MECA : plusieurs accords de coopération signés

Des entreprises vietnamiennes et francophones ont signé divers accords de coopération dans le cadre de la première Mission économique et commerciale de la Francophonie au Vietnam, tenue du 21 au 26 mars.

>>Une grande cérémonie à Hanoï

>>"Une forte impulsion" à la coopération économique francophone

>>Faire des affaires entre francophones

Divers accords de coopération ont été signés entre des entreprises vietnamiennes et francophones dans le cadre de la MECA.
Photo : An Dang/VNA/CVN

Les accords signés sont concentrés dans l’agro-industrie, notamment le transfert de technologies dans la fabrication et l’import-export de café, de thé, de noix de cajou, de fibres de coton, ainsi que dans les produits à contenu numérique, a précisé Henri Monceau, directeur de la Direction de la Francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Conduite par la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, la première Mission économique et commerciale de la Francophonie au Vietnam et au Cambodge (MECA), tenue du 21 au 26 mars à Hô Chi Minh-Ville et à Hanoï, a obtenu des résultats "concrets et encourageants", a estimé Henri Monceau. "Nous remercions les autorités vietnamiennes pour cette coopération +sans faille+ qui a permis aux entreprises francophones d’avoir des interlocuteurs de grande qualité, à tout moment, des rencontres d’affaires fructueuses, de visiter des sociétés locales très intéressantes", a-t-il exprimé. Et d’ajouter que "les entreprises ont eu beaucoup d’interactions fécondes, leur permettant d’envisager de futures coopérations ensemble".

D’après lui, des pré-accords et accords sont en train d’être discutés entre sociétés, outre ceux qui ont été signés sur place à cette occasion comme les accords-cadres sur le plan du café, du thé et du coton entre le Vietnam et le Burkina Faso. Il y a aussi des commandes à des entreprises vietnamiennes. On peut citer, entre autres, une entreprise exportatrice de machines de transformation de noix de cajou de Hô Chi Minh-Ville qui est en négociation avec un partenaire de la Côte d’Ivoire afin d’améliorer le degré de traitement de ce produit agricole dans le pays d’Afrique occidentale. Il y a également des discussions en cours sur la création de salles de classe virtuelle dans le cadre scolaire entre une entreprise française basée à Guadeloupe et une société à Hanoï.

Objectifs ambitieux

"Il est encore un peu tôt pour donner un bilan tout à fait chiffré. On pourra le faire plus tard. Mais on a déjà ces éléments très concrets, très encourageants", a reconnu Henri Monceau. À travers sa première MECA, l’OIF vise plusieurs objectifs, a-t-il informé. "Nous souhaitons aller le plus loin possible dans la création des meilleures conditions pour que les entreprises internationales venues de 24 pays de l’espace francophone, majoritairement d’Afrique mais aussi d’Europe, d’Amérique du Nord et de l’Océan indien, puissent nouer des relations d’affaires avec les sociétés vietnamiennes, pour les bénéfices de toutes les parties. Car la MECA est une mission multilatérale, qui permet des dialogues entre entreprises visiteuses et entreprises visitées, mais aussi parfois entre entreprises visiteuses elles-mêmes. On peut avoir la coopération Sud-Sud, et des accords tripartites conclus comme ceux entre la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Vietnam, ou entre la France, le Rwanda et le Vietnam”.

Concernant le suivi spécifique des échanges entre entreprises, cela relève avant tout des sociétés et des groupements d’entreprises ou des cadres qui les entourent, par exemple la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI). C’est la responsabilité des acteurs nationaux, a estimé l’expert de la Francophonie économique. L’OIF a par contre un rôle à jouer en tant qu’organisation multilatérale active sur les questions économiques qui est celui de tirer un bilan de ce type d’expériences puisqu’il y aura une Mission économique et commerciale de la Francophonie dans trois mois en Afrique centrale et il y en a d’autres en 2023, a-t-il fait savoir.

Un autre objectif, selon le chef de la Direction de la Francophonie économique et numérique de l’OIF, c’est de montrer à tous les acteurs, y compris au plus haut niveau, les potentiels économiques de l’espace francophone représentant 16% du Produit intérieur brut mondial (PIB) et 20% des échanges mondiaux. "Mais on peut aller encore plus loin" en essayant de faire en sorte que cela soit demain pas seulement 16% mais 17% ou 18% du PIB mondial, et peut-être de 25% des échanges mondiaux en 2030. "On doit fixer ces objectifs ambitieux", a-t-il insisté.

Rencontres en face-à-face entre entreprises vietnamiennes et francophones dans le cadre de la MECA à Hô Chi Minh-Ville, du 21 au 23 mars.
Photo : Quang Châu/CVN

Expérience de terrain

"Ce que nous avons encore comme responsabilité, c’est de tirer la matière de cette Mission pour alimenter les débats des diplomates francophones, au sein des instances multilatérales, dans le domaine du commerce comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), le Centre du commerce international (CCI), la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), ou la Commission des Nations unies pour le droit commercial international (CNUDCI), etc. Là, nous sommes présents dans ces enceintes en tant que Francophonie et le but est de défendre les intérêts de nos États et gouvernements membres au sein de ces institutions en se basant sur l’expérience de terrain que nous pouvons acquérir à travers ce type de missions", a précisé Henri Monceau.

Et d’ajouter : "Nous voulons que tous ces acteurs prennent aussi l’importance des enjeux des entreprises et des entrepreneurs. Ainsi, nous pouvons avoir une action à 360 degrés, depuis l’entrepreneur jusqu’au règlement international". La première MECA a affirmé encore une fois le soutien de l’OIF à ce pays qui joue le rôle central de la Francophonie en Asie-Pacifique, une région parmi les plus dynamiques au monde.

Le Vietnam a adhéré à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), prédécesseur de l’OIF, en 1979. Depuis, les relations entre le pays et la communauté francophone n’ont cessé de se développer. En 1997, Hanoï a accueilli le VIIe Sommet de la Francophonie mais aussi à cette occasion le premier Forum économique de cette communauté.

Deux installations permanentes de l’OIF en Asie sont au Vietnam : la Représentation régionale Asie-Pacifique (REPAP) est implantée à Hanoï et le Centre régional francophone d’Asie-Pacifique (CREFAP) à Hô Chi Minh-Ville. Et maintenant, la première Mission économique et commerciale de la Francophonie s’est déroulée au Vietnam. "Ce sont des relations privilégiées dans cette zone très dynamique", a souligné Henri Monceau. Autrement dit, ce sont en effet "des gages d’amitié, de coopération et de partenariat entre la Francophonie et le Vietnam qui sont très très forts", a-t-il conclu.

Hoàng Lan/CVN