Un 32e Sidaction pour raviver une lutte fragilisée

Pour empêcher le sida de regagner du terrain, le Sidaction bat plus fort le rappel pour la lutte contre le VIH, "prise en étau" entre des coupes budgétaires et des attaques croissantes contre les droits des homosexuels, des transgenres ou des femmes.

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Un 32e Sidaction pour raviver une lutte contre le VIH fragilisée. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Depuis 2025 et l'arrêt des aides des États-Unis de Donald Trump, la lutte contre le VIH est prise en étau. D'un côté, de multiples baisses de financements, y compris par la France. De l'autre, une montée de mouvements réactionnaires qui s'attaquent aux droits des femmes, des personnes LGBT+, des migrants", décrit Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Moins de prévention, moins de dépistage, moins d'accès aux soins, c'est le risque d'"une catastrophe annoncée : une reprise de l'épidémie de sida", alerte-t-elle à l'occasion de la 32e édition, de vendredi à dimanche, de l'événement caritatif organisé par l'association et soutenu par une trentaine de télévisions et radios.

Désormais, il est possible de vivre avec le VIH quand on est sous traitement, mais on ne guérit toujours pas du sida avec une élimination totale du virus.

Les dons au Sidaction, possibles par téléphone (110), SMS (92110) ou internet, servent à financer des recherches, des soins, des programmes d'aide aux personnes vivant avec le VIH, en France et à l'étranger, comme en Afrique. L'édition 2025 a totalisé 3,9 millions d'euros de promesses de dons, un peu plus que la précédente.

Dans un "violent contexte budgétaire", l'association pointe qu'elle a maintenu, voire légèrement augmenté, son appui aux acteurs de la lutte contre le VIH ces trois dernières années. En 2025, elle a ainsi mis un fonds d’urgence à disposition des plus touchés par les coupes états-uniennes.

"Notre combat, c’est l’amour. Ce fil est ténu, mais il ne rompra pas", clame l'association présidée par la codécouvreuse du virus du sida au début des années 1980 et prix Nobel de médecine 2008 Françoise Barré-Sinoussi, qui insiste sur le "soutien vital" des donateurs.

Si les traitements antirétroviraux et les outils de prévention innovants comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ont permis des progrès majeurs, près de 41 millions de personnes vivent encore avec le VIH dans le monde, dont un quart environ sans traitement. Et près de 600.000 meurent chaque année des suites du sida.

Combattre les idées fausses

En France, quelque 180.000 personnes vivent avec le VIH et le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité stagne autour de 5.000, dont environ un tiers chez des femmes.

Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, pose à Paris.
Photo d'archives : AFP/VNA/CVN

Autres préoccupations : un bond des découvertes de séropositivité chez les 15–24 ans depuis une dizaine d'années, un moindre usage du préservatif chez les jeunes, un recours insuffisant à la PrEP, des risques de contamination accrus par le "chemsex".

"On a beau avoir certains progrès thérapeutiques, encore faut-il favoriser l'information, le dépistage, l'accès aux soins sur le terrain. Or la baisse des financements publics en France fragilise de nombreuses associations soutenues par Sidaction : elles doivent arrêter des projets, licencier", déplore Florence Thune.

Autre écueil : la méconnaissance et les idées fausses sur le VIH persistent, parfois ravivées par des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux.

Trois jeunes sur quatre pensent par exemple que le virus peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement, selon un sondage Opinionway pour l'association - effectué en ligne du 4 au 22 février auprès d'un échantillon de 1.516 personnes représentatif de la population de 15 à 24 ans.

"Il faut marteler les messages de prévention et combattre la sérophobie", souligne la responsable, désolée que "malgré les décennies qui passent, la contamination reste ressentie comme un stigmate".

Face à "un virus qui nous tient tête depuis plus de quarante ans", Sidaction en appelle aussi à la générosité pour soutenir les scientifiques, également percutés par la chute de financements.

S'ils cherchent toujours un vaccin, les scientifiques œuvrent pour permettre une rémission persistante de porteurs du virus ou pour alléger la charge des traitements. Moins contraignant que la PrEP en comprimés et très attendu, un traitement injectable et à longue durée d'action est ainsi arrivé récemment en France.

AFP/VNA/CVN

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