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La demande de personnel hautement qualifié est devenue de plus en plus pressante suite aux mesures prises par le Parti, l’Assemblée nationale et le gouvernement pour relancer et mettre en œuvre le projet de centrale nucléaire de Ninh Thuân, dans le Centre.
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| La conception du projet de centrale nucléaire de Ninh Thuân publiée en 2016. |
| Photo : CTV/CVN |
Selon l’Agence vietnamienne de radioprotection et de sûreté nucléaire (VARANS), rattachée au ministère des Sciences et des Technologies, les ressources humaines figureront parmi les facteurs déterminants pour pour mener à bien le programme nucléaire vietnamien dans les dans les délais prévus.
Conformément à la Stratégie de développement et d’application de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques jusqu’en 2035, avec une vision à l’horizon 2050, le Vietnam prévoit que l’énergie nucléaire constitue 6% à 8% de la production d’énergie électrique nationale, se reposant sur au moins quatre larges réacteurs et 10 à 15 petits réacteurs modulaires (PRM).
Selon Nguyên Hoàng Linh, directeur général de la VARANS, les centrales nucléaires de Ninh Thuân 1 et Ninh Thuân 2 auront à elles seules besoin d’environ 3.900 personnes pour leur exploitation directe d’ici 2030. Parmi elles, environ 670 devront suivre une formation universitaire à l’étranger.
Cependant, les experts soulignent que les besoins en ressources humaines dépassent largement le cadre de l’exploitation des centrales.
Ressources humaines
Du personnel sera également nécessaire dans les domaines suivants : gestion publique, réglementation en matière de sûreté et de sécurité nucléaires, recherche et développement, assistance technique, éducation et formation, médecine nucléaire, radioprotection, gestion des déchets radioactifs, intervention d’urgence, surveillance environnementale, ainsi que pour les applications industrielles et agricoles.
L’ampleur de ces exigences souligne que le développement de l’énergie nucléaire ne se limite pas à la construction de centrales, mais implique également la mise en place d’un écosystème complet et multidisciplinaire, soutenu par des professionnels hautement qualifiés capables de s’intégrer aux réseaux internationaux.
Afin de préparer ce programme, le gouvernement a approuvé un projet national de formation et de perfectionnement des ressources humaines pour l’énergie nucléaire à l’horizon 2035, ainsi que des initiatives visant à renforcer le personnel impliqué dans la gestion publique, la recherche, les applications et le soutien technique du secteur de l’énergie atomique.
Parallèlement, les capacités des agences étatiques, notamment la VARANS, sont renforcées afin de répondre aux exigences d’une nouvelle phase de développement nucléaire.
Des spécialistes ont souligné que le développement des compétences de la main-d’œuvre est une condition essentielle à la réalisation des ambitions nucléaires du pays et ont plaidé pour la mise en place d’un système de formation intégré impliquant les agences gouvernementales, les universités, les instituts de recherche, les entreprises et les partenaires internationaux.
L’une des pistes envisagées consiste à concentrer les ressources sur cinq ou six établissements d’enseignement clés plutôt que de disperser les efforts de formation sur un réseau plus étendu. Cette approche devrait permettre d’optimiser les coûts d’investissement, d’améliorer la qualité de la formation et de favoriser progressivement l’autonomie du pays en matière de ressources humaines.
Les établissements de formation sont également encouragés à actualiser leurs cursus conformément aux directives de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et à développer des formations d’ingénierie spécialisées adaptées aux besoins de l’industrie nucléaire moderne.
Nguyên Quôc Sy, Professeur-Académicien à l’Institut de génie énergétique de Moscou, en Russie, a déclaré que les modèles de facultés conjointes avec des partenaires étrangers pourraient constituer une solution efficace pour le Vietnam à l’heure actuelle.
De tels partenariats permettraient non seulement de créer des normes de formation communes alignées sur les pratiques internationales, mais aussi de développer les compétences du personnel enseignant, de promouvoir les échanges universitaires et de renforcer les capacités de recherche au sein des établissements vietnamiens.
Les experts estiment également que le Vietnam devrait trouver un équilibre entre la formation à l’étranger et le développement de ses propres capacités de formation. Une telle approche permettrait au pays d’accéder aux technologies de pointe et à l’expertise internationale, tout en réduisant le risque de fuite des cerveaux et en assurant un approvisionnement stable en personnel hautement qualifié sur le long terme.
Compte tenu des exigences scientifiques, technologiques et de sûreté rigoureuses du secteur, la formation d’une main-d’œuvre nucléaire ne peut se faire du jour au lendemain.
Selon les observateurs, les efforts de formation doivent débuter tôt et être menés de manière coordonnée et sur le long terme si le Vietnam veut atteindre son objectif de développer une industrie nucléaire sûre, efficace et durable dans les décennies à venir.
VNA/CVN



