>> Une approche multidisciplinaire pour un traitement efficace du cancer du sein
>> Le Vietnam veut développer un écosystème national de santé spécialisé
>> Avancées technologiques pour optimiser l'efficacité de la chirurgie rachidienne
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| Photo : Thanh Tuê/CVN |
De l'analyse des images médicales à la médecine personnalisée, en passant par la télémédecine et l'hôpital intelligent, le Professeur associé-Docteur Lê Hông Quang, chef de la clinique de chirurgie mammaire de l’hôpital K, détaille les avancées déjà concrètes au Vietnam, tout en rappelant un principe fondamental : la technologie doit renforcer l'expertise du médecin, jamais ne s’y substituer.
La Résolution n°57-NQ/TW identifie la science, les technologies, l’innovation et la transformation numérique comme des moteurs essentiels du développement du Vietnam dans cette nouvelle phase. Selon vous, en quoi ces orientations transforment-elles aujourd’hui le diagnostic et le traitement du cancer du sein au Vietnam ?
À l'hôpital K, et plus particulièrement au sein du service de chirurgie mammaire, nous considérons que notre première responsabilité est d'assumer pleinement notre rôle de centre de référence national dans la lutte contre le cancer. Dans cette perspective, l'actualisation permanente des connaissances, l'intégration des avancées scientifiques et technologiques les plus récentes ainsi que leur application au diagnostic, au traitement et à la gouvernance hospitalière ne relèvent pas seulement d'une exigence professionnelle : elles constituent un véritable enjeu stratégique pour le développement de notre établissement.
Depuis de nombreuses années, nous nous attachons à déployer les techniques les plus avancées afin de rapprocher la qualité de nos pratiques des standards des plus grands centres internationaux de cancérologie. Parallèlement, nous poursuivons une profonde modernisation de notre modèle de gestion en faisant de la transformation numérique un levier majeur d'amélioration de la performance hospitalière.
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| Infographie : VNA/CVN |
À cet égard, la Résolution n°57-NQ/TW a incontestablement constitué une impulsion décisive. En consacrant la science, la technologie, l'innovation et la transformation numérique comme des piliers du développement national, elle a ouvert de nouvelles perspectives pour l'ensemble du secteur de la santé. Pour l'oncologie en particulier, elle crée un environnement favorable à l'accélération de l'intégration de technologies de pointe telles que l'intelligence artificielle (IA), le Big Data, les dossiers médicaux électroniques, la santé numérique ou encore le modèle de l'hôpital intelligent.
Depuis le milieu de l'année 2025, l'hôpital K a franchi plusieurs étapes majeures dans son processus de transformation numérique. Le déploiement généralisé du dossier médical électronique intelligent est désormais effectif ; plusieurs solutions d'intelligence artificielle destinées à assister le diagnostic et la prise en charge thérapeutique sont progressivement intégrées dans notre pratique clinique ; parallèlement, nous poursuivons le développement des infrastructures nécessaires à la construction d'un véritable hôpital intelligent, en adéquation avec les exigences de la médecine moderne.
Au cours des prochaines années, nous continuerons à investir prioritairement dans les infrastructures numériques de santé, la constitution de bases de données médicales intégrées et l'élargissement des applications de l'intelligence artificielle, aussi bien dans les activités cliniques que dans la gestion hospitalière. Notre ambition est double : améliorer encore la qualité du diagnostic, des traitements et de la gouvernance médicale, tout en optimisant les processus de travail afin d'accompagner plus efficacement les médecins, les infirmiers et les équipes de direction.
À terme, cette transformation devra avant tout se traduire par une meilleure prise en charge et une amélioration tangible de l'expérience ainsi que des résultats thérapeutiques des patients.
L'IA est aujourd'hui considérée comme l'une des technologies les plus prometteuses pour transformer la médecine moderne. Comment est-elle actuellement utilisée à l'Hôpital K, et plus largement en cancérologie, notamment dans l'analyse des images médicales, les concertations multidisciplinaires et l'élaboration des stratégies thérapeutiques pour les patientes atteintes d'un cancer du sein ?
