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Bien qu’elle ait constitué la dernière session du programme, la rencontre s’est ouverte sur une note résolument optimiste. Premier intervenant, l’ambassadeur du Royaume-Uni au Vietnam, Iain Grant Frew, a estimé que les perspectives offertes par la science et la technologie étaient "immenses", tant pour Hô Chi Minh-Ville et le Vietnam que pour l’ensemble de la région.
Cette année marque le premier anniversaire de l’établissement du partenariat stratégique intégral entre le Royaume-Uni et le Vietnam, un cadre dans lequel la coopération scientifique et technologique occupe une place centrale, a-t-il rappelé.
Les deux pays ont déjà défini des orientations concrètes pour lever les obstacles et transformer ces perspectives en résultats tangibles. Parmi les domaines prioritaires figurent l’intelligence artificielle (IA), les énergies propres, la santé, les hautes technologies et les semi-conducteurs, en phase avec les ambitions de développement du Vietnam.
Pour l’ambassadeur, l’un des principaux enjeux consiste à créer des conditions favorables aux échanges entre les instituts de recherche et les entreprises, afin d’accélérer le passage des idées aux applications commerciales.
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| La session thématique "Cadre de coopération dans l’ère nouvelle", modérée par Sandy Chong, directrice des initiatives pour l’Asie-Pacifique au WEF, tenue dans l’après-midi du 28 octobre, dans le cadre du Forum économique d’automne 2026. |
Il a notamment cité le Fonds britannique de collaboration scientifique internationale, qui prévoit d’investir 60 millions de livres sterling dans la région d’ici à 2030. Ce dispositif finance notamment neuf projets de recherche associant le Vietnam, dans des domaines allant des énergies propres à l’intelligence artificielle et au développement.
Mais les investissements dans la recherche ne suffisent pas. Il faut également multiplier les espaces de rencontre entre scientifiques et acteurs économiques pour transformer les avancées scientifiques en innovations concrètes. Au début de cette année, une délégation vietnamienne de haut niveau, accompagnée de nombreux chefs d’entreprise et experts, a ainsi participé à la London Tech Week, où elle a pu nouer des contacts susceptibles de favoriser l’émergence de nouveaux projets, entreprises et solutions technologiques.
La technologie, quatrième dimension de la géopolitique
Dans le prolongement de cette intervention, Saeed Bin Mubarak Al Hajeri, secrétaire d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis (EAU), a salué l’organisation du forum par le Vietnam, soulignant l’importance stratégique de la science et de la technologie pour le développement durable des pays de la région et du monde. Selon lui, ces deux domaines ont joué, jouent et continueront de jouer un rôle déterminant dans la construction de l’avenir.
Revenant sur l’évolution des rapports de force internationaux, il a rappelé qu’avant la guerre froide, la géopolitique reposait principalement sur les dimensions politique, militaire et sécuritaire. Après la guerre froide, l’économie s’est imposée comme un facteur supplémentaire. Aujourd’hui, la technologie constitue une quatrième dimension incontournable.
Les pays qui souhaitent véritablement maîtriser leur avenir économique doivent donc développer activement leurs capacités scientifiques et technologiques. Celles-ci contribueront à redessiner les équilibres mondiaux, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique, de la génomique ou des nouvelles sources d’énergie.
Pour Saeed Bin Mubarak Al Hajeri, l’un des principaux obstacles à la coopération internationale tient à une connaissance encore insuffisante des besoins respectifs des partenaires. Jusqu’à présent, celle-ci a souvent pris une forme transactionnelle : un pays exprimait un besoin technique et son partenaire lui proposait une solution existante, prête à être déployée. Cette approche atteint toutefois ses limites face aux technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
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| L’ambassadeur du Royaume-Uni au Vietnam, Iain Grant Frew, a souligné l’ampleur des perspectives offertes par la coopération scientifique et technologique pour Hô Chi Minh-Ville, le Vietnam et l’ensemble de la région. |
La coopération doit désormais s’inscrire dans une perspective stratégique. Elle suppose de comprendre les sociétés partenaires, leurs systèmes politiques, leur démographie, leurs défis intérieurs et extérieurs, mais aussi leurs valeurs et leurs traditions culturelles. Ces éléments déterminent en effet les conditions d’utilisation des technologies et les limites acceptables de leur déploiement.
En négligeant ces facteurs, les partenaires risquent de laisser échapper des possibilités de coopération et de voir leurs approches de la réglementation des technologies critiques et émergentes diverger davantage, a-t-il averti.
Les villes : la technologie au service des populations
Abordant les enjeux urbains, Alissa Raj, directrice régionale adjointe pour l’Asie du Sud-Est, l’Asie de l’Est et l’Océanie au sein du réseau C40 Cities, a mis en avant l’action climatique comme l’un des domaines les plus prometteurs pour la coopération internationale.
Les grandes villes doivent relever un double défi : assurer la continuité des services essentiels à la population tout en anticipant les conséquences des dérèglements climatiques.
Elle a cité l’exemple de plusieurs villes d’économies plus avancées, qui utilisent des systèmes de cartographie et de prévision sophistiqués associant données météorologiques et capteurs installés dans les réseaux d’assainissement. Ces outils permettent d’automatiser certaines interventions, comme l’ouverture coordonnée de canaux et de vannes d’évacuation, afin d’améliorer la gestion des risques d’inondation et de renforcer la résilience urbaine.
Cependant, de nombreuses métropoles restent confrontées à des contraintes financières qui limitent leur capacité à déployer de telles solutions. D’où l’importance, selon elle, du partage d’expériences et de la coopération avec des partenaires disposant de données plus précises et de modèles plus performants, d’un accès à l’imagerie satellitaire à moindre coût ou encore de technologies de traitement et de compétences éprouvées.
Ces échanges peuvent aider les municipalités à améliorer la gestion de leurs services et à optimiser leurs ressources. Au-delà des gains d’efficacité, Alissa Raj a insisté sur la portée concrète de ces applications : elles peuvent sauver des vies. Elle a ainsi plaidé pour leur déploiement à plus grande échelle.
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| Saeed Bin Mubarak Al Hajeri, secrétaire d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, a souligné le rôle stratégique de la science et de la technologie dans le développement durable. |
Malgré la diversité de leurs perspectives, les interventions des trois personnalités ont fait ressortir une même conviction : la science et la technologie ne sont plus des domaines d’expertise isolés, mais des composantes essentielles des relations internationales.
Une coopération efficace exige non seulement des mécanismes institutionnels adaptés - fonds de recherche, plateformes d’échanges et réseaux d’entreprises -, mais aussi une compréhension approfondie des réalités sociales, politiques et culturelles de chaque partenaire.
En définitive, la valeur de la technologie se mesure à ses effets concrets : accélérer le développement des énergies propres, mettre l’intelligence artificielle au service du développement ou encore renforcer la capacité des villes à prévenir les catastrophes et à protéger leurs habitants.
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| Alissa Raj, directrice régionale adjointe pour l’Asie du Sud-Est, l’Asie de l’Est et l’Océanie au sein du réseau C40 Cities, a mis en avant le potentiel de la coopération technologique dans la lutte contre le changement climatique. |
Texte et photos : Truong Giang/CVN






