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| Une victime de l'attentat à la bombe contre une mosquée chiite d'Islamabad, qui a fait au moins 31 victimes, est transportée à l'hôpital, le 6 février. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
L’attaque, non revendiquée pour l’instant, s’est produite le 6 février, au moment où les mosquées pakistanaises étaient bondées de fidèles venus assister à la grande prière hebdomadaire. Selon un haut responsable de la police, le bilan humain, déjà très lourd, pourrait encore s’alourdir.
Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier commis dans la capitale pakistanaise depuis septembre 2008, lorsque 60 personnes avaient été tuées dans une attaque-suicide au camion piégé contre l’hôtel Marriott d’Islamabad.
Muhammad Kazim, 52 ans, se trouvait dans la mosquée Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra, située dans le quartier de Tarlai, en périphérie de la capitale, au moment de l’explosion. "Pendant la première inclinaison du namaz, nous avons entendu des coups de feu", a-t-il confié devant l’hôpital de l’Institut pakistanais des sciences médicales (PIMS), où de nombreux blessés ont été transportés. "Alors que nous étions encore inclinés, une explosion a retenti".
L’homme s’en est sorti indemne, mais décrit une scène de chaos. "L’explosion a été extrêmement puissante. Des débris sont tombés du toit, les fenêtres ont volé en éclats. Quand je suis sorti, il y avait des corps éparpillés partout". Il a également dénoncé le manque de mesures de sécurité, affirmant que la protection des lieux reposait essentiellement sur des bénévoles insuffisamment équipés.
La minorité chiite sous menace persistante
La municipalité d’Islamabad a confirmé la mort d’au moins 31 personnes. Selon une source sécuritaire, l’assaillant aurait été intercepté à l’entrée de la mosquée avant d’actionner sa charge explosive. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque, rappelant que les violences visant des civils et des lieux de culte sont inacceptables.
Le Pakistan, majoritairement sunnite, compte toutefois une importante minorité chiite, représentant entre 10 et 15% de la population, régulièrement ciblée par des groupes extrémistes. Des journalistes ont observé l’arrivée de nombreuses victimes au PIMS, parmi lesquelles des enfants, transportées dans des ambulances ou des véhicules privés. Des scènes de panique et de détresse ont marqué l’arrivée des blessés et des corps aux urgences, placées sous haute surveillance.
Sur les lieux de l’explosion, les forces de sécurité ont sécurisé le périmètre, tandis que des traces de sang, des chaussures abandonnées et des débris jonchaient le sol. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité reste à vérifier, montrent plusieurs corps près de l’entrée de la mosquée et des dégâts importants dans la salle de prière.
Le Premier ministre, Shehbaz Sharif, a fermement condamné l’attentat, promettant que les responsables seraient traduits en justice.
Cet attentat survient dans un contexte de recrudescence des violences insurgées, notamment dans les régions frontalières avec l’Afghanistan et au Baloutchistan, où de récents affrontements ont fait de nombreuses victimes. Les autorités affirment avoir intensifié leurs opérations, annonçant l’élimination de près de 200 insurgés ces derniers jours.
AFP/VNA/CVN



