Ne pas gaspiller le temps, ne pas laisser passer les opportunités de développement

Le gaspillage ne se limite plus aux pertes financières, aux biens publics ou aux ressources foncières. Dans cette nouvelle phase de développement, il se manifeste également par chaque jour de retard, chaque procédure administrative inutilement complexe, chaque projet qui s’éternise et chaque opportunité de développement manquée.

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Alors que le Vietnam accélère sa marche vers l’objectif de devenir un pays développé à l’horizon 2045, la lutte contre le gaspillage du temps et des opportunités de développement n’est plus seulement une exigence de bonne gouvernance, mais une nécessité impérieuse.

Améliorer les compétences et créer des opportunités de développement pour les travailleurs. 
Photo : VNA/CVN

Ce n’est pas un hasard si, lors de la conférence de bilan des six premiers mois de 2026 du secteur des affaires intérieures du Parti et des activités des Comités directeurs provinciaux de lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques négatives, Lê Minh Tri, membre du Bureau politique, secrétaire du Comité central du Parti et président de la Commission centrale des affaires intérieures, a souligné que "la lutte contre le gaspillage ne doit pas se limiter aux ressources financières et aux biens publics, mais doit également accorder une attention particulière au gaspillage du temps et des opportunités de développement". Il a appelé les organes de l’État à élaborer des critères concrets permettant de mesurer ce type de gaspillage afin de définir clairement les responsabilités de chaque organisme, organisation et individu.

Cette orientation s’inscrit dans le droit fil des instructions du secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, qui a appelé à mettre fin aux situations où les citoyens et les entreprises perdent inutilement du temps et des efforts en raison de procédures administratives lourdes et complexes. Il a également insisté sur la nécessité de remédier aux lenteurs administratives, aux attitudes de passivité, aux renvois de responsabilité et à la crainte de prendre des décisions, autant de facteurs qui freinent le développement. Le dirigeant vietnamien a clairement souligné que le gaspillage ne réside plus uniquement dans les pertes de biens publics, mais aussi dans les projets retardés, les blocages qui tardent à être levés, l’épuisement des ressources, l’alourdissement des coûts, l’érosion de la confiance, l’apparition d’obstacles invisibles et, surtout, la perte d’opportunités de développement pour le pays.

Moment décisif de développement 

Le Vietnam est entré dans une nouvelle phase de développement, caractérisée par l’exigence d’une croissance élevée afin d’atteindre les objectifs stratégiques fixés pour 2035 et 2045. Dans ce contexte, chaque décision retardée et chaque ressource immobilisée risquent de faire perdre au pays des opportunités précieuses. Les ressources financières peuvent être reconstituées, mais le temps perdu et les occasions manquées sont irrémédiables. Dès lors, lutter contre le gaspillage signifie avant tout lutter contre le gaspillage du temps et des opportunités de développement.

L’urgence de cette problématique est illustrée par les chiffres présentés lors de la 30ᵉ réunion du Comité directeur central de lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques négatives. À l’issue d’un réexamen à l’échelle nationale, 4.492 ouvrages et projets étaient encore en souffrance ou retardés, dont 1.531 seulement avaient été réglés. Par ailleurs, sur 30.595 bâtiments et terrains devenus excédentaires à la suite de la réorganisation de l’appareil administratif, 14.992 seulement avaient été remis en exploitation ou réaffectés.

Chaque projet retardé ne se traduit pas seulement par une augmentation des coûts d’investissement. Chaque terrain laissé vacant ne représente pas uniquement une perte pour le patrimoine public. Plus préoccupant encore, ces ressources ne sont pas mobilisées au service de la production et des activités économiques, ne créent pas d’emplois et ne contribuent pas à l’objectif actuel d’une croissance à deux chiffres.

C’est pourquoi le Comité directeur central a exigé que soient définitivement réglées, dès 2026, les questions liées aux projets en souffrance ainsi qu’aux bâtiments et terrains publics excédentaires, afin de libérer les ressources et de soutenir la dynamique de développement du pays.

Cependant, si le gaspillage des biens publics peut être mesuré en chiffres, celui du temps est plus difficile à quantifier. Plus discret, il n’en est pas moins lourd de conséquences. Une procédure administrative qui s’éternise peut faire perdre à une entreprise une opportunité d’investissement ; un projet retardé peut priver une localité de son avantage concurrentiel ; une décision adoptée trop tard peut faire manquer à tout un secteur une occasion de se développer. Lutter contre le gaspillage du temps, c’est donc préserver les moteurs de la croissance.

De son vivant, le Président Hô Chi Minh rappelait : "Le travail du jour doit être achevé le jour même, sans le remettre au lendemain. N’oubliez jamais que le peuple vous rémunère, par le fruit de sa sueur et de son labeur, pour le temps que vous consacrez à votre mission".

Plus d’un demi-siècle après, cet enseignement conserve toute son actualité, d’autant plus que le pays exige aujourd’hui un niveau de rapidité et d’efficacité sans précédent. Pour lutter contre le gaspillage du temps et des opportunités de développement, il ne suffit pas de traiter des cas isolés. Il est plus important encore de perfectionner les institutions, de renforcer le contrôle du pouvoir et de définir clairement les responsabilités de chaque organisme, de chaque organisation et de chaque individu. Il est également nécessaire d’élaborer des critères concrets permettant de mesurer le gaspillage du temps et des opportunités de développement, afin de disposer d’une base objective pour évaluer les responsabilités et l’efficacité de l’action publique.

Parallèlement, la transformation numérique doit être accélérée afin de réduire les délais de traitement des dossiers, de renforcer la transparence et de mieux contrôler l’exercice du pouvoir grâce aux données. Au cours du premier semestre 2026, la Commission centrale des affaires intérieures a numérisé 4.846 documents émis, 20.615 documents reçus et poursuivi la numérisation ainsi que le classement de 304.888 pages d’archives. Ces résultats ne traduisent pas seulement les progrès de la transformation numérique ; ils constituent également un levier essentiel pour raccourcir les délais de traitement, réduire les coûts supportés par la société et limiter les risques de dérives et de pratiques négatives.

Aujourd’hui, la ligne directrice définie par le Comité central consiste à passer résolument d’une logique de traitement des conséquences à une logique de prévention précoce ; d’une simple opération de recensement à un règlement définitif des problèmes ; et de la détection des infractions à la prévention du gaspillage dès son apparition. Pour y parvenir, les responsables doivent véritablement faire preuve d’initiative, d’audace et assumer pleinement leurs responsabilités. Car chaque attitude d’évitement, chaque renvoi de responsabilité ou chaque attente d’instructions supplémentaires se traduit par une perte de temps et par des opportunités de développement qui s’évanouissent.

Le Vietnam se trouve aujourd’hui à un moment décisif de son développement. Pour concrétiser les objectifs stratégiques fixés pour 2035 et 2045, toutes les ressources doivent être utilisées avec la plus grande efficacité. Au-delà des ressources financières, foncières ou des biens publics, le temps et les opportunités de développement doivent également être considérés comme des ressources nationales précieuses. Dès lors, lutter contre le gaspillage ne consiste pas seulement à prévenir les pertes, mais aussi à préserver et à valoriser les opportunités de croissance afin de créer de nouvelles ressources et de nouveaux moteurs au service d’un développement rapide et durable du pays.

VNA/CVN

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