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| Le président de la Fed, Jerome Powell. |
| Photo : Reuteurs/VNA/CVN |
À l'issue de deux jours de réunion, la banque centrale de la première économie mondiale a sans surprise laissé ses taux d'intérêt en l'état le 18 mars - ils sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre.
Les changements sont ailleurs : elle a relevé sa prévision d'inflation aux États-Unis.
Avant le conflit et l'envolée des cours de l'énergie, la banque centrale pensait que la hausse des prix pourrait être canalisée autour de 2,4% d'ici fin 2026.
Désormais, selon la médiane de leurs projections, les responsables monétaires n'entrevoient quasiment aucun progrès pendant l'année avec une inflation au mieux à 2,7%, contre 2,8% en janvier.
Le coût de la vie est un sujet lancinant dans le pays. Donald Trump a promis d'améliorer le pouvoir d'achat des Américains mais plusieurs de ses politiques (droits de douane, conflit contre l'Iran) ont un impact tangible sur les prix.
Le conflit au Moyen-Orient, et l'envolée des cours de l'énergie qui en découle, va accentuer l'inflation "à court terme", a observé le président de la Réserve fédérale Jerome Powell en conférence de presse.
La Fed est "très consciente" que les États-Unis connaissent depuis cinq ans un niveau d'inflation supérieur à ce que vise l'institution (2%), a-t-il souligné, évoquant "une série de chocs" (COVID-19, guerres, droits de douane).
Il a toutefois mis en garde contre des conclusions hâtives.
"Personne ne sait" quelles seront vraiment les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l'économie américaine et donc la politique monétaire, a-t-il déclaré.
Le patron de la Réserve fédérale a pris soin d'écarter pour l'instant tout scénario de "stagflation", un mix d'inflation et de faible croissance, relève Diane Swonk, économiste chez KPMG.
Jerome Powell "n'aime pas ce mot" parce qu'il lui rappelle les épisodes "des années 1970 où on avait du chômage et de l'inflation à deux chiffres", pense-t-elle, jugeant toutefois que les États-Unis sont bien confrontés à risque "de type stagflationniste".
Une baisse, peut-être
La Fed s'est montrée plus unie qu'en d'autres occasions récentes.
Onze responsables sur douze ont voté pour le statu quo.
Seul le gouverneur Stephen Miran, ancien conseiller économique de Donald Trump en poste depuis septembre, voulait une baisse des taux d'un quart de point.
Globalement, les banquiers centraux américains penchent en faveur d'une seule détente (un abaissement des taux directeurs d'un quart de point) cette année.
Dans le détail, une bonne part d'entre eux n'en imaginent pas du tout. Aucun n'entrevoit de hausse, selon le relevé anonymisé communiqué par la Fed.
L'inertie sur les taux n'est pas du goût de Donald Trump, qui réclame inlassablement une politique beaucoup plus accommodante pour réduire les coûts d'emprunt des Américains comme de l'État fédéral.
"Quand +Trop tard+ Powell baissera-t-il les TAUX?" écrivait-il sur sa plateforme Truth Social, avant la décision.
Le président américain affirme que l'impact du conflit sur les prix de l'énergie sera de courte durée.
En attendant, l'augmentation des prix à la pompe est impopulaire et l'exécutif américain a annoncé mercredi 18 mars plusieurs mesures visant calmer les cours.
Statu quo aussi sur la succession
Lors de sa conférence de presse, M. Powell a pris quelques secondes pour faire une mise au point sur sa propre situation.
Il a affirmé qu'il ne quitterait pas la Fed tant qu'une procédure à son encontre "ne sera pas bel et bien terminée, dans la transparence et de manière définitive".
M. Powell faisait référence à une initiative d'une procureure proche de Donald Trump au sujet du dérapage de la facture des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington.
La démarche a été interprétée, y compris par des élus du camp présidentiel, comme une attaque téléguidée contre l'indépendance de la banque centrale.
Le mandat de président de Jerome Powell prend fin en mai, mais il pourrait rester plus longtemps si la nomination de son successeur désigné, Kevin Warsh, est bloquée au Sénat.
AFP/VNA/CVN




