Lancement de l’Écosystème international de finance maritime

Le 21 mai, à Hô Chi Minh-Ville, le Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC), en coordination avec le groupe Gemadept, a organisé le forum intitulé "Développement de l’écosystème de finance maritime au sein du VIFC-HCMC" et lancé officiellement l’initiative de l’International Maritime Finance Ecosystem (IMFE), l’un des quatre piliers stratégiques du VIFC-HCMC.

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Forum sur l'écosystème de finance maritime.

Cette initiative devrait permettre à Hô Chi Minh-Ville de poser progressivement les bases d’un centre international de finance maritime, tout en rapatriant vers le Vietnam les flux financiers liés à la logistique et au transport maritime.

Rapatrier les flux financiers maritimes vers le Vietnam

Selon Nguyên Công Vinh, vice-président du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, le Vietnam occupe aujourd’hui une place importante dans les «flux de marchandises», tandis que les "flux financiers", qui génèrent la plus forte valeur ajoutée, demeurent largement localisés à l’étranger.

D’après lui, afin de développer durablement l’économie maritime et de renforcer la compétitivité nationale, le Vietnam doit progressivement construire un écosystème complet de finance maritime, dans lequel les capitaux, les services financiers et les activités logistiques seront directement interconnectés sur le territoire national.

"C’est précisément dans cette perspective que Hô Chi Minh-Ville oriente son développement vers un modèle intégrant directement les infrastructures portuaires, la logistique et l’écosystème financier international. Notre ambition est que le VIFC-HCMC ne soit pas seulement un pôle d’attraction des capitaux internationaux, mais également une plateforme de redistribution des flux financiers au service de l’économie maritime vietnamienne", a déclaré M. Vinh.

Selon les autorités municipales, l’IMFE jouera le rôle de plateforme de connexion entre les banques, les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance, les armateurs, les entreprises logistiques et les partenaires internationaux au sein d’un écosystème intégré, favorisant ainsi la relocalisation progressive des services financiers maritimes à forte valeur ajoutée.

Au cours des dernières années, la région méridionale, notamment Hô Chi Minh-Ville et le complexe portuaire de Cai Mep - Thi Vai, s’est affirmée comme l’un des principaux pôles logistiques et portuaires d’Asie du Sud-Est. Des projets d’envergure tels que le port international Gemalink, le système portuaire de Cat Lai ou encore le futur port de transbordement international de Cân Gio renforcent progressivement l’intégration du Vietnam dans les chaînes d’approvisionnement et le commerce mondial.

En 2025, le système portuaire de Hô Chi Minh-Ville devrait traiter plus de 24 millions d’EVP (TEU), se classant au huitième rang mondial selon Lloyd’s List. Cette activité est associée à un volume d’échanges commerciaux d’environ 200 milliards de dollars, soit près de 20% du total des importations et exportations du pays.

Autour de ces infrastructures portuaires, l’écosystème logistique connaît également une forte croissance, couvrant les activités de manutention, d’entreposage, de transit, de dédouanement, de transport intégré de la chaîne d’approvisionnement ainsi que les services d’appui aux opérations d’import-export.

Selon une étude du cabinet de conseil Roland Berger, le trafic de marchandises au Vietnam, en particulier le trafic conteneurisé, a enregistré au cours des quinze dernières années une croissance annuelle moyenne d’environ 11%. En 2025, le volume total traité a atteint près de 34 millions d’EVP, soit cinq fois plus qu’en 2010.

Le Vietnam est ainsi devenu le pays affichant la plus forte croissance du trafic maritime dans la région Asie-Pacifique, devançant l’Inde, la Chine ainsi que plusieurs économies d’Asie du Sud-Est comme la Malaisie et Singapour.

Selon les estimations, la valeur totale des transactions commerciales transitant par les systèmes portuaires régionaux - incluant les marchandises, les services logistiques et les besoins financiers associés - dépasse désormais 1.000 milliards de dollars par an.

Cependant, la majorité des services financiers à forte valeur ajoutée de la chaîne maritime, tels que le financement du commerce international, le financement de navires, l’assurance et la réassurance maritimes, les paiements internationaux ou encore la gestion des risques logistiques, continuent d’être réalisés dans des centres financiers étrangers.

