My Son met en lumière un patrimoine épigraphique exceptionnel

Le site du patrimoine mondial de l'UNESCO de My Son engage l'inventaire, l'étude et la traduction de cinquante inscriptions anciennes. Une démarche destinée à mieux préserver et valoriser l'un des plus remarquables héritages épigraphiques de la civilisation cham.

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Le sanctuaire de My Son est un ensemble architectural exceptionnel qui s’est développé durant près de dix siècles, du IVe au XIIIe siècle. 
Photo : VNA/CVN

Des experts et archéologues du sanctuaire de My Son, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO situé dans la ville de Dà Nang (Centre), ont lancé un projet d’évaluation et de recherche portant sur une collection d’inscriptions gravées sur grès et terre cuite, en vue de constituer un dossier de reconnaissance patrimoniale.

Nguyên Van Tho, responsable de la gestion du site du patrimoine mondial de My Son, dans la commune de Thu Bôn (ville de Dà Nang), a indiqué que ce projet, lancé en mai dernier, portera sur une collection de 50 inscriptions.

Il a précisé que cet ensemble, daté du Ve au XIIIe siècle, comprend des inscriptions gravées sur des stèles en grès et en terre cuite, des poutres en saillie, des éléments architecturaux ainsi que des piédestaux.

Le Comité de gestion du site a également indiqué que certaines de ces inscriptions sont conservées et exposées au Musée national d’histoire du Vietnam ainsi qu’au Musée de sculpture cham de Dà Nang.

Il a ajouté que des travaux de traduction des inscriptions anciennes avaient été entrepris dès le début du XXe siècle, mais que plusieurs des principales inscriptions demeurent encore non traduites ou n’ont pas encore été mises au jour sur le site.

En 2018, des inscriptions en sanskrit gravées sur des stèles de pierre du sanctuaire de My Son ont été traduites en vietnamien et en anglais dans le cadre d’un projet conjoint mené par des scientifiques vietnamiens et indiens.

Des experts du site du patrimoine mondial de l’UNESCO de My Son examinent une stèle portant une ancienne inscription gravée dans la pierre. Photo : VNA/CVN

En mai dernier, des experts indiens et des spécialistes de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) ont participé à un nouveau programme de traduction de ces anciennes inscriptions en sanskrit, langue liturgique de l’hindouisme.

Selon le Comité de gestion, My Son conserve un ensemble exceptionnel d’inscriptions en sanskrit et en ancien cham gravées sur des stèles de pierre et de brique, principaux matériaux utilisés pour la construction du sanctuaire. Ces témoignages écrits constituent un patrimoine d’une valeur historique, culturelle et scientifique exceptionnelle.

Le sanctuaire de My Son demeure un site archéologique unique ainsi qu’un important centre de recherche sur la civilisation cham. Plus de 70 temples et tours y ont été édifiés entre le IVe et le XIIIe siècle à l’aide de briques assemblées avec un liant naturel.

L’archéologue et architecte polonais Kazimierz Kwiatkowski, dit "Kazik", a largement contribué à l’inscription du sanctuaire sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999. Entre 1981 et 1995, lui et son équipe ont consolidé plusieurs tours en ruine et dégagé différents ensembles monumentaux, contribuant à leur sauvegarde avant qu’ils ne soient davantage dégradés par les intempéries et le temps.

Des archéologues italiens ont ensuite poursuivi la restauration du groupe G entre 1997 et 2000. Puis, de 2017 à 2022, des experts indiens ont restauré les tours des groupes K, A et H.

Une ancienne inscription gravée sur une stèle en grès conservée au sanctuaire de My Son. 
Photo : Công Thành/CVN

L’an dernier, des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour une ancienne voie reliant la tour K au complexe central. Cette route sacrée aurait été empruntée entre les Xe et XIIe siècles par les souverains et les prêtres du royaume de Champa lors des cérémonies religieuses dédiées aux divinités hindoues.

Le sanctuaire de My Son demeure l’une des destinations patrimoniales les plus prisées du Centre du Vietnam, aux côtés de la vieille ville de Hôi An et de la Réserve mondiale de biosphère de Cù Lao Chàm - Hôi An.

Parallèlement, la ville de Dà Nang prépare un projet de restauration d’urgence afin de préserver les vestiges du monastère bouddhiste de Dông Duong, ainsi qu’un complexe de tours cham et un autel-piédestal datant de l’ancien royaume de Champa.

Vue aérienne du sanctuaire de My Son. 
Photo : VNA/CVN

L’écho d’un royaume disparu

Niché dans une vallée d’environ deux kilomètres de diamètre, sur la commune de Duy Phu, à quelque 70 km au sud-ouest de Dà Nang, le sanctuaire de My Son rassemble plus de 70 édifices en brique et en pierre construits entre le IVe et le XIIIe siècle.

Principal centre religieux et architectural du royaume de Champa, cet ensemble de temples, consacré au culte de Bhadresvara, illustre l’influence de la civilisation indienne à travers ses tours pyramidales symbolisant le mont Meru, ses stèles en sanskrit et ses remarquables bas-reliefs en grès.

Développé pendant près de dix siècles, My Son reflète la richesse de la vie religieuse, politique et artistique du royaume de Champa. L’architecture des sanctuaires et leur iconographie témoignent du haut niveau de maîtrise technique et de la sophistication spirituelle de cette civilisation. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999, le site constitue aujourd’hui l’un des plus précieux témoignages de l’architecture et de la pensée religieuse cham.

Thuy Hà/CVN

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