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Selon Vo Thanh Huynh Anh, cheffe du Bureau de gestion des déchets solides du Service de l’agriculture et de l’environnement de Hô Chi Minh-Ville, l’une des pistes actuellement à l’étude consiste à exploiter les anciennes décharges pour alimenter des centrales d’incinération avec récupération d’énergie.
Au lieu de considérer ces anciens sites d’enfouissement comme de simples zones à recouvrir, à isoler et à surveiller sur le long terme, la métropole appréhende désormais les déchets accumulés comme une véritable ressource devant être traitée par des technologies modernes. La valorisation énergétique des déchets par incinération a ainsi été identifiée par Hô Chi Minh-Ville comme un axe stratégique majeur, en complément du recyclage, de la production de compost et de la valorisation des matières.
Sur le terrain, les décharges de Hô Chi Minh-Ville abritent des dizaines de millions de mètres cubes de déchets enfouis au fil des ans, posant une équation inédite : faut-il laisser ces matières se décomposer sous terre ou les orienter vers la valorisation énergétique ? Cette dernière option est perçue comme une solution clé au défi des ordures ménagères auquel fait face la métropole, alors que le foncier disponible s’amenuise face à un volume quotidien de déchets considérable.
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| Environ 60% des déchets ménagers produits chaque jour à Hô Chi Minh-Ville sont encore éliminés par enfouissement. |
| Photo : NNMT/CVN |
Sortir de l’enfouissement
Au complexe de traitement des déchets de Tây Bac, la transition technologique est désormais à l’ordre du jour, y compris pour les alvéoles d’enfouissement aménagées il y a plusieurs années.
À l’heure actuelle, ce site accueille environ 6.000 tonnes de déchets par jour. Or, les usines existantes ne parviennent à en traiter qu’environ 2.000 tonnes quotidiennement, le reste étant encore majoritairement acheminé vers les zones d’enfouissement.
Lorsque la décharge N°3 atteindra sa capacité maximale prévue au troisième trimestre 2026, la municipalité devra arbitrer entre différentes solutions de substitution. Selon les prévisions, à partir du quatrième trimestre 2026, le volume de déchets à traiter sur ce site restera d’environ 4.000 tonnes par jour. D’ici au deuxième trimestre 2027, avec la mise en service optimale des centrales d’incinération avec récupération d’énergie des sociétés Tam Sinh Nghia et Vietstar, la quantité de déchets acheminée vers les zones d’enfouissement devrait retomber à environ 1.800 tonnes quotidiennes.
Transformer les déchets en énergie
Selon Ngô Nhu Hung Viêt, directeur général de Vietstar, l’entreprise propose de traiter environ 7 millions de mètres cubes de déchets enfouis, pour un investissement total estimé à 2.800 milliards de dôngs. Conformément au plan soumis par le groupe, ces déchets anciens pourraient être excavés puis traités pour alimenter le processus d’incinération avec récupération d’énergie.
"Si cette proposition est approuvée et déployée, Vietstar estime pouvoir traiter l’intégralité des stocks de déchets des sites 1A, n°2 et n°3 en une dizaine d’années. Les installations actuelles permettent de porter la capacité de traitement à 3.000, 4.000 ou 5.000 tonnes par jour sans nécessiter une réinjection massive de capitaux dans l’ensemble des infrastructures", a-t-il indiqué.
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| Les centrales de valorisation énergétique, un levier attendu pour remplacer progressivement l’enfouissement à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : NMMT/CVN |
En parallèle, Hô Chi Minh-Ville met en œuvre huit projets de valorisation énergétique des déchets. Parmi eux, les chantiers portés par Vietstar, Tam Sinh Nghia et Biwase sont en cours de construction, tandis que les autres finalisent leurs démarches d’investissement ou font l’objet d’appels d’offres. À terme, la métropole ambitionne de porter à plus de 90% la part des déchets traités par des technologies de pointe et par le recyclage d’ici à 2030.
Sur le site de Vietstar, le complexe de traitement des déchets, d’une superficie de près de 30 hectares, fonctionne depuis 2010. Il intègre les filières de tri, de production d’engrais organiques, de recyclage et d’incinération avec récupération d’énergie. Selon la feuille de route établie, la capacité globale du projet devrait atteindre entre 10.000 et 12.000 tonnes par jour.
