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Le pays ambitionne également d'améliorer les résultats du traitement en garantissant que 70% des femmes âgées de 30 à 49 ans bénéficient d'un dépistage par des tests performants et que 90% des femmes chez qui des lésions cervicales sont diagnostiquées reçoivent un traitement conforme aux recommandations cliniques.
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| À l'hôpital Cho Rây de Hô Chi Minh-Ville, des médecins pratiquent une mastectomie endoscopique avec reconstruction mammaire immédiate. |
| Photo : VNA/CVN |
Ces objectifs s'inscrivent dans le cadre du plan d'action national de prévention et de lutte contre les cancers du sein et du col de l'utérus pour la période 2026-2035, présenté par le Département de la santé maternelle et infantile du ministère de la Santé lors d'un récent atelier à Hanoï.
Selon le ministère de la Santé, le cancer du sein est actuellement le cancer le plus fréquent chez les femmes vietnamiennes, avec plus de 24.560 nouveaux cas diagnostiqués chaque année et environ 10.000 décès annuels. Plus de 60% des patientes sont diagnostiquées à un stade avancé, ce qui se traduit par un taux de survie à cinq ans d’environ 74% seulement, inférieur à celui de nombreux pays développés.
Le cancer du col de l’utérus demeure un autre défi majeur de santé publique. Le Vietnam a enregistré environ 4.620 nouveaux cas et 2.570 décès en 2022. Bien que la maladie soit largement évitable grâce à la vaccination contre le VPH et au dépistage régulier, seulement 28,2% des femmes éligibles bénéficient actuellement d’un dépistage systématique, avec d’importantes disparités d’accès selon les régions et les communautés ethniques.
En réponse, le ministère de la Santé a adopté le plan d’action national de prévention et de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus pour la période 2026 - 2035, qui vise à renforcer la prévention, le diagnostic précoce, le traitement et les soins post-traitement, avec pour objectif à long terme l’élimination du cancer du col de l’utérus et la réduction de la mortalité liée au cancer du sein.
Concernant le cancer du sein, le plan vise une réduction annuelle moyenne de la mortalité de 2,5%. D’ici 2035, il ambitionne de garantir que 70% des femmes âgées de 40 à 70 ans bénéficient d’un dépistage régulier et de porter à 60% la proportion de cas détectés à un stade précoce.
Le plan vise également à améliorer la qualité des traitements en garantissant à au moins 80 % des patients l’accès à un traitement multimodal standardisé et son suivi complet. Il prévoit la mise en place d’un système de suivi national pour surveiller les patients après le traitement, réduire les récidives et améliorer leur qualité de vie à long terme.
Concernant le cancer du col de l’utérus, le Vietnam a adopté les objectifs "90-70-90" de l’Organisation mondiale de la Santé d’ici 2035 afin de progresser vers l’élimination de la maladie.
Les objectifs comprennent la vaccination complète de 90% des filles âgées de 9 à 15 ans dans les localités appliquant la feuille de route du ministère pour l'extension de la couverture vaccinale dans le cadre du programme national de vaccination, le dépistage de 70% des femmes âgées de 30 à 49 ans à l'aide de tests performants et la garantie que 90% des femmes présentant des lésions cervicales reçoivent un traitement approprié.
Matt Jackson, représentant du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Vietnam, a qualifié ce plan d'action d'étape majeure témoignant de l'engagement politique fort et de la vision stratégique du gouvernement en matière de protection de la santé des femmes, d'amélioration de leur qualité de vie et de garantie d'un avenir plus sain pour les femmes et les filles à travers le pays.
Il a cité une étude de l'UNFPA alertant sur le fait que, sans un renforcement des efforts de prévention, plus de 218.000 Vietnamiennes pourraient mourir d'un cancer du col de l'utérus d'ici 2070, et que le nombre cumulé de décès au cours du siècle prochain pourrait avoisiner les 450.000.
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| Le Professeur associé, Docteur Huynh Quang Khanh, chef du service de sénologie de l'hôpital Cho Rây à Hô Chi Minh-Ville, examine une patiente. |
| Photo : VNA/CVN |
Matt Jackson a souligné que, bien que les cancers du sein et du col de l'utérus demeurent des problèmes de santé publique majeurs à l'échelle mondiale, le cancer du col de l'utérus est largement évitable grâce à la vaccination contre le VPH, au dépistage régulier, à la détection précoce et au traitement rapide.
L’UNFPA a réaffirmé son engagement à soutenir le Vietnam en fournissant des données scientifiques pour orienter les politiques nationales et locales axées sur la santé des femmes, tout en contribuant à l’élaboration de mécanismes de financement innovants, notamment l’élargissement de la couverture d’assurance maladie pour les services de dépistage et de prévention du cancer.
Burak Pekmezci, directeur général de Roche Pharma Vietnam, a mis en lumière les conclusions d’une étude récente de l’Institut WifOR sur l’impact socio-économique du cancer du sein HER2-positif au Vietnam. Cette étude, qui s’inscrit dans une évaluation plus large portant sur 11 économies de la région Asie-Pacifique, a révélé que le passage d’une gestion des coûts à court terme à un investissement stratégique à long terme dans les soins contre le cancer pourrait renforcer la compétitivité économique et favoriser le développement durable.
Pour atteindre les objectifs du plan, le ministère de la Santé a identifié six domaines prioritaires. Il s’agit notamment d’étendre la couverture vaccinale contre le VPH dans le cadre du programme national de vaccination et de plaider en faveur du remboursement par l’assurance maladie des dépistages du cancer du sein et du col de l’utérus.
Le ministère renforcera également les campagnes de sensibilisation du public afin d'encourager la prévention et le dépistage précoce, formera les professionnels de santé et développera les services de télémédecine. Il investira dans les infrastructures de santé tout en garantissant un approvisionnement adéquat en médicaments, fournitures médicales et équipements de diagnostic.
Par ailleurs, il harmonisera les procédures cliniques et promouvra l'utilisation des technologies numériques et de l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage, le diagnostic et le traitement.
Une autre priorité majeure est la mise en place d'un système national de données intégré, relié aux dossiers médicaux électroniques, pour assurer un suivi de la santé des femmes tout au long de leur vie.
Les participants à l'atelier ont également abordé la mise en œuvre du plan d'action national, la feuille de route pour l'extension de la couverture vaccinale dans le cadre du programme élargi de vaccination, notamment la vaccination contre le VPH, ainsi que les mesures politiques visant à étendre la couverture d'assurance maladie pour le dépistage précoce des cancers du sein et du col de l'utérus.
VNA/CVN