Il convient tout d'abord de souligner que l'intelligence artificielle n'appartient plus au domaine des perspectives futures : elle est d'ores et déjà devenue un outil majeur au service de la pratique médicale contemporaine. À l'hôpital K, nous avons fait le choix d'intégrer progressivement l'IA dans de nombreux domaines de spécialité afin d'améliorer la précision diagnostique, de réduire les délais d'analyse des informations médicales et d'optimiser l'ensemble du parcours de soins.
Mais son apport le plus précieux est sans doute ailleurs : en automatisant un certain nombre de tâches techniques, elle permet aux médecins de consacrer davantage de temps à ce qui constitue le cœur de leur métier, à savoir l'examen clinique, le dialogue avec les patients et l'accompagnement thérapeutique.
L'une des applications les plus avancées concerne aujourd'hui l'analyse des images médicales. Dans l'interprétation des radiographies, notamment lorsqu'il s'agit de détecter des lésions de très petite taille ou difficilement perceptibles, les algorithmes d'intelligence artificielle constituent une aide précieuse pour le dépistage précoce, l'évaluation et le suivi des anomalies.
Cette contribution prendra encore davantage d'importance avec le développement des programmes nationaux de bilans de santé périodiques et de dépistage organisé.
À mesure que des millions de dossiers médicaux seront numérisés, l'IA deviendra un outil indispensable pour gérer ces volumes considérables de données, identifier rapidement les situations suspectes et améliorer l'efficacité des campagnes de dépistage à grande échelle.
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| Infographie : VNA/CVN |
Au sein du service de chirurgie mammaire, nous développons également des modèles d'intelligence artificielle capables d'estimer, avant l'intervention chirurgicale, le risque d'atteinte ganglionnaire axillaire chez les patientes atteintes d'un cancer du sein. Cette approche demeure encore très innovante, y compris à l'échelle internationale.
Une meilleure évaluation préopératoire permet d'adapter plus finement la stratégie thérapeutique, d'éviter certaines chirurgies inutilement extensives et de réduire le risque de complications, notamment le lymphœdème ou les limitations fonctionnelles du membre supérieur. Cette évolution illustre parfaitement la manière dont l'IA accompagne le développement d'une médecine toujours plus personnalisée.
L'intelligence artificielle apporte également des résultats particulièrement convaincants en anatomopathologie. Jusqu'à présent, les anatomopathologistes devaient examiner manuellement des dizaines, voire des centaines de champs microscopiques avant d'établir un diagnostic.
Désormais, les lames numérisées peuvent être analysées automatiquement par des systèmes d'IA capables de signaler les zones suspectes nécessitant une attention particulière. Les spécialistes peuvent ainsi concentrer leur expertise sur les régions les plus pertinentes, tout en réduisant le temps d'analyse et en améliorant la précision ainsi que la reproductibilité du diagnostic.
Au-delà de son apport clinique, l'intelligence artificielle participe également à la transformation de la gouvernance hospitalière. L'hôpital K fonctionne désormais entièrement avec un dossier médical électronique, offrant aux médecins un accès immédiat à l'ensemble des données cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques du patient sur une plateforme unique.
Cette infrastructure numérique facilite également l'organisation des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), qui peuvent désormais être conduites de manière beaucoup plus fluide dans un environnement entièrement dématérialisé. Nos premières évaluations montrent que cette évolution permet aux professionnels de santé de réduire d'environ 30% le temps consacré aux tâches administratives, un gain précieux qui peut être réinvesti dans les activités médicales et la prise en charge des patients.
La télémédecine constitue un autre axe majeur de notre développement. L'Hôpital K organise aujourd'hui des réunions de concertation régulières avec les spécialistes de l'Institut national du cancer du Japon, à raison d'une session toutes les deux semaines, tout en maintenant des échanges scientifiques continus avec des experts venus des États-Unis, de France ainsi que d'autres grands centres internationaux de cancérologie, notamment dans les domaines des tumeurs solides, de la neuro-oncologie et de l'oncologie pédiatrique.
Les technologies numériques abolissent désormais les distances géographiques et permettent aux médecins vietnamiens d'accéder beaucoup plus rapidement aux connaissances, aux innovations et à l'expertise des meilleurs spécialistes internationaux, au bénéfice direct des patients.
