Wall Street clôture dans le rouge, emportée par le conflit au Moyen-Orient

La Bourse de New York a terminé en baisse vendredi 20 mars, à l'issue d'une semaine marquée par des craintes de plus en plus fortes concernant l'envolée des prix de l'énergie à cause du conflit au Moyen-Orient.

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Des opérateurs à la Bourse de New York, le 18 mars.

Le Dow Jones a cédé 0,97%, l'indice Nasdaq a chuté de 2,01% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,51%.

"À l’approche du week-end, les investisseurs sont, sans surprise, un peu nerveux quant à ce qui pourrait se passer" dans les prochains jours sur le front militaire, relève Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.

Donald Trump a déclaré vendredi 20 mars qu'il rejetait l'idée d'un cessez-le-feu avec l'Iran, près de trois semaines après le début du conflit.

Plus tôt, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a assuré vendredi 20 mars que l'Iran avait porté "un coup vertigineux" à ses ennemis.

"Plus le conflit durera, plus les répercussions économiques seront importantes", prévient Angelo Kourkafas.

En une semaine, le S&P 500, indice de référence de la place américaine, a reculé de 1,90%.

"Le risque supplémentaire cette semaine a été les dégâts causés aux infrastructures énergétiques", souligne M. Kourkafas.

Le premier site mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar a subi des dégâts majeurs à la suite de frappes iraniennes.

D'autres sites de production du Golfe mais aussi des raffineries ont été ciblés par des attaques, iraniennes ou israéliennes.

Le risque est que même en cas de fin rapide du conflit, la production mondiale reste au ralenti pour un moment.

Pour Angelo Kourkafas, "la hausse des prix du pétrole ne se contente pas de maintenir la nervosité sur les marchés boursiers, elle modifie également les anticipations en matière de taux".

Avant les premières frappes menées par Israël et les États-Unis en Iran, les investisseurs entrevoyaient une baisse des taux d'intérêt américains en juin ou juillet.

Ils n'en anticipent plus du tout cette année, selon l'outil de veille CME FedWatch, et certains s'attendent même à un resserrement monétaire pour contenir l'inflation.

Ces bouleversements ont secoué le marché obligataire.

Vers 20h20 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'État américain grimpait à 4,38% contre 4,28% à la clôture la veille, un niveau plus vu depuis l'été.

Il s'établissait à 3,94% fin février.

"Cette combinaison toxique inquiète les analystes quant à la capacité des entreprises à maintenir la croissance de leur chiffre d'affaires", note Jose Torres, d'Interactive Brokers.

Côté entreprises, le fabricant américain de serveurs Super Micro Computer a dévissé de plus de 33%, à 20,52 dollars. Son cofondatateur a été accusé d'avoir orchestré le détournement vers la Chine de serveurs intégrant des puces d'intelligence artificielle Nvidia en violation des contrôles américains à l'exportation.

Il a été inculpé jeudi 19 mars par un procureur de New York.

Le groupe américain de livraison de plis et de colis FedEx (+0,77% à 358,85 dollars) a profité de résultats bien meilleurs qu'attendu au troisième trimestre de son exercice décalé 2026, ce qui l'a incité à relever ses prévisions annuelles.

Spécialisée dans les équipements photovoltaïques, l'entreprise SolarEdge Technologies (+13,29% à 51,73 dollars) s'est envolée après une évaluation favorable de la part de Jefferies.

AFP/VNA/CVN

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