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La plateforme nationale d’échange de crédits carbone a été inaugurée à la Bourse de Hanoï (HNX), marquant un tournant majeur dans la mise en place du marché du carbone au Vietnam. Cette initiative contribue à compléter les instruments économiques destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à promouvoir la croissance verte et à soutenir l’objectif de neutralité carbone fixé par le pays à l’horizon 2050.
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| Le Vietnam devrait générer environ 1,9 milliard de dollars américains par an, soit environ 0,3% du PIB, en vendant des crédits carbone sur les marchés internationaux. |
| Photo : VNA/CVN |
Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la HNX, Nguyên Anh Phong, a indiqué que le lancement de cette plateforme s’inscrivait dans la mise en œuvre du projet de développement du marché du carbone approuvé par le Premier ministre, ainsi que des dispositions gouvernementales relatives à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Selon lui, cette plateforme ne constitue pas seulement un outil technique, mais aussi un mécanisme permettant de concilier protection de
l’environnement et développe-ment économique. Elle offre aux entreprises la possibilité d’optimiser leurs coûts grâce aux échanges de quotas et de crédits carbone, tout en favorisant l’innovation technologique et une croissance plus durable. Après son lancement, la HNX poursuivra ses efforts pour garantir un fonctionnement sûr, transparent et efficace du marché, tout en encourageant un plus grand nombre d’entreprises à y participer.
De son côté, la présidente de la Commission d’État des valeurs mobilières, Vu Thi Chan Phuong, a affirmé que le lancement de cette plateforme marquait une nouvelle étape dans le développement d’un marché financier vietnamien plus écologique et transparent. Dans un contexte de défis climatiques, cet outil permettait aux entreprises de moderniser leur production pour réduire leurs rejets. Pour le secteur financier, cela ouvrait un nouveau canal pour attirer et distribuer des fonds vers des projets de développement durable.
Améliorer le cadre réglementaire
Afin d’accompagner les entreprises pendant la phase pilote, qui s’étendra jusqu’à la fin de 2028, le gouvernement a décidé, en vertu de son décret N°29/2026, d’exonérer les participants de tous les frais liés aux transactions sur la plateforme. “Cette décision témoigne de la volonté de l’État d’alléger les coûts supportés par les entreprises et de les encourager à adopter des solutions plus respectueuses de l’environnement”, a déclaré Vu Thi Chan Phuong. Elle a également appelé les organismes de gestion à assurer une surveillance rigoureuse du système informatique, à prévenir les fraudes et à s’inspirer des expériences internationales afin d’améliorer progressivement le cadre réglementaire.
Enfin, le président du conseil d’administration de la Bourse du Vietnam, Luong Hai Sinh, a assuré que la priorité absolue serait donnée à la sécurité, à la stabilité et à la confidentialité des transactions. Les équipes de gestion travailleront avec les ministères concernés pour simplifier les démarches des participants, suivront de près les activités afin de signaler les infractions, et analyseront les difficultés rencontrées afin de proposer des améliorations pour un marché durable.
Le lancement de la plateforme nationale doit accélérer le développement du marché vietnamien du carbone, soutenir les engagements climatiques internationaux du pays, promouvoir la transition vers une économie bas-carbone et fournir aux entreprises un outil de marché pour atteindre les objectifs de développement durable.
Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a attribué des quotas pilotes d’émission de gaz à effet de serre à 110 installations. Il a également mis en place des réglementations relatives au Système national d’enregistrement des quotas d’émission de gaz à effet de serre et des crédits carbone afin de fournir les bases nécessaires à la gestion et à l’échange d’actifs carbone.
On estime que le Vietnam devrait générer environ 1,9 milliard de dollars américains par an, soit environ 0,3% du PIB, en vendant des crédits carbone sur les marchés internationaux si le prix atteint 47 dollars par crédit. Avec des prix du carbone de 33,8 et 20,5 dollars par crédit, les recettes annuelles sont estimées respectivement à environ 1,2 milliard et 600 millions de dollars. Une commission de transaction de 2% des recette pourrait également contribuer à hauteur d’environ 10,4 millions de dollars par an au budget de l’État.
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Soutien financier et technologique
Le gouvernement a promulgué le décret N°112/2026, qui est entré en vigueur le 19 mai 2026, établissant le premier cadre juridique pour l’échange international de résultats de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de crédits carbone dans le cadre de l’Accord de Paris.
En ce qui concerne les taux de transfert, le décret vise à la fois à attirer les investissements et à garantir le respect des engagements nationaux de réduction des émissions de GES. En vertu de la nouvelle réglementation, diverses activités de réduction des émissions sont spécifiquement classées et associées à des limites de transfert international.
Pour la catégorie des mesures et activités de réduction des GES impliquant des technologies nouvelles et coûteuses dont la mise en œuvre au Vietnam est restée limitée, le taux de transfert maximal est fixé à 90%. Plus précisément, ce taux de 90% s’applique aux programmes et projets tels que la géothermie, l’éolien en mer, le solaire hors réseau (d’une puissance inférieure à 15 MW), l’énergie houlomotrice et marémotrice, ainsi que la production d’hydrogène vert, d’ammoniac vert et de biogaz (méthane).
Cette catégorie englobe égale-ment la mise en œuvre de technologies de captage, utilisation et stockage du carbone (CCUS) ou de captage et stockage du carbone (CCS) dans les secteurs de l’industrie, de la production de matériaux de construction et de l’énergie ; le captage direct du CO2 dans l’air ; l’incinération de déchets avec valorisation énergétique ; la récupération et la valorisation du biogaz de décharge ; ainsi que la production de biocarburants.
Par ailleurs, un taux de transfert maximal de 50% s’applique aux mesures et activités déjà déployées au Vietnam mais nécessitant un soutien financier et technologique supplémentaire. Ce plafond de 50% s’applique aux programmes et projets tels que les centrales à cycle combiné gaz (CCGT) utilisant du GNL importé, la production d’énergie à partir de biomasse, l’éolien côtier, ainsi qu’aux projets d’énergies renouvelables ou d’efficacité énergétique préalablement enregistrés dans le cadre du mécanisme de crédit conjoint (JCM) ou transférés du mécanisme de développement propre (MDP) vers le mécanisme de l’article 6.4 (Accord de Paris).
Lorsque les transferts internationaux n’impliquent pas d’ajustement correspondant, le taux de transfert maximal est fixé à 90% du volume total des réductions d’émissions de GES ou des crédits carbone émis pour une période de déclaration donnée, toutes catégories de programmes et projets confondues.
Thê Linh/CVN




