Pétrole : Trump cherche à atténuer les effets du conflit au Moyen-Orient

Les États-Unis ont annoncé le 18 mars une série de mesures visant à faciliter le commerce de pétrole, un signe de l'empressement de Donald Trump à limiter la forte hausse des prix à la pompe provoquée par le conflit au Moyen-Orient.

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Une station-service américaine à Houston (Texas) le 16 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président américain a notamment mis sur pause - pour 60 jours - une loi empêchant le transport de carburant par des bateaux non américains.

Selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, cette mesure s'inscrit dans un effort plus large "visant à atténuer les perturbations à court terme sur le marché pétrolier".

En parallèle, le ministère américain des Finances a annoncé le 18 mars qu'il continuait à lever les sanctions économiques que les États-Unis avaient imposées au Venezuela, une initiative qu'il juge gagnante pour les deux pays.

Donald Trump avait assuré au début du mois que la flambée des cours des hydrocarbures était "un petit prix à payer pour la paix et la sécurité" mondiale.

Mais en l'absence d'accalmie sur les marchés, il a ensuite opéré une volte-face et levé temporairement des sanctions visant le pétrole russe.

Il a aussi pressé les membres de l'OTAN et les pays dépendant du pétrole du Golfe à l'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations de la région qui reste pratiquement bloqué depuis plus de deux semaines.

Depuis les premières attaques en Iran lancées par les États-Unis et Israël, les cours du pétrole brut ont bondi de près de 50%.

Cette flambée est largement ressentie à la pompe. Un gallon d'essence (3,78 litres) coûte désormais 3,84 dollars, contre 2,98 dollars fin février, selon les données de référence de l'association automobile américaine AAA.

Le vice-président américain JD Vance lors d'une visite à l'usine de fabrication d'Engineering Design Services Inc. à Auburn Hills, Michigan, le 18 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les semaines à venir s'annoncent difficiles, mais ce n'est que temporaire", a jugé le 18 mars le vice-président JD Vance, en visite dans une usine du Michigan (Nord).

"Trop modeste" 

Vieux de plus d'un siècle, le "Jones Act" oblige les transporteurs maritimes à utiliser des navires construits et possédés par des Américains lorsqu'ils effectuent des liaisons entre deux ports du pays.

Sa suspension "augmentera la flotte de pétroliers disponible, réduisant ainsi les goulets d'étranglement dans le transport", estiment les analystes de S&P Global.

Selon eux, "une livraison typique" allant des sites de productions dans le golfe du Mexique à la côte Atlantique "peut coûter environ 3 à 4 dollars de plus par baril" lorsqu'elle est réalisée par un navire compatible avec le "Jones Act" plutôt qu'un pétrolier étranger.

Seulement "une fraction" des navires dans le monde correspondent aux standards du "Jones Act", souligne Colin Grabow, expert du sujet.

Selon le chercheur du Cato Institute, "les incertitudes portent simplement sur l'ampleur" des effets du gel de cette loi.

L'annonce n'a en tous cas pas eu d'effet notable sur les cours du brut, qui continuait d'évoluer en nette hausse le 18 mars.

Josh Lipsky, expert au centre d'analyses Atlantic Council, ne s'attend pas à des conséquences très importantes, estimant la mesure "trop modeste pour influencer les forces plus importantes à l’œuvre dans le Golfe".

En revanche, il met en avant la durée de la dérogation choisie par les autorités américaines. Selon lui, cela "laisse présager" un conflit qui s'éternise.

En réponse à une attaque contre l'un de ses sites gaziers, l'Iran a dit le 18 mars vouloir cibler des installations énergétiques dans le Golfe.

Le chef de la diplomatie de Téhéran a aussi promis de poursuivre un conflit aux "répercussions mondiales (...), sans distinction de richesse, de croyance ou de race".

AFP/VNA/CVN

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