>>Un équipage spatial quitte la Terre pour l'ISS en pleine pandémie
>>Premier vol habité de la capsule Dragon vers l'ISS prévu en mai
>>L'astronaute américaine revient "heureuse" sur Terre, après 11 mois à bord de l'ISS
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Photo diffusée par l'Agence spatiale russe Roscosmos du retour sur Terre de l'équipage de l'ISS à bord de la capsule Soyouz, le 17 avril à Jezkazgan, au Kazakhstan. |
La capsule avec à son bord Andrew Morgan, Jessica Meir et Oleg Skripotchka a atterri dans les steppes du Kazakhstan à 05h16 GMT, selon l'Agence spatiale russe Roskosmos. Il s'agit du premier retour sur Terre d'un équipage de l'ISS depuis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré en mars la pandémie globale du coronavirus.
"L'atterrissage a été réussi ! (...) Bienvenue à la maison Oleg Skripotchka, Andrew Morgan et Jessica Meir !", s'est enthousiasmé Roskosmos sur son compte Twitter. Contrairement à la tradition, l'atterrissage n'a pas été retransmis en direct ni par la L'Agence spatiale américaine (NASA), ni par l'Agence spatiale russe Roskosmos, évoquant des "restrictions techniques liées à la situation épidémiologique".
Même si le lieu de l'atterrissage pour ce trio est resté le même que pour les équipages précédents, dans les steppes à 147 km au sud-est de la ville kazakhe de Jezkazgan, la pandémie a imposé quelques modifications de la procédure. Ainsi, les équipes chargées de l'accueil des spationautes ont été toutes testées au COVID-19 et obligées de porter des vêtements et des masques de protection.
De premières images vidéo diffusées par Roskosmos ont montré l'un des membres de l'équipe d'accueil en train de dire à ses collègues : "Gardez vos distances, s'il vous plaît". Peu avant son retour sur Terre, Jessica Meir, biologiste marine, a confié à la presse qu'il serait difficile pour elle de s'adapter aux nouvelles règles de la distanciation sociale imposées par la pandémie.
"Je pense que je me sentirai plus isolée sur Terre qu'ici", a estimé l'astronaute, qui est entrée dans l'histoire en participant en octobre 2019 à la première sortie spatiale 100% féminine, effectuée avec Christina Koch. "Nous sommes rentrés sur une planète différente mais elle reste spectaculaire", a-t-elle tweeté vendredi 17 avril une fois de retour sur Terre. Le lieu de départ habituel des spationautes vers leurs pays de résidence - l'aéroport de Karaganda, fermé comme des centaines d'autres aéroports à travers le monde en raison de COVID-19 - a également été modifié.
Ainsi, M. Skripotchka va regagner la Russie à bord d'un avion au départ du cosmodrome de Baïkonour, utilisé pour les lancements vers l'ISS. Pour leur part, les astronautes de la NASA vont partir en direction des États-Unis à bord d'un avion depuis la ville de Kyzylorda.
Fin d'un monopole
Alors que la planète mène son combat contre le COVID-19, l'ISS entre aussi dans une nouvelle ère en s'apprêtant à accueillir en mai les astronautes transportés pour la première fois par la capsule Crew Dragon de SpaceX.
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Photo diffusée par l'Agence spatiale russe Roscosmos du cosmonaute russe Oleg Skripotchka dans la capsule Soyouz lors du retour sur Terre de l'équipage de l'ISS, le 17 avril à Jezkazgan, au Kazakhstan. |
La fusée de l'entreprise du milliardaire Elon Musk va lancer cette capsule avec les astronautes de la Nasa Bob Behnken et Doug Hurley à bord depuis la Floride, mettant fin ainsi au monopole de la Russie, seul pays depuis 2011 à effectuer des vols habités vers l'ISS. Les deux astronautes vont y passer entre deux et trois mois, en cassant le rythme habituel des séjours à la station qui durent en général au moins six mois.
Ils rejoindront à bord le Russe Anatoli Ivanichine et l'astronaute de la NASA, Chris Cassidy. Arrivés à la station le 9 avril, ceux-ci sont devenus les premiers à être envoyés dans l'espace après la déclaration de la pandémie. L'ISS est un rare exemple de coopération internationale n'ayant pas été mise à l'arrêt par les tensions de ces dernières années entre la Russie et les pays occidentaux.