Actuellement, le projet de valorisation énergétique des déchets porté par la Société d’environnement urbain de Hô Chi Minh-Ville (CITENCO) suit également son cours. La première phase est achevée à environ 60%, incluant les fondations, le bâtiment d’exploitation et la station de transformation. L’entreprise propose en parallèle d’augmenter sa capacité afin d’absorber une quantité supplémentaire de déchets provenant des sites 1A et n°2.
Récemment, Hô Chi Minh-Ville a finalisé les procédures foncières nécessaires au lancement du projet investi par la Société par actions d’énergie et d’environnement de Hô Chi Minh-Ville, sur une superficie de plus de 50.400 m². Cette usine affichera une capacité de traitement d’environ 1.000 tonnes de déchets ménagers par jour et produira près de 20 MW d’électricité.
Lever les freins administratifs
Dans les faits, la mise en œuvre des récents projets démontre que la technologie n’est pas le seul point de blocage. De nombreuses centrales de valorisation énergétique accusent des retards en raison de lourdeurs administratives liées à la planification électrique, au foncier, à la construction et au raccordement au réseau. Ngô Nhu Hung Viêt a souligné qu’une étude interne de Vietstar avait dénombré au moins 49 démarches administratives préalables au lancement effectif des chantiers.
Le projet de transition technologique porté par CITENCO en offre un exemple concret : l’entreprise répond sur le fond aux exigences techniques et a déjà bouclé son montage financier, optant pour une technologie d’incinération à grille de combustion d’origine allemande ou japonaise.
Cependant, le projet se heurte toujours à des difficultés foncières. Le terrain de 5,7 hectares situé sur la décharge n°3 a pourtant été identifié comme le site indispensable à cette transition technologique, mais son dossier domanial, constitué en 2007, ne satisfait plus aux exigences légales actuelles. Par conséquent, l’entreprise doit mener de front les démarches relatives à l’approbation du principe d’investissement et à l’attribution ou à la concession du foncier.
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| La transition technologique du secteur des déchets : un défi global allant du tri à la source jusqu’à la commercialisation des sous-produits et de l’énergie. |
| Photo : Truong Giang/CVN |
Ces blocages démontrent que, pour concrétiser ces technologies de traitement des déchets, Hô Chi Minh-Ville ne peut se contenter d’apports en capitaux et d’expertises techniques : la métropole a également besoin d’un cadre réglementaire suffisamment clair et fluide pour garantir le respect des calendriers d’exécution.
Selon Bùi Minh Thanh, vice-président du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, la métropole fait face à une impérieuse nécessité : refondre radicalement sa doctrine de gestion des déchets. Dans cette nouvelle orientation stratégique, Hô Chi Minh-Ville réduira progressivement l’enfouissement pour tendre vers son élimination totale, au profit de technologies de pointe centrées sur l’incinération et la valorisation énergétique.
"Cette orientation vise non seulement à résoudre la crise des ordures ménagères, mais elle ouvre également la voie à la récupération d’une emprise foncière considérable actuellement mobilisée par les décharges. Dans un contexte de raréfaction des réserves foncières urbaines, cet atout s’avère particulièrement précieux", a souligné Bùi Minh Thanh.
La municipalité étudie ainsi une nouvelle approche pour les volumes de déchets déjà enfouis. Le schéma envisagé repose sur l’excavation, le tri, le traitement et la valorisation énergétique. S’il s’avère viable, ce procédé d’assainissement des anciennes décharges permettra de faire d’une pierre deux coups : soulager la pression exercée sur les sites existants et extraire de nouvelles ressources à partir de matières accumulées depuis de nombreuses années.
Moderniser toute la chaîne
Toutefois, pour garantir le succès de cette stratégie, Hô Chi Minh-Ville devra traiter simultanément l’ensemble des maillons de la chaîne : du tri à la source au système de collecte, en passant par les technologies industrielles, les débouchés pour les produits recyclés, la commercialisation de l’électricité ainsi que les mécanismes d’investissement et de gestion foncière.
Si de nouvelles usines voient le jour sans que les déchets entrants soient débarrassés de leurs impuretés, que le marché en aval demeure instable et que les procédures s’éternisent, les technologies les plus sophistiquées peineraient à déployer pleinement leur potentiel.
Truong Giang/CVN



