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Le 27 mai, le consulat général de France à Hô Chi Minh-Ville a organisé un colloque consacré aux actifs numériques, réunissant des experts français et vietnamiens. Les discussions ont porté sur le cadre juridique des actifs numériques au Vietnam dans la perspective de la création du Centre financier international de Hô Chi Minh-Ville.
Laisser de l’espace à l’innovation
Lors de son discours d’ouverture, le consul général de France à Hô Chi Minh-Ville, Etienne Ranaivoson, a estimé que les actifs numériques ne relevaient plus seulement de la technologie ou de la finance, mais qu’ils faisaient désormais partie d’un processus de transition économique plus large, influençant le commerce et les modèles économiques mondiaux.
Selon lui, le Vietnam participe activement à l’essor de l’économie numérique, grâce à des capacités technologiques en constante progression et à son ambition de développer des centres financiers internationaux. Il a souligné que la France était prête à accompagner le Vietnam, dans le contexte où les deux pays ont élevé leurs relations au rang de Partenariat stratégique intégral en 2024.
M. Olivier Vigna, directeur général de l’association financière Paris Europlace, a indiqué que le Vietnam figurait actuellement parmi les marchés d’actifs numériques connaissant la croissance la plus rapide au monde, tout en étant une destination prometteuse pour les investisseurs dans les crypto-actifs.
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| Olivier Vigna, directeur général de l’association financière Paris Europlace (au centre), s’exprime lors du colloque. |
| Photo : CTV/CVN |
Concernant les actifs numériques, qui présentent une grande complexité et évoluent rapidement en raison des avancées technologiques, M. Vigna a estimé que l’élaboration du cadre juridique devait garantir une certaine flexibilité afin de pouvoir s’adapter à des réalités entièrement nouvelles.
Ainsi, ce cadre doit trouver un juste équilibre entre, d’une part, la régulation - avec des exigences plus ou moins strictes et prudentes - et, d’autre part, l’ouverture aux technologies et à l’innovation.
"Il est nécessaire de progresser simultanément dans ces deux directions : bâtir un environnement réglementaire clair, équitable et transparent, tout en créant les conditions permettant à la technologie de continuer à se développer", a déclaré M. Vigna.
Nécessité d’un "sandbox"
Partageant l’expérience française, Marianne Jarlaud, représentante de l’Autorité des marchés financiers (AMF) de France, a expliqué que la France abordait les actifs numériques sous l’angle des "crypto-actifs" (crypto assets), évitant d’utiliser le terme de "crypto-monnaies" (crypto currencies) pour désigner ces instruments.
Selon elle, la France a mis en place dès 2017 un cadre juridique national pour les actifs numériques, tout en promouvant un mécanisme de réglementation commun à l’échelle de l’Union européenne, en raison de la nature transfrontalière des transactions liées à ces actifs.
Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA), adopté en 2023, s’applique aux crypto-actifs qui ne sont pas considérés comme des instruments financiers.
Mme Jarlaud a précisé que l’Europe développait également un mécanisme d’expérimentation appelé "sandbox" - un espace d’expérimentation réglementée sous contrôle - permettant à la technologie blockchain d’être utilisée dans les infrastructures financières traditionnelles pendant une durée limitée, sans devoir appliquer l’ensemble des réglementations en vigueur.
Selon elle, ce mécanisme permet aux entreprises et aux autorités de régulation de tester de nouvelles technologies, tout en évaluant leur efficacité et leurs risques avant une éventuelle application à grande échelle.
Truong Giang/CVN



