Crise budgétaire en Belgique: sursis pour le Premier ministre, qui reprend les négociations

Le Roi des Belges a refusé vendredi 6 novembre la démission du Premier ministre Bart De Wever, qui va relancer les discussions au sein de sa coalition pour tenter de trouver un compromis sur le budget.

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Le Premier ministre belge Bart De Wever, en Inde, le 4 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Roi Philippe "a décidé de refuser la démission du Premier ministre et lui a demandé de reprendre les négociations budgétaires dès à présent. Le Premier ministre fera à nouveau rapport au Roi le lundi 16 novembre", a indiqué le Palais royal dans un communiqué.

Bart De Wever avait proposé sa démission en début de semaine en raison du blocage des négociations sur la réduction des déficits.

Le Roi s'était donné quelques jours pour trancher. Il a reçu tout au long de la semaine les partis de la coalition au pouvoir, ancrée au centre droit, afin d'évaluer l'ampleur de cette nouvelle crise politique en Belgique.

"À l'issue de ses entretiens avec les présidents des cinq partis de la majorité, le Roi a pris acte de la volonté de chacun d'entre eux de conclure les négociations budgétaires dans les meilleurs délais", écrit le Palais royal.

"Le Roi a également recueilli des cinq présidents l'engagement formel que leur parti est prêt à faire des concessions afin de parvenir à un accord", assure-t-il.

10 milliards d'euros

Conservateur flamand, Bart De Wever souhaite un effort budgétaire massif de 10 milliards d'euros d'ici à 2029 pour réduire le déficit belge qui dépasse les 5%.

L'effort repose principalement sur des coupes dans les dépenses publiques, notamment dans la santé, mais passe aussi par la recherche de nouvelles recettes auxquelles s'oppose l'un des partenaires de la coalition, le Mouvement réformateur (libéral francophone).

Jusqu'ici, le MR a refusé toute hausse de la fiscalité, quand d'autres partis de la majorité, comme les centristes des Engagés demandaient une répartition "équitable" des efforts, avec une contribution de "ceux qui ont le plus".

Les discussions se tiennent sous la pression des syndicats, qui mobilisent depuis des mois contre l'austérité.

Le 9 octobre, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé contre la rigueur, avec des scènes de violences et des dégradations en marge du cortège.

De nombreux slogans dans la manifestation évoquaient les écarts croissants de richesse et le souhait de voir les hauts revenus davantage contribuer aux efforts.

Jeudi, devant le Parlement, Bart De Wever a confirmé que l'année 2027 commencerait avec un budget d'urgence calqué sur le précédent exercice, la pratique dite des "douzièmes provisoires", en attendant de trouver un compromis.

L'absence d'accord sur le budget 2027 jusqu'ici est un "échec cuisant pour le gouvernement", a-t-il reconnu.

Bart De Wever dirige depuis février 2025 une coalition de cinq partis ancrée au centre-droit (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit).

AFP/VNA/CVN

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