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| Le FMI met Takaichi en garde sur son cadeau fiscal aux consommateurs |
| Photo : ST/CVN |
Afin de soutenir la consommation et d'endiguer l'inflation, Mme Takaichi avait promis avant le scrutin du 8 février qui lui a apporté une écrasante majorité d'exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8% pendant deux ans.
Et ce sans fournir de source de financement claire pour cette mesure dont le coût est évalué à 27 milliards d'euros.
"Les autorités devraient éviter de réduire la taxe sur la consommation, mesure non ciblée qui réduirait les marges de manoeuvre budgétaires et augmenterait les risques" pour l'endettement, a indiqué le FMI dans un rapport sur le pays.
"Le soutien aux ménages et entreprises vulnérables (...) doit être budgétairement neutre, temporaire et ciblé", a averti l'institution de Washington.
Ainsi, "limiter la réduction de la taxe sur la consommation aux biens essentiels et garantir son caractère temporaire contribuerait à maîtriser les dépenses publiques", poursuit-elle.
"La suppression de la taxe sur la consommation affaiblirait l'assiette fiscale, car cette taxe constitue un moyen important de générer des recettes sans créer de distorsions dans l'économie", a expliqué lors d'un point presse Rahul Anand, chef de mission du FMI pour le Japon.
L'annonce du cadeau fiscal de Mme Takaichi avait provoqué l'affolement du marché obligataire, hanté par la perspective de dérapages budgétaires: les rendements de la dette nippone à 30 ans et 40 ans ont récemment atteint des records.
Le marché était déjà refroidi par le colossal plan de relance de 117 milliards d'euros adopté fin 2025 pour soulager les ménages à coups de subventions énergétiques. Quitte à gonfler l'endettement nippon pharaonique (210% du PIB attendus par le FMI sur l'exercice 2025).
Or, le Fonds prévoit que les paiements d'intérêts sur la dette publique en cours doubleront d'ici 2031 par rapport à 2025, la dette arrivant à échéance étant refinancée à des taux d'intérêt plus élevés.
"Cette hausse coïncidera avec l'augmentation des dépenses de santé et de prise en charge du vieillissement démographique, entraînant à terme une nouvelle augmentation des déficits et de la dette publique", a commenté M. Anand.
"C'est pourquoi nous pensons que la politique budgétaire ne devrait pas être assouplie à court terme. Au contraire, les progrès récents devraient être préservés (...) et des marges de manoeuvres conservées pour faire face à des chocs futurs, comme des catastrophes naturelles", a-t-il plaidé.
Sur le front de l'inflation, le Fonds prévoit que l'inflation atteindra 2,1% sur l'exercice 2026, grâce à la modération des prix alimentaires et énergétiques.
AFP/VNA/CVN



