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| La Docteure Pham Thi Kim Loan présente les pays dans lesquels ses innovations dédiées à la santé bénéficient d'une protection par brevet. |
| Photo : Vnexpress/CVN |
À la suite de la publication de la Conclusion N°51-KL/TW du Politburo, qui appelle à renforcer l’application et la protection des droits de propriété intellectuelle, la Docteure Pham Thi Kim Loan, fondatrice de Gia Thai DoctorLoan et détentrice de plus de 250 brevets internationaux dans le domaine des soins de la colonne vertébrale, estime que cette question revêt une importance stratégique pour le développement du Vietnam.
Selon elle, les économies les plus avancées ont fait de la protection des créateurs un pilier de leur politique d’innovation. Plusieurs pays appliquent des sanctions particulièrement dissuasives contre les atteintes aux brevets, allant de lourdes amendes à des peines d’emprisonnement, tandis que les titulaires de droits disposent simultanément de recours administratifs, civils, voire pénaux. Les autorités douanières peuvent également intervenir afin d’empêcher l’entrée de produits contrefaisants.
D’après la chercheuse, ce dispositif transmet un message clair : le coût de la recherche doit rester inférieur à celui du vol de technologie. Lorsque les innovateurs sont protégés, ils poursuivent leurs investissements, les entreprises s’engagent dans des projets de long terme et les consommateurs bénéficient de produits fiables et traçables.
"Un pays qui ne protège pas ses créateurs aura beaucoup de difficultés à devenir une nation innovante", a-t-elle souligné.
Des procédures complexes
Malgré l’existence d’un cadre juridique, les atteintes aux brevets demeurent difficiles à sanctionner, a expliqué Pham Thi Kim Loan.
Elle a rappelé qu’un brevet constitue un actif immatériel dont la violation ne peut être établie par une simple comparaison visuelle. Les analyses exigent souvent une expertise technique approfondie portant sur les procédés, les structures ou les principes de fonctionnement protégés.
La spécialiste a également observé que les contrefacteurs modifient généralement certains détails extérieurs afin de masquer la reproduction de la solution technique. L’évaluation doit donc s’appuyer sur l’étendue de la protection juridique du brevet et non sur les seules apparences.
À cela s’ajoutent les difficultés liées à la collecte des preuves, aux coûts des expertises et à la durée des procédures. Selon elle, avec l’accélération de la diffusion des technologies, les organismes chargés de faire respecter les droits de propriété intellectuelle doivent renforcer leurs compétences techniques et améliorer leur coordination. Sans conclusions scientifiques solides, les procédures risquent de s’allonger au détriment des entreprises innovantes.
Un enjeu national
Pour Pham Thi Kim Loan, les conséquences de la copie dépassent largement les pertes économiques immédiates.
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| La Journée des industries culturelles et créatives 2026 pour favoriser le développement de l’écosystème de la propriété intellectuelle créative (Creative IP), organisée à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Elle a rappelé qu’une invention représente souvent des années, voire des décennies, de recherche, d’expérimentation, d’investissements industriels, de formation des équipes et de développement commercial. À l’inverse, les imitateurs peuvent reproduire rapidement un produit sans supporter les coûts ni les risques liés à la recherche.
Une telle situation crée, selon elle, une concurrence inéquitable, fragilise les investissements en recherche et développement, réduit progressivement les parts de marché des entreprises innovantes et finit par affaiblir la confiance dans la science.
À l’échelle du pays, l’absence de protection efficace découragerait les inventeurs de dévoiler leurs nouvelles technologies, limiterait les investissements privés dans l’innovation et freinerait l’émergence de marques technologiques capables de rivaliser à l’international. Elle a averti que, dans un tel contexte, les créateurs seraient pénalisés tandis que les imitateurs en tireraient profit, compromettant durablement la dynamique d’innovation.
La fondatrice de Gia Thai DoctorLoan a estimé que le véritable défi ne résidait pas uniquement dans l’existence des textes juridiques, mais dans leur application concrète. Elle a plaidé pour un raccourcissement des délais de traitement des litiges, un renforcement des compétences des experts et des magistrats spécialisés, une meilleure coordination entre les autorités compétentes ainsi qu’une sensibilisation accrue des entreprises et du public au respect de la propriété intellectuelle.
La docteure a enfin dit espérer que la Conclusion N°51-KL/TW contribuera à instaurer un environnement où le savoir sera pleinement reconnu, les résultats de la recherche effectivement protégés et l’innovation érigée en moteur durable de la compétitivité du Vietnam. Selon elle, seule une protection effective de la créativité permettra aux entreprises d’investir durablement dans les technologies et au pays de renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales.
Thao Nguyên/CVN





