"Crue généralisée" en France : "on a dépassé tous nos records", selon la directrice de Vigicrues

Le phénomène de "crue généralisée" qui touche la France dépasse "tous (les) records", a affirmé samedi 14 février la directrice du service Vigicrues, en disant ne pas attendre de "retour à la normale pour les prochains jours".

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Vue aérienne de la Garonne en crue à Tonneins, dans le Lot-et-Garonne, le 13 février. 
Photo : AFP/VNA/CVN

La France se trouve dans "une situation exceptionnelle" alors que le pays est "depuis 30 jours d'affilée sans discontinuer en (vigilance crue) orange ou en rouge", a annoncé Lucie Chadourne-Facon, directrice de Vigicrues.

"On a dépassé tous nos records", depuis que Vigicrues, le service public d'information sur les risques de crues en France, a été créé en 2006.

Même si le nombre de départements et de tronçons de cours d'eau en vigilance a légèrement diminué dans la journée, la situation est évolutive et reste "très dégradée", a indiqué le service Vigicrues.

Dans le détail, 77 départements sont en vigilance simultanément dont 2 en rouge et 13 en orange, pour un total de 148 rivières, selon le bulletin Vigicrues de 16h00. La vigilance jaune s'applique en outre à 130 tronçons et 62 départements.

En outre, la France a atteint en cette période un indice de l'humidité des sols "le plus élevé", depuis le début de compilation de cette donnée en 1959.

"On a une situation de crue généralisée sur tout le territoire national parce que tous les sols sont saturés partout" et ont "perdu leur capacité d'infiltration", a-t-elle expliqué. "Très clairement, on ne parle absolument pas de retour à la normale pour les prochains jours de notre côté", a souligné Mme Chadourne-Facon.

L'ampleur et la durée du phénomène s'expliquent par les importants cumuls de pluie depuis deux mois sur une partie du territoire, qui ont fini par saturer les sols, gorgés d'eau.

"En Bretagne, jusqu'au Massif central et l'ensemble du pourtour méditerranéen et la Corse", il est tombé dans cette période "en moyenne plus de 250 mm de pluie au mètre carré, soit 200 litres au mètre carré sur tout ce territoire-là", a résumé Mme Chadourne-Facon.

"Ces pluies qui tombent vont naturellement rejoindre les rivières par le ruissellement sur le sol puisque le sol ne peut plus absorber l'eau", a-t-elle ajouté.

De fait, "aujourd'hui, les rivières sont extrêmement sensibles aux moindres précipitations, aux moindre pluies qui arrivent sur le territoire, et les rivières du coup réagissent très rapidement", a expliqué Mme Chadourne-Facon. "Toutes les perturbations qui arrivent réalimentent en permanence les crues".

Ces pluies permettent "de remplir les réserves, les barrages, donc pour le soutien d'étiage, on partira avec des réserves qui seront pleines", a ajouté la directrice de Vigicrues, dans un autre entretien plus tard dans la journée.

Ce sont toutefois les précipitations "de mars-avril qui donneront un indicateur de l'étiage pour le reste de l'été et de la manière dont la saison va se passer", a-t-elle nuancé.

Il n'y a en outre pas de "lien direct" entre une période de crues et une absence de sécheresse, a-t-elle prévenu, rappelant que les crues majeures de la Garonne en 2022 avaient mené à l'"une des sécheresses les plus importantes, voire la plus importante" dans la région, "qui a duré du printemps 2022 jusqu'à l'hiver 2023".

AFP/VNA/CVN


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