Nguyên Hoàng Anh, chef de projet senior chez Roland Berger, a indiqué que la part de valeur ajoutée actuellement retenue au Vietnam n’est que de 4 à 5%, les services à haute valeur ajoutée tels que l’assurance, les services juridiques maritimes, la finance navale et la réassurance étant principalement structurés à l’étranger.

Par ailleurs, la valeur ajoutée générée par travailleur dans le secteur maritime vietnamien ne représente actuellement que 15.000 à 20.000 dollars par an, contre environ 190.000 à 225.000 dollars à Singapour.

Selon Nguyên Hoàng Anh, le secteur maritime contribue actuellement à hauteur d’environ 1% du PIB vietnamien, soit entre 4 et 5 milliards de dollars. Si la part des transactions financières retenues sur le territoire national atteignait 15% d’ici 2035, l’impact économique additionnel pourrait représenter entre 9 et 10 milliards de dollars.

Cérémonie de signature des mémorandums entre les partenaires pour développer l'écosystème de finance maritime.

Vers un écosystème intégré de finance maritime

Selon Roland Berger, l’IMFE pourrait attirer et développer près de 16 segments spécialisés de services financiers et maritimes. Ces activités visent à répondre directement aux lacunes structurelles du secteur maritime, qu’il s’agisse de financement, d’assurance, de services juridiques, de technologies, de données, de conseil ou encore de soutien au commerce international.

Le cabinet estime que, si sa mise en œuvre respecte le calendrier prévu, l’écosystème international de finance maritime de Hô Chi Minh-Ville pourrait générer un impact économique cumulé de l’ordre de 50 milliards de dollars.

Pham Quoc Long, directeur général adjoint de Gemadept Joint Stock Company, a estimé que le Vietnam et Hô Chi Minh-Ville disposent aujourd’hui de nombreux atouts pour devenir un nouveau hub régional de la finance et du transport maritime. Toutefois, ce potentiel ne pourra être transformé en avantage compétitif durable qu’à condition de lever les contraintes structurelles existantes.

Selon lui, le secteur maritime vietnamien demeure confronté à plusieurs défis majeurs liés aux infrastructures de connectivité, aux services financiers spécialisés, aux mécanismes réglementaires, aux ressources humaines qualifiées ainsi qu’au niveau d’intégration de l’écosystème.

"L’enjeu ne consiste plus seulement à développer davantage de ports ou à accroître les capacités logistiques, mais à bâtir un écosystème de finance maritime cohérent, spécialisé et pleinement connecté aux réseaux internationaux. C’est précisément la mission que l’IMFE entend accomplir", a-t-il souligné.

Le Prof. associé-Docteur Nguyên Huu Huân, vice-président de l’Autorité exécutive du VIFC-HCMC, a indiqué que l’IMFE concentrera dans les prochaines années ses efforts sur plusieurs axes stratégiques, notamment le crédit-bail maritime, les paiements transfrontaliers et l’intégration des technologies fintech dans les activités maritimes.

Selon lui, le VIFC-HCMC étudie également la création d’une plateforme d’échanges financiers maritimes destinée à connecter les opérateurs portuaires, les entreprises logistiques, les banques, les assureurs et les acteurs du commerce extérieur au sein d’un même écosystème. L’objectif est de réorienter progressivement vers Hô Chi Minh-Ville les flux financiers actuellement traités à l’étranger.

Afin d’assurer une mise en œuvre effective et opérationnelle de l’IMFE, une feuille de route en trois phases a été proposée. Au cours des une à deux premières années, les efforts porteront sur la mise en place des fondations, notamment à travers un mécanisme réglementaire de type sandbox, un centre de services à guichet unique et une plateforme de données financières maritimes.

La deuxième phase, couvrant les deux à trois années suivantes, visera à élargir l’écosystème grâce à la transformation numérique, au développement de fonds d’investissement et au soutien à l’innovation.

Enfin, la troisième phase sera consacrée au déploiement de composantes à plus grande échelle, telles que l’arbitrage maritime, les marchés dérivés spécialisés et les instruments avancés de couverture des risques, consolidant ainsi la position de Hô Chi Minh-Ville comme futur centre international de finance maritime.

Texte et photos : Quang Châu/CVN

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