Moyen-Orient : les marchés boursiers se donnent le temps d'y voir clair

Les Bourses européennes ont commencé la séance mardi 21 avril sur une note prudente, tout comme le marché du pétrole, à la veille de la fin prévue du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, et sans savoir si les deux belligérants allaient reprendre les pourparlers.

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Des opérateurs à la Bourse de New York le 20 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

À 07h45 GMT, Paris (-0,08%) et Londres (+0,07%) naviguaient de part et d'autre du point d'équilibre. Francfort (+0,64%) et Milan (+0,28%) s'engageaient franchement dans le vert.

Boussoles des marchés et indicateurs des risques d'inflation, les cours du pétrole pointaient en légère baisse. À 07h30 GMT, le prix du baril de Brent de mer du Nord reculait (-0,38%) à 95,12 dollars, tout comme celui du WTI américain (-0,55% à 89,12 dollars).

Le doute plane mardi 21 avril sur une possible reprise des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis.

Entrée en vigueur le 8 avril, dans une guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient et ébranle l'économie mondiale, la trêve doit se conclure "mercredi soir 22 avril, heure américaine", a affirmé Donald Trump. L'échéance était initialement prévue dans la nuit de mardi 21 avril à mercredi 22 avril, heure de Téhéran.

"L'humeur du marché est optimiste mardi" même si "les États-Unis et l'Iran ne sont pas parvenus à un accord sur la prolongation du cessez-le-feu actuel, qui expire demain", estime Kathleen Brooks, de la plate-forme d'investissements en ligne XTB.

"Les investisseurs hésitent à intégrer le pire scénario possible pour le conflit au Moyen-Orient, et le marché reste optimiste quant à une prolongation du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran au-delà de mercredi 22 avril", ajoute-t-elle.

"Cette résistance des Bourses s'explique par plusieurs facteurs", selon Christopher Dembik, de la banque privée Pictet.

"Abondance de la liquidité, résultats trimestriels loin d'être mauvais y compris dans les secteurs plus vulnérables à la crise, conviction que l'inflation sera temporaire et que les banques centrales ne vont pas surréagir, lassitude des investisseurs concernant les soubresauts du conflit en Iran, etc.", énumère-t-il.

L'Asie a terminé sa journée sur une note optimiste notamment à Séoul. L'indice phare Kospi a grimpé de 2,72% clôturant à un niveau record, dopé par les valeurs technologiques (Samsung Electronics +2,10%, SK Hynix +4,97%), et effaçant les pertes entraînées précédemment par le conflit au Moyen-Orient.

"Les valeurs technologiques apportent une ambiance positive et pleine d'espoir sur les marchés boursiers. En revanche, l'appétit pour les entreprises de l'+ancienne économie+ diminue en raison de la situation toujours incertaine au Moyen-Orient", résume à Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.

Sur ce marché des valeurs technologiques, la nouvelle du jour est l'annonce du départ en septembre du directeur d'Apple Tim Cook, remplacé par un cadre-maison, John Ternus.

"Les investisseurs veulent savoir si Ternus va se lancer dans la course à l'IA ou s'il suivra la voie tracée par Cook", affirme Kathleen Brooks de chez XTB.

"Parmi toutes les entreprises des +Sept magnifiques+, Apple est considérée comme le maillon faible en matière de capacités d'IA, (...) surtout en comparaison d'Amazon, Meta, Google et Microsoft", explique-t-elle.

Le marché des taux obligataires à l'écoute de la FED

Sur le marché de la dette souveraine, les yeux seront tournés plus tard dabs la journée vers l'audition par le Sénat américain du candidat qui a les faveurs du président américain pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh.

"Warsh a soutenu que les gains de productivité liés à l'IA pourraient contribuer à compenser l'inflation, permettant potentiellement à la Fed de réduire les taux malgré une poussée temporaire des prix liée à l'énergie", analyse Ipek Ozkardeskaya, pour Swissquote.

"S'il maintient cette position, les rendements à court terme pourraient se détendre davantage, soutenant ainsi les actions", ajoute l'analyste.

En attendant, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans affichaient un rendement de 4,25%. En Europe, la référence, le "Bund" allemand à dix ans promettait un rendement de 2,98%, comme la veille. Le taux français reculait légèrement à 3,60%, contre 3,61% la veille.

"Les craintes inflationnistes liées à la hausse de l'énergie persistent et pourraient limiter les marges de manœuvre des banques centrales", souligne le gestionnaire de fonds Aurel BGC.

AFP/VNA/CVN

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