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| Des étudiants du Collège professionnel de Cần Thơ (Sud) en cours de robotique. |
| Photo : VNA/CVN |
L’innovation ne signifie pas nécessairement être à l’origine des technologies les plus avancées. Pour les pays aux ressources plus limitées, elle peut aussi consister à adopter rapidement des technologies existantes, à les adapter à leurs besoins et à en tirer une valeur nouvelle.
Cette approche revêt une importance particulière pour le Vietnam. L’intelligence artificielle (IA), la robotique et les technologies numériques transforment rapidement la production et la vie quotidienne. Lors du Forum des sciences, des technologies et de l’innovation 2026, tenu le 4 octobre à Hanoï, les échanges ont mis en évidence un enjeu majeur : il s’agit moins de rivaliser avec les grandes puissances que de choisir les technologies les plus adaptées aux besoins du pays.
Selon Nguyễn Võ Hùng, directeur adjoint du Centre de soutien à l’innovation de l’Agence pour l’innovation, relevant du ministère des Sciences et des Technologies, “le choix des priorités doit tenir compte des ressources disponibles et des besoins de l’économie. Le cas de l’IA est particulièrement révélateur”.
Accélérer la double transition
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| À Tây Ninh, des élèves s’initient aux technologies par la pratique. |
| Photo : VNA/CVN |
À l’échelle mondiale, les grandes entreprises technologiques et plusieurs États se livrent une compétition intense pour développer des modèles d’IA toujours plus performants. Cette course mobilise des investissements considérables dans les puces, les centres de données, les infrastructures et les compétences.
Pour le Vietnam, reproduire intégralement ce modèle supposerait de mobiliser des ressources importantes. Une autre voie consiste à exploiter des modèles existants, puis à les adapter et à les spécialiser en fonction des besoins du pays. Cette approche permettrait notamment de valoriser les données disponibles et la connaissance des problématiques propres aux entreprises et aux secteurs économiques nationaux.
L’enjeu est ainsi de transformer une technologie en solution concrète. L’intégration de l’IA dans les machines, les équipements et les systèmes de production constitue déjà une piste prometteuse. Elle peut contribuer à automatiser certaines tâches, améliorer la productivité et accompagner la modernisation des usines.
La double transition, à la fois numérique et écologique, constitue également une tendance forte de l’innovation. Le numérique peut contribuer à réduire les émissions, optimiser la consommation de ressources et mieux suivre les sources de pollution. En parallèle, le développement des infrastructures numériques, notamment des grands centres de données, impose de réduire leur consommation énergétique et leur impact environnemental. Les deux transitions sont ainsi appelées à se renforcer mutuellement.
La convergence entre biologie et technologies ouvre également de nouvelles perspectives de recherche et d’application. Pour le Vietnam, l’enjeu sera de sélectionner les domaines correspondant à ses capacités et à ses priorités, plutôt que de chercher à suivre toutes les tendances.
Le choix technologique appelle une évolution parallèle des politiques d’innovation. Dans de nombreux pays, le rôle de l’État ne se limite plus à corriger les défaillances du marché. Il consiste aussi à orienter les investissements, définir des priorités et créer les conditions favorables au développement de nouvelles activités.
Cette évolution favorise des politiques plus ciblées, adaptées aux secteurs prioritaires et aux ressources de chaque pays. Pour le Vietnam, elle implique de définir des choix cohérents avec ses objectifs de développement, plutôt que d’appliquer des mécanismes de soutien uniformes.
L’innovation repose également sur les interactions entre entreprises, chercheurs, universités, clients et partenaires. Dans le contexte vietnamien, une part importante des progrès technologiques naît directement de l’activité productive.
Des politiques publiques plus ciblées
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| L'atelier de confection Hưng Hà utilise des machines à coudre IA. |
| Photo : VNA/CVN |
Une entreprise qui travaille pour un partenaire étranger, répond aux exigences d’un nouveau marché ou utilise un équipement importé acquiert progressivement de nouvelles compétences. Les demandes des clients peuvent ainsi conduire à modifier les procédés, améliorer les produits et renforcer les capacités d’exportation.
“Cette forme d’innovation est très répandue dans les usines vietnamiennes”, souligne Nguyễn Võ Hùng. Elle repose sur l’apprentissage au contact des machines, des clients et des marchés, et pas nécessairement sur la commercialisation d’un résultat de recherche.
D’autres formes d’innovation s’appuient sur les compétences techniques et l’expérience. La participation de chercheurs et d’universitaires à la résolution de problèmes industriels permet de rapprocher les connaissances scientifiques des besoins de production. Le design peut également apporter une valeur nouvelle à un produit existant et renforcer sa compétitivité.
Ces différentes voies appellent des mécanismes de soutien spécifiques. Une innovation issue de la recherche et destinée à être commercialisée ne répond pas aux mêmes besoins qu’une amélioration réalisée directement dans une usine. Cette distinction est essentielle pour concevoir des politiques plus efficaces.
Pour le Vietnam, le défi n’est donc pas de choisir une seule voie d’innovation, mais de déterminer, pour chaque secteur et chaque entreprise, celle qui correspond le mieux à ses ressources et à ses besoins. Dans un environnement technologique en mutation rapide, la capacité à faire les bons choix pourrait devenir un avantage majeur : adopter les technologies pertinentes, les adapter au contexte national et les transformer en valeur économique et sociale.
Huong Giang/CVN








