>> Les paiements scripturaux frôlent le seuil des 30 fois le PIB
>> Ambition de porter la contribution du secteur à capitaux étrangers à 30% du PIB
>> Le PIB du Vietnam progresse de 8,39% au deuxième trimestre
![]() |
| La croissance a été enregistrée dans l’ensemble des secteurs, notamment l’industrie, la construction, les services et l’agriculture. |
| Photo : VNA/CVN |
Cette révision reflète la dynamique positive de la production industrielle, des investissements et des flux d’investissements directs étrangers (IDE), malgré les risques liés aux tensions géopolitiques et aux incertitudes du commerce mondial.
L’économie vietnamienne aborde le second semestre de 2026 sur une base plus favorable que prévu. Selon les données publiées le 3 juillet par l’Office national des statistiques, le PIB du deuxième trimestre a progressé de 8,39% en glissement annuel, contre 7,94% au premier trimestre, portant la croissance des six premiers mois à 8,18%.
Dans sa dernière mise à jour, UOB estime que ces résultats dépassent largement ses prévisions initiales, dans un contexte marqué par la prolongation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le maintien des prix de l’énergie à un niveau élevé. La croissance a été enregistrée dans l’ensemble des secteurs, notamment l’industrie, la construction, les services et l’agriculture, permettant au Vietnam de conserver sa position d’économie affichant la croissance la plus rapide au sein de l’ASEAN.
Sur cette base, UOB a relevé de 1,5 point de pourcentage sa prévision de croissance du PIB vietnamien en 2026, désormais fixée à 8,5%. L’établissement financier estime toutefois que l’objectif de croissance de 10% fixé par le gouvernement vietnamien restera difficile à atteindre dans un environnement économique mondial encore incertain.
Selon UOB, le principal moteur de la croissance continue d’être le secteur manufacturier. D’autres facteurs sont l’industrie manufacturière, la consommation finale, les flux d’investissements étrangers.
Pour UOB, ces résultats témoignent de la poursuite de la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales, dont le Vietnam continue de bénéficier. L’importance des nouveaux engagements d’investissement laisse également espérer une accélération des décaissements au cours des derniers mois de 2026, qui pourrait devenir l’une des meilleures années en matière d’attraction des IDE.
Le rapport relève toutefois une évolution défavorable de la balance commerciale. Les exportations de marchandises ont augmenté de 22,8% au deuxième trimestre, mais les importations ont progressé beaucoup plus rapidement, de 38,14%, entraînant un deuxième trimestre consécutif de déficit commercial, estimé à environ 11,8 milliards de dollars. Sur l’ensemble des six premiers mois, le déficit commercial a atteint près de 15 milliards de dollars, contrastant avec l’excédent de 7,9 milliards enregistré à la même période en 2025.
Selon UOB, cette situation ne résulte pas d’un affaiblissement des exportations, mais principalement de la hausse des coûts d’importation de l’énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les importations de produits pétroliers ont atteint environ 4,8 milliards de dollars.
La banque estime cependant que ces pressions pourraient progressivement diminuer si les prix de l’énergie se stabilisent après la reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran et le rétablissement des activités de transport dans le détroit d’Ormuz. Dans ce scénario, le Vietnam pourrait retrouver une situation d’excédent commercial d’ici la fin de l’année.
Parallèlement, l’inflation montre des signes de ralentissement après une période de hausse. L’indice des prix à la consommation (IPC) de juin a augmenté de 4,69% sur un an, contre plus de 5% les deux mois précédents. Sur les six premiers mois, l’IPC a progressé de 4,38%, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à 4,12%.
UOB estime que les mesures gouvernementales visant à soutenir les prix des carburants et à encourager l’utilisation des véhicules électriques et des biocarburants ont contribué à limiter les pressions inflationnistes. Toutefois, l’évolution des cours mondiaux du pétrole reste un facteur à surveiller en raison de la situation géopolitique encore instable.
Dans ce contexte de croissance soutenue et de ralentissement progressif de l’inflation, UOB prévoit que la Banque d’État du Vietnam continuera de maintenir une politique monétaire stable durant le reste de l’année.
La banque estime qu’une hausse des taux d’intérêt serait peu efficace face à une inflation principalement liée aux coûts, tandis qu’une baisse des taux resterait prématurée tant que l’inflation demeure proche de l’objectif fixé. Le scénario le plus probable serait donc le maintien des taux directeurs actuels.
Sur le marché des changes, UOB considère que le dông vietnamien conserve une bonne capacité de résistance. Le taux de change dollar américain/dông vietnamien est resté relativement stable en juin, autour de 26.300 dôngs pour un dollar, grâce à la gestion flexible de la Banque d’État du Vietnam.
À moyen terme, UOB prévoit une poursuite de la stabilité du taux de change et une évolution progressive à la baisse. La banque estime également que la perspective d’une éventuelle reclassification du marché boursier vietnamien au statut de marché émergent en septembre 2026 pourrait soutenir davantage les flux d’investissements indirects dans les prochains mois.
VNA/CVN



