Culture : l’engagement de 2% du budget devrait stimuler le développement à long terme

La résolution N°80 du Politburo relative au développement de la culture vietnamienne constitue une percée politique significative, prévoyant d’ allouer au moins 2% des dépenses budgétaires annuelles de l’État afin de dynamiser le développement national durable.

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Pour la première fois, une résolution du Parti instaure un seuil de dépenses spécifique pour la culture, marquant une rupture avec un système d’investissement lié à un engagement financier contraignant.
Photo : VNA/CVN

La Résolution 80 affirme que l’investissement dans la culture est un investissement pour l’ avenir et la croissance durable du pays, tout en appelant à une transformation profonde de la mobilisation des ressources pour le développement culturel, l’État jouant un rôle moteur.

L’un des objectifs clés de la résolution est de garantir un financement adéquat de la culture en lui consacrant au moins 2% du budget annuel total de l’État, ce pourcentage devant augmenter progressivement en fonction des besoins réels. Cette mesure illustre le rôle de l’État non seulement en tant que bailleur de fonds, mais aussi en tant que moteur de l’écosystème plus large des investissements culturels.

Pour la première fois, une résolution du Parti instaure un seuil de dépenses spécifique pour la culture, marquant une rupture avec un système d’ investissement lié à un engagement financier contraignant. Cette politique reflète la conviction que la culture doit être considérée, au même titre que l’économie, comme un pilier du développement national.

Les priorités d’investissement public définies par cette résolution comprennent les activités culturelles de proximité, la préservation du patrimoine, l’innovation, le développement des ressources humaines, les industries culturelles et les applications des technologies numériques.

Le Vietnam prévoit également de poursuivre la modernisation de ses infrastructures culturelles, en privilégiant les institutions nationales telles que les musées, les théâtres et les centres artistiques, tout en améliorant l’efficacité des infrastructures culturelles et sportives locales adaptées aux différentes régions et ethnies.

L’Assemblée nationale de la XVIe législature a adopté lors de sa première session une résolution sur le développement culturel vietnamien, réaffirmant l’ allocation budgétaire minimale de 2% et encourageant une plus grande mobilisation des ressources sociales en faveur du secteur.

Selon la ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Lâm Thi Phuong Thanh, cette résolution contribue à institutionnaliser trois avancées majeures identifiées dans la Résolution 80 : l’amélioration des mécanismes de mobilisation des ressources culturelles, le développement des talents culturels et artistiques, et la promotion des sciences, des technologies, de l’innovation et de la transformation numérique afin de générer de nouveaux moteurs de croissance culturelle.

Priorité à l’efficacité des dépenses

S’exprimant sur la politique d’allocation de 2 %, le député de la province de Ninh Binh, Trân Van Khai, a déclaré que cette politique était nécessaire, mais que sa mise en œuvre dépendrait de la répartition des ressources.

Il a insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux financements destinés aux institutions culturelles locales, à la conservation du patrimoine, à la transformation numérique, à la sécurité numérique du patrimoine culturel et à la formation des professionnels du numérique. Sans priorités claires, cette politique risque d’atteindre les objectifs de dépenses sans pour autant produire d’ impact stratégique, a-t-il averti.

Le Pr. associé - Dr. Bui Hoài Son, membre permanent de la Commission des affaires culturelles et sociales de l’ Assemblée nationale, a qualifié l’engagement minimal de 2% de progrès majeur dans l’élaboration des politiques, témoignant d’une compréhension plus globale du rôle de la culture dans le développement national.

Il a toutefois souligné que des dépenses plus élevées ne se traduiraient pas automatiquement par de meilleurs résultats. Les facteurs déterminants, a-t-il affirmé, résident dans la gestion des ressources, le choix des priorités et la mise en œuvre des mécanismes de contrôle.

"Si les ressources sont réparties de manière trop uniforme et sans orientation claire, il sera difficile de réaliser des avancées significatives", a déclaré Bùi Hoài Son, appelant à une approche axée sur les résultats en matière de gouvernance des investissements culturels.

Il a proposé trois domaines d’investissement prioritaires. Le premier concerne les personnes, notamment les artistes, les artisans, les acteurs culturels de terrain, les gestionnaires, les professionnels des industries culturelles et les jeunes talents créatifs.

Le deuxième porte sur les infrastructures culturelles essentielles, en particulier dans le domaine numérique, telles que les bibliothèques, les musées, les théâtres, les espaces de création, les infrastructures de données et les plateformes de numérisation du patrimoine.

La troisième priorité concerne les programmes stratégiques à fort impact social, notamment la sauvegarde du patrimoine menacé, la commande d’œuvres culturelles majeures, le soutien aux industries culturelles clés et la promotion de la culture vietnamienne à l’ international.

Selon Bùi Hoài Son, concentrer les ressources sur les domaines à fort potentiel d’ impact aurait un effet bien plus important qu’ une répartition égale entre les secteurs.

Il a également souligné la nécessité de repenser la mesure des investissements culturels. Selon lui, le succès ne doit pas se mesurer uniquement aux projets réalisés ou aux fonds décaissés, mais aussi à des retombées plus larges telles qu’un meilleur accès du public à la culture, des liens communautaires renforcés, une meilleure protection du patrimoine, une plus grande diffusion des produits culturels sur le marché et une image nationale du Vietnam valorisée.

À son avis, cette allocation de 2% doit être considérée non pas comme une simple dépense publique, mais comme un investissement stratégique dans le soft power, le développement humain et la viabilité à long terme du pays.

Pour une efficacité maximale, il a plaidé pour des critères d’allocation transparents, une responsabilité claire et l’utilisation des fonds publics comme capital d’amorçage afin d’attirer des investissements sociaux supplémentaires.

VNA/CVN

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