de ses personnels ferroviaires aux enjeux du train à grande vitesse. Un programme de formation a été entièrement élaboré sur mesure pour le Vietnam. Il ne s’agit pas d’un modèle standardisé. Des experts se sont rendus au Vietnam en octobre 2025 afin de rencontrer les responsables des chemins de fer vietnamiens et de construire un cursus répondant précisément aux besoins du pays. Environ 100 experts vietnamiens seront formés à Hanoï. Comme cela a été indiqué, une trentaine d’entre eux partiront au Maroc, tandis qu’un autre groupe suivra une formation à Paris”, précise Diego Diaz, président de SNCF International.
Au-delà des enjeux technologiques et économiques, la coopération ferroviaire entre la France et le Vietnam s’inscrit dans une ambition commune: développer des transports plus durables et réduire les émissions de carbone. C’est un partenariat de long terme, appelé à jouer un rôle important dans la modernisation des infrastructures vietnamiennes dans les années à venir, comme a tenu à le souligner Olivier Brochet.
“Le développement des transports non carbonés et évidemment des transports ferroviaires est considéré comme une priorité par nos deux pays. Depuis le lancement de notre partenariat stratégique global, la SNCF et Vietnam Railways, ont développé une coopération institutionnelle et technique pour à la fois assurer des transferts de formation, mais aussi pour aider les responsables de Vietnam Railways à bien intégrer l'ensemble de la problématique liée au développement d'un réseau à haute vitesse en particulier”, indique-t-il.
La formation et le transfert de compétences au cœur du partenariat ferroviaire
Pour les entreprises françaises implantées au Vietnam, le projet de train à grande vitesse dépasse de loin la seule question du transport. Il pourrait devenir un puissant levier de transformation économique et accélérer la transition du pays vers une mobilité plus verte.
À la tête d’Artelia Vietnam, filiale du groupe Artelia, Eric Gratton suit ce dossier de près. Son entreprise dirige notamment le consortium EVRC, chargé d’accompagner le ministère vietnamien de la Construction dans la gestion du projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Nord-Sud, dans le cadre d’un accord signé en janvier 2026.
"Le train à grande vitesse représente une formidable opportunité pour le Vietnam. D’abord en matière de mobilité, ce projet offre au pays la possibilité de se tourner vers une mobilité durable, tout en stimulant un nouveau développement urbain autour des futures gares ferroviaires. C’est un véritable changement d’échelle pour le Vietnam. L’autre opportunité concerne les entreprises vietnamiennes. Construire 1.500 kilomètres de ponts, de tunnels et de voies ferrées pourrait profondément transformer le secteur de la construction dans les années à venir. Mais le Vietnam entre aussi dans un univers entièrement nouveau, avec des technologies et des standards qui n’ont encore jamais été déployés. C’est sans doute le principal défi du projet. Notre conseil à notre client est donc simple : avancer vite, comme le Vietnam sait le faire, mais sans aller trop vite. Il faut s’assurer de maîtriser pleinement cette technologie afin d’être capables non seulement de construire la ligne, mais aussi de l’exploiter ensuite dans les meilleures conditions", détaille-t-il.
Même constat chez Alstom qui est aujourd’hui un leader mondial de la mobilité durable et intelligente. Pour Toby Tiberghien, directeur exécutif pour l’Asie de l’Est du groupe, un projet de train à grande vitesse doit s’inscrire dans une vision de long terme.
“Présent au Vietnam depuis plus de trente ans, nous avons participé à plusieurs projets de modernisation, notamment sur la ligne Hanoï-Vinh. Nous sommes également impliqués dans la ligne 3 du métro de Hanoï. Pour nous, l’important, lorsqu’on livre un projet, ce n’est pas seulement son exécution, mais aussi le développement des compétences locales. Aujourd’hui, au Vietnam, 92% de nos effectifs sont vietnamiens. Nous consacrons beaucoup de temps au transfert de savoir-faire et à la formation. Par exemple, des ingénieurs ferroviaires vietnamiens sont partis plusieurs mois en France afin de se former, d’acquérir de nouvelles compétences et d’être capables ensuite de réaliser localement les projets. Une infrastructure ferroviaire est un investissement à long terme qui nécessite un partenariat durable”, explique-t-il.
Du métro de Hanoï au futur train à grande vitesse Nord-Sud, la coopération ferroviaire entre la France et le Vietnam s’inscrit désormais dans une trajectoire de long terme. Elle associe infrastructures, transfert de compétences, innovation technologique et transition écologique. Un partenariat stratégique appelé à accompagner durablement la transformation du système de transport vietnamien et sa transition vers des mobilités plus durables.
VOV/VNA/CVN



