Lors d'une réunion d'évaluation de l'audition dans la soirée des différents groupes politiques du Parlement, une majorité s'est dégagée "pour émettre un avis favorable", en soulignant notamment sa volonté de dialogue, a indiqué l'élu conservateur espagnol José Ignacio Salafranca. Mais il y a "aussi eu quelques lacunes sur certaines questions", a-t-il reconnu.
Les Verts, par exemple, ne lui ont pas apporté son soutien "parce qu'elle a montré trop peu d'engagement européen, et parce qu'elle n'a pas présenté de projets concrets", a indiqué l'une de ses élues, l'Autrichienne Ulrike Lunacek.
La baronne travailliste britannique était quasi assurée dès le départ d'obtenir une confirmation, car un rejet aurait eu des conséquences trop graves en remettant en cause tout l'équilibre politique des nominations récentes aux postes clés de l'UE.
Mais de nombreux députés ne cachaient pas leur déception à l'issue de son audition de 3 heures.
"Il n'y a pas de raison de s'enthousiasmer. Elle n'a pas de vision pour le poste", a commenté l'eurodéputé conservateur allemand Elmar Brok.
Le libéral allemand Alexander Lambsdorff s'est amusé quant à lui de ce que Mme Ashton ait parlé des "forces de l'UE en Afghanistan" alors que seuls quelques États européens y sont engagés, et a critiqué son manque d'ambition générale.
Attendue au tournant, Mme Ashton a tenté de convaincre son auditoire en plaidant pour une Europe "plus crédible".
Elle souhaite que la voix de l'UE "soit entendue" dans le monde, alors que beaucoup se demandent si elle aura la capacité de s'affranchir de la tutelle des grands États de l'UE sur les sujets diplomatiques.
Mme Ashton est néanmoins restée floue sur les sujets les plus brûlants comme l'Afghanistan ou le Proche-Orient, se bornant à juger "absolument vital" de progresser dans les négociations de paix. Elle a promis de se rendre dans la région mais a précisé que sa première visite officielle serait à Washington. Mme Ashton a été un peu plus spécifique sur l'Iran en estimant que Téhéran avait fait "des erreurs" et en n'excluant pas des sanctions s'il persiste dans son refus de coopérer avec la communauté internationale sur son programme nucléaire controversé.
Un des rares sujets sur lequel elle a exprimé un avis tranché a été la défense commune européenne. Mme Ashton a dit son scepticisme au sujet de la création d'un quartier général militaire européen à Bruxelles, idée qu'appuie sans succès la France depuis des années, mais que rejette son pays, le Royaume-Uni.
"En ce qui concerne une structure de commandement unique (pour les forces européennes), je reste à convaincre", a-t-elle répondu.
AFP/VNA/CVN