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| Le Professeur associé-Docteur Lê Hông Quang s'entretient, le 1er juillet, avec une patiente originaire de la commune de Hy Cuong, dans la province de Phu Tho (Nord). |
| Photo : Câm Sa/CVN |
Parallèlement, cette dynamique de transformation numérique crée les conditions nécessaires au déploiement de techniques thérapeutiques de pointe, parmi lesquelles la chirurgie robot-assistée appliquée aux cancers digestifs, gynécologiques et urologiques. Cette évolution démontre que les technologies numériques ne se limitent pas à améliorer la gestion hospitalière : elles contribuent directement à faire progresser la qualité des traitements.
En définitive, l'intelligence artificielle s'impose progressivement comme un véritable partenaire du médecin. Elle l'assiste dans l'analyse des données, le diagnostic, l'évaluation pronostique et l'aide à la décision clinique. Mais sa véritable valeur n'est pas de remplacer l'expertise humaine.
Elle réside dans sa capacité à permettre aux médecins d'exercer leur métier avec davantage de précision, d'efficacité et de disponibilité auprès des patients. C'est précisément cette vision qui guide la stratégie de transformation numérique poursuivie aujourd'hui par l'hôpital K.
Si l'IA offre des perspectives considérables, la plupart des spécialistes estiment qu'elle ne pourra jamais remplacer totalement le médecin. Selon vous, quelles sont aujourd'hui ses limites en pratique clinique et comment concilier innovation technologique, sécurité, fiabilité et dimension humaine des soins ?
L'IA ouvre des perspectives extraordinaires pour la médecine, mais elle soulève également de nouvelles exigences sur les plans réglementaire, scientifique et éthique. À mes yeux, le point essentiel consiste à définir avec précision la place que doit occuper l'IA dans la pratique clinique. Elle doit être considérée comme un outil d'aide à la décision médicale et non comme un substitut au médecin.
Le Vietnam met progressivement en place un cadre réglementaire destiné à accompagner le développement de l'intelligence artificielle et de la transformation numérique. Cette évolution favorise l'intégration des nouvelles technologies dans le système de santé tout en fixant des principes clairs en matière de responsabilité, d'éthique et de sécurité des patients. C'est une condition indispensable pour encourager l'innovation sans jamais compromettre la qualité des soins ni les droits des patients.
En médecine, chaque décision thérapeutique engage directement la santé, voire la vie du patient. Dès lors, même si l'intelligence artificielle est capable d'analyser d'immenses volumes de données, de suggérer un diagnostic ou de proposer différentes options thérapeutiques, la décision finale doit toujours relever du médecin.
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| Chaque jour, le Professeur associé-Docteur Lê Hông Quang (centre) effectue sa visite dans sa clinique pour suivre au plus près l'évolution de l'état de santé de ses patients. |
| Photo : Câm Sa/CVN |
C'est lui qui examine le patient, apprécie l'ensemble de son état clinique, choisit la stratégie thérapeutique la plus adaptée et assume la responsabilité médicale, juridique et déontologique de cette décision.
À l'inverse, une décision reposant exclusivement sur un algorithme, sans validation ni discernement clinique, créerait un vide inacceptable, tant sur le plan scientifique que juridique et éthique. C'est pourquoi, à l'hôpital K, nous appliquons un principe très clair : toutes les solutions fondées sur l'intelligence artificielle et toutes les initiatives de transformation numérique doivent être développées autour d'un postulat fondamental selon lequel le médecin demeure le décideur final. La technologie accompagne la décision médicale ; elle ne s'y substitue jamais.
Par ailleurs, plus l'intelligence artificielle progresse, plus les exigences envers les professionnels de santé deviennent élevées. Les médecins doivent naturellement maintenir un haut niveau d'expertise clinique, mais ils doivent également acquérir une véritable culture numérique, comprendre le fonctionnement, les performances, les limites et les conditions d'utilisation des systèmes d'IA afin de pouvoir les intégrer dans leur pratique avec discernement, sécurité et esprit critique. Dans cette perspective, la coopération scientifique internationale joue également un rôle déterminant.
Elle nous permet d'accéder aux innovations les plus récentes, d'en évaluer la pertinence et de sélectionner les technologies les mieux adaptées aux réalités du système de santé vietnamien.
