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| Un coin de la forêt d'U Minh Ha, à Cà Mau. |
| Photo : VNA/CVN |
La forêt de mélaleucas d’U Minh Ha, d’une superficie d’environ 35.000 ha dans la province de Cà Mau est un lieu où les abeilles à miel viennent nicher en grand nombre à chaque saison de floraison. L’écosystème caractéristique de cette zone humide constitue la source du célèbre miel forestier du Delta du Mékong.
Les habitants installent des perchoirs pour attirer les abeilles à l’aide de bois de mélaleuca, d’arec ou de barringtonia, le mélaleuca étant privilégié pour sa grande résistance à la décomposition.
Chaque structure comprend un tronc principal, une fourche et une traverse posée au-dessus, une technique mise au point par les habitants à partir de l’observation des habitudes des abeilles sauvages, communément appelée "récolte du miel sauvage".
Selon les artisans expérimentés, les perchoirs sont généralement placés dans des zones riches en fleurs de mélaleuca, bien exposées au soleil et au vent. Leur orientation est également déterminée en fonction de la position du soleil et des saisons afin de faciliter l’installation des abeilles.
Une fois les abeilles installées, il faut environ 15 à 20 jours pour obtenir la première récolte de miel. Une ruche peut peser entre 10 et 20 kg et être exploitée plusieurs fois au cours de la saison.
Les apiculteurs utilisent des torches en fibres de coco pour produire de la fumée et faire fuir les abeilles hors de la ruche. Cette étape permet de récolter le miel plus rapidement et en toute sécurité.
Après le départ des abeilles, ils découpent les rayons de miel à l’aide d’un couteau. L’ensemble de l’opération dure seulement deux à trois minutes et mobilise généralement deux à trois personnes afin d’éviter le retour des abeilles.
L’artisan Trân Van Nhi, de la commune de Nguyên Phich, qui exerce ce métier depuis 50 ans, indique que le meilleur moment pour récolter le miel est le matin (entre 6h00 et 8h00), lorsque les risques de piqûres sont moindres. Après la récolte, les apiculteurs retirent une partie des éléments noirs de la ruche.
Selon la forme de la ruche - ronde ou allongée - la découpe varie, mais ils veillent toujours à laisser une partie intacte afin que les abeilles puissent continuer à vivre, se reproduire et produire de nouvelles récoltes.
De nombreux sites d’écotourisme à Cà Mau ont intégré cette activité dans leurs programmes de visite. Les touristes peuvent observer les forestiers récolter le miel et déguster du miel frais au cœur de la forêt.
Pour une première expérience, Huynh Hai, un visiteur de la ville de Bac Lieu, se dit très impressionné par cette activité originale. "Cette expérience permet à de nombreux visiteurs venant d’autres régions de mieux comprendre la valeur du miel forestier", confie-t-il.
Pham Duy Khanh, propriétaire d’un site écotouristique dans la commune de Trân Van Thoi et apiculteur expérimenté, présente également ce métier aux visiteurs.
Sa famille pratique la pose de perchoirs et la récolte du miel depuis plus de 20 ans. Depuis le développement de son modèle d’écotourisme en 2015, il a intégré cette activité au programme, permettant aux visiteurs de participer eux-mêmes à l’installation des perchoirs et à la récolte du miel.
La forêt primaire de mélaleucas de sa famille compte actuellement environ 1.000 perchoirs, dont plusieurs centaines sont occupés par des abeilles selon les périodes. Chaque ruche peut produire trois à quatre récoltes, avec un rendement de trois à cinq litres à chaque fois. Le miel forestier d’U Minh Ha se distingue par sa couleur jaune foncé et son parfum de fleurs de mélaleuca ; il est vendu entre 500.000 et 700.000 dôngs le litre.
Outre les activités d’expérience, les sites écotouristiques de la région proposent également la vente de miel. Des pots de 500 ml, contenant encore une partie du rayon, sont commercialisés à environ 300.000 dôngs.
NDEL/VNA/CVN



