Crash du Ouagadougou-Alger en 2014, 116 morts : 225.000 euros d'amende requis contre Swiftair

Une peine d'amende de 225.000 euros, la plus importante encourue pour homicide involontaire, a été requise mercredi 25 mars contre la compagnie aérienne Swiftair, propriétaire du MD-83 qui s'était crashé en plein Sahel le 24 juillet 2014.

>> Crash du Boeing 787 d'Air India : les boîtes noires en cours de décryptage en Inde

>> Crash d'un avion militaire sur une école au Bangladesh : le bilan monte à 27 morts

>> Colombie : le crash d'un avion militaire fait huit morts et 83 blessés

Photo du 1er août 2014 montrant l'épave du vol AH5017 d'Air Algérie qui s'est écrasé dans la région de Gossi, au nord du Mali, le 24 juillet 2014.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Il aurait été humain de la part de Swiftair d'admettre des négligences avérées dans la formation des pilotes, et d'admettre que ces négligences ont conduit à la survenance de cet accident aérien qui ne pouvait pas, c'est ma conviction, ne pas arriver", a estimé la procureure du tribunal correctionnel de Paris, Valentine Géraud, au terme de deux heures de réquisitoire.

La compagnie madrilène répond depuis le 9 mars d'homicides involontaires, après la catastrophe survenue le 24 juillet 2014 qui a fait 116 morts. Les plaidoiries de la défense sont attendues jeudi, avant une mise en délibéré du jugement.

Swiftair était propriétaire du McDonnell Douglas MD-83 qu'elle avait loué à Air Algérie avec son équipage. Dans l'appareil qui effectuait le vol AH5017 se trouvaient 110 passagers dont 54 Français, 23 Burkinabé, des Libanais, des Algériens et six membres d'équipage, tous Espagnols.

Le logo de la compagnie aérienne espagnole Swiftair à Madrid, le 24 juillet 2014, après la disparition au-dessus de l'Afrique d'un MD-83 d'Air Algérie, loué par Swiftair.
Photo : AFP/VNA/CVN

En pleine nuit, alors que l'aéronef traversait une zone intertropicale orageuse, la non-activation du système d'antigivrage avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l'équipage et jusqu'au décrochage fatal.

"C'est la formation lacunaire dispensée aux pilotes qui leur a empêché d'avoir le bon comportement", a soutenu la procureure, en relevant que le commandant de bord et sa co-pilote "n'ont pas su comprendre que l'avion était en train de décrocher".

Or, a-t-elle encore relevé, "c'est parce que l'équipage était sous-entraîné qu'il n'a pas su faire face aux conditions d'abord givrantes, puis de dégradation des moteurs, puis de décrochage de l'appareil".

La représentante de l'accusation a encore pointé du doigt que, s'agissant de pilotes "saisonniers", qui sortaient d'une période d'inactivité, deux seules sessions de quatre heures chacune étaient "insuffisantes" pour permettre une reprise d'activité.

Des enquêteurs recueillent des preuves sur le lieu du crash du vol AH5017 d'Air Algérie dans la région de Gossi, au Mali, le 29 juillet 2014.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'enquête avait, en outre, établi que le commandant de bord n'avait pas rempli son obligation de trois "expériences récentes", c'est-à-dire trois décollages et atterrissages, puisqu'il n'en avait réalisé que deux avant sa reprise d'activité, de même il avait manqué une formation deux ans avant l'accident.

"Il y a une logique dans tous ces manquements. Cette formation manquée, on ne va rien faire pour la rattraper. Et cette formation manquée, elle parlait d’antigivrage", a encore fait observer la procureure.

La peine d'amende de 225.000 euros relève du volet pénal de la procédure. Sur le volet civil, les familles des victimes ont déjà été indemnisées, ont indiqué leurs avocats.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top