J'insiste souvent sur un point essentiel : l'intelligence artificielle ne diminue pas le rôle du médecin ; elle le renforce. Elle nous aide à traiter plus rapidement des volumes considérables de données, à automatiser certaines tâches techniques et à améliorer l'efficacité de notre pratique. En revanche, l'empathie, le jugement clinique, la relation de confiance avec le patient, le sens des responsabilités et la prise de décision face à une situation humaine complexe demeurent des qualités profondément humaines, qu'aucun algorithme ne pourra remplacer.
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| Photo : BVK/CVN |
C'est précisément cette conviction qui guide le développement de l'hôpital intelligent à l'hôpital K. Notre objectif n'est pas de remplacer l'humain par la technologie, mais d'utiliser la technologie pour renforcer les capacités des professionnels de santé. Le patient demeure au centre de notre action, tandis que le médecin reste l'acteur principal de chaque décision clinique.
Le taux de survie à cinq ans des patientes atteintes d'un cancer du sein au Vietnam atteint désormais près de 85 à 90%, un niveau comparable à celui de nombreux pays développés. Selon vous, quelles devront être les priorités de la cancérologie vietnamienne dans les années à venir afin de continuer à améliorer les résultats thérapeutiques et la qualité de vie des patients ?
À mon sens, même si la médecine entre aujourd'hui dans l'ère de l'intelligence artificielle, des mégadonnées (Big Data) et de la santé numérique, la priorité fondamentale de la cancérologie demeure inchangée : renforcer la prévention, favoriser le dépistage précoce et garantir une prise en charge rapide. C'est cette stratégie qui produit les bénéfices les plus importants, tant sur le plan médical qu'économique, tout en préservant durablement la qualité de vie des patients.
Dans le cancer du sein comme dans l'ensemble des pathologies cancéreuses, le diagnostic précoce reste le facteur déterminant du pronostic. Lorsqu'une tumeur est détectée à un stade initial, les chances de guérison et de survie augmentent considérablement.
Les traitements sont généralement moins invasifs, les complications et les séquelles à long terme sont réduites, tandis que le coût de la prise en charge diminue sensiblement. Au-delà des résultats médicaux, c'est aussi la qualité de vie des patients qui s'en trouve durablement préservée.
C'est précisément pour cette raison que les politiques nationales de santé accordent une place prioritaire à la médecine préventive et au dépistage organisé. Je considère que cette orientation est pleinement conforme aux évolutions de la médecine moderne et constitue l'un des investissements les plus pertinents pour améliorer durablement la santé de la population.
Pour autant, il ne s'agit nullement d'opposer les nouvelles technologies à la prévention. Bien au contraire, les progrès de la transformation numérique, du dossier médical électronique, de l'intelligence artificielle, de l'Internet des objets (IoT) ou encore des hôpitaux intelligents constituent autant de leviers stratégiques pour renforcer l'efficacité du dépistage, du diagnostic et des traitements.
Ces outils permettront aux équipes médicales de gérer des volumes de données toujours plus importants, d'identifier plus précocement les personnes à risque et de mettre en œuvre des stratégies thérapeutiques toujours plus précises et personnalisées.
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| Le Professeur associé-Docteur Lê Hông Quang (droite) à une intervention chirurgicale aux côtés de son équipe. |
| Photo : BVK/CVN |
En d'autres termes, l'intelligence artificielle ne remplace pas la stratégie de prévention et de dépistage précoce ; elle lui donne une nouvelle dimension, en permettant son déploiement à plus grande échelle, avec davantage de rapidité, de précision et d'efficacité. C'est, selon moi, la véritable valeur ajoutée et la contribution durable de la transformation numérique en cancérologie.
Parallèlement aux investissements technologiques, nous considérons que l'éducation à la santé constitue une mission essentielle. L'Hôpital K, et en particulier le service de chirurgie mammaire, mène de nombreuses actions de sensibilisation afin d'améliorer les connaissances du grand public sur la prévention des cancers et d'encourager la population à participer aux programmes de dépistage conformément aux recommandations médicales.
Nous travaillons régulièrement avec les médias nationaux et les chaînes de télévision pour diffuser des informations médicales fiables et scientifiquement validées. Nous développons également de nombreuses initiatives de communication en partenariat avec