Efforts accrus pour pérenniser les marchés stratégiques des produits agricoles

Au terme du premier trimestre 2026, les États-Unis demeurent le deuxième marché d’exportation des produits agro-sylvicoles et aquatiques du Vietnam, représentant 18,3% des parts de marché, en baisse de 5,2% en glissement annuel.

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Selon Le Hang, secrétaire générale adjointe de l’Association vietnamienne des producteurs et exportateurs de produits aquatiques (VASEP), les exportations de produits aquatiques vers les États-Unis ont chuté de plus de 10% sur la période, constituant le principal frein à la croissance de l’ensemble du secteur.

Cette contraction s’explique à la fois par un essoufflement de la demande et par un durcissement des barrières techniques et tarifaires.

Des oranges destinées à l'exportation. 
Photo : VNA/CVN

Parmi les facteurs clés figurent l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2026, des exigences de la loi Marine Mammal Protection Act (MMPA), dont le certificat d’acceptabilité (COA), ainsi que le maintien des droits antidumping sur les crevettes. Ce segment est particulièrement affecté : en février 2026, les exportations vers les États-Unis ont chuté à 16 millions de dollars (-61 % sur un an). Sur les deux premiers mois, elles ont atteint près de 60 millions de dollars, en baisse de 22%.

Les perspectives pour le deuxième trimestre restent sous pression, en particulier pour les crevettes. Outre les contraintes tarifaires, les autorités américaines ont renforcé depuis début mars les contrôles techniques portant sur les résidus d’antibiotiques, la sécurité sanitaire, la traçabilité et les mécanismes d’alerte à l’importation. Ce durcissement accroît les risques pour les entreprises, allonge les délais de dédouanement et renchérit les coûts logistiques.

Parallèlement, certains produits du bois et dérivés enregistrent également un recul sur le marché américain. Au cours des deux premiers mois de 2026, le Vietnam est resté le premier fournisseur de mobilier en bois aux États-Unis avec un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars, mais en baisse de 21,3 % par rapport à la même période de 2025. Cette évolution reflète le ralentissement de la demande, lié à une consommation plus prudente pour les biens non essentiels, ainsi que les pressions exercées par les coûts logistiques et les incertitudes économiques mondiales. La part de marché du mobilier de cuisine vietnamien a également diminué, passant de 42,3% à 39,4%, sous l’effet des mesures de défense commerciale et de l’évolution des tendances de rénovation résidentielle aux États-Unis.

La noix de cajou, point positif dans un contexte contrasté

À l’inverse, la noix de cajou apparaît comme un point positif dans ce contexte contrasté. Sur les deux premiers mois de 2026, les exportations vers les États-Unis ont progressé de 1,6% en volume et de 0,6% en valeur.

Dans cet environnement marqué par des dynamiques divergentes, les exportations vers les États-Unis devraient continuer, au deuxième trimestre, de subir l’effet combiné de multiples facteurs, au premier rang desquels le renforcement des exigences en matière de qualité et de transparence. Dans le secteur de la noix de cajou, les entreprises soulignent que, si le marché américain demeure stratégique, les préférences des consommateurs évoluent vers des produits transformés, de marque et pleinement traçables.

Par ailleurs, la transparence des certificats d’origine, notamment pour les matières premières importées, devient une condition essentielle pour bénéficier des préférences tarifaires et surmonter les barrières techniques.

Sur le plan de la promotion commerciale, Do Ngoc Hung, conseiller commercial et chef du Bureau commercial du Vietnam aux États-Unis, estime que l’enjeu ne se limite plus à l’accès au marché, mais réside désormais dans la fidélisation des clients. Cela implique pour les entreprises un renforcement des investissements dans la gouvernance interne, la gestion des chaînes d’approvisionnement, la traçabilité des intrants, la conformité documentaire et le respect des normes sociales et environnementales.

Au-delà des facteurs purement commerciaux, les entreprises doivent également tenir compte des répercussions des tensions au Moyen-Orient et de la volatilité des marchés de l’énergie et de la logistique mondiale. L’anticipation de différents scénarios en matière de coûts de transport, de délais et de risques de rupture des chaînes d’approvisionnement apparaît indispensable pour renforcer la résilience et atténuer les impacts négatifs.

VNA/CVN

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