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| Un roboçt fabriqué par la compagnie V Proud Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
Longtemps considérée comme un simple outil technologique, elle s’impose désormais comme une infrastructure stratégique étroitement liée aux données, aux capacités de calcul, à l’innovation et à la souveraineté numérique du pays.
Des orientations stratégiques claires
Conformément à la Décision n°21/2026/QD-TTg du Premier ministre, les technologies numériques stratégiques – notamment l’intelligence artificielle, les mégadonnées, l’informatique en nuage et l’Internet des objets – figurent parmi les priorités nationales. Les grands modèles de langage en vietnamien (LLM), les assistants virtuels et les solutions d’IA spécialisées comptent parmi les 30 produits technologiques stratégiques appelés à être développés. La Résolution n°57 fixe l’objectif de hisser le Vietnam parmi les trois premiers pays d’Asie du Sud-Est en matière de recherche et de développement en IA d’ici à 2030.
Cette orientation s’est rapidement traduite dans les faits avec l’adoption du Règlement n°05-QD/BCĐTW en août 2025 et de la Conclusion n°45-TB/TGV en septembre de la même année. Ces documents érigent l’IA et les données en moteurs essentiels du développement socio-économique et en facteurs déterminants de la compétitivité nationale.
Parallèlement, les projets de Loi sur la transformation numérique et de Loi sur l’intelligence artificielle, ainsi que la création envisagée d’un Fonds national de développement de l’IA, devraient doter, pour la première fois, le Vietnam d’un cadre juridique complet, marquant un changement profond dans la gouvernance des technologies numériques.
Des applications concrètes au service de la souveraineté technologique
Après dix-huit mois de mise en œuvre de la Résolution n°57, les entreprises vietnamiennes passent progressivement de l’utilisation de solutions étrangères au développement de technologies fondamentales.
Les applications de l’IA sont déjà largement utilisées dans la finance, la santé, l’éducation, l’énergie et la gestion urbaine, à travers des assistants virtuels, des outils de traitement automatique du langage, de reconnaissance d’images ou encore de prévision intelligente. Plusieurs organes centraux, dont le Bureau du Comité central du Parti, le ministère des Finances et la Cour populaire suprême, ainsi que de nombreuses collectivités locales, les ont intégrées dans leurs activités.
Le secteur privé joue également un rôle moteur. En partenariat avec NVIDIA, le groupe FPT a investi près de 200 millions de dollars dans un centre de calcul dédié à l’IA, destiné à fournir des capacités de calcul de haute performance. Parallèlement, Viettel, VNPT, VinAI et Zalo développent leurs propres grands modèles de langage adaptés au vietnamien, contribuant ainsi à renforcer l’autonomie technologique nationale.
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| Un cours d'intelligence artificielle dispensé dans le cadre du programme Samsung Innovation Campus au Collège de technologies Việt-Hàn Bac Giang (à Bac Ninh). |
| Photo : VNA/CVN |
À l’échelle locale, Hanoï a conclu un partenariat stratégique avec le groupe CMC pour la période 2026-2030 afin d’accélérer le développement de l’administration numérique et de l’économie numérique. Ce partenariat prévoit notamment la création de centres de données et de pôles d’innovation dans les zones de Thuong Cat et de Hoa Lac.
Dans la province de Ninh Binh, des robots alimentés par l’IA accueillent désormais les citoyens dans les centres administratifs, tandis que la quasi-totalité des dossiers administratifs a été numérisée afin d’améliorer l’efficacité des services publics.
Malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent. Le déploiement de l’IA demeure inégal selon les régions, les bases de données spécialisées restent fragmentées et les capacités nationales de calcul, tout comme les ressources humaines hautement qualifiées, restent insuffisantes.
Pour y remédier, les autorités envisagent notamment la création d'une Alliance pour une IA souveraine, le développement d’une base nationale de données ouvertes ainsi que le lancement de projets stratégiques dans des domaines tels que les systèmes d’alerte précoce aux catastrophes naturelles ou la cyberdéfense automatisée.
Vers un écosystème national de l’IA
Dix-huit mois après le lancement de la Résolution n°57, un véritable écosystème national de l’intelligence artificielle prend progressivement forme autour de quatre piliers : les institutions, les données, les entreprises technologiques et les ressources humaines.
Récemment, le ministère des Sciences et des Technologies a publié un ensemble de critères destinés à évaluer les plateformes d’IA utilisées dans les services publics, afin de garantir le respect de la législation et la protection des données personnelles.
Ces nouvelles orientations établissent une distinction claire entre le rôle de la machine et celui de l’être humain : l’IA intervient uniquement comme outil d’assistance à l’analyse et à la décision, tandis que la décision finale et la responsabilité juridique demeurent pleinement assumées par les autorités compétentes.
La souveraineté technologique constitue désormais une exigence incontournable. Les plateformes destinées au secteur public devront reposer sur des modèles linguistiques développés par des entreprises vietnamiennes et être entraînées et exploitées sur des infrastructures implantées sur le territoire national.
En seulement dix-huit mois, le Vietnam a posé les bases d’un écosystème national de l’intelligence artificielle, soutenu par une volonté politique forte. L’enjeu consiste désormais à transformer ces avancées en un véritable moteur de croissance, d’innovation et de compétitivité, tout en consolidant la souveraineté numérique du pays.
VNA/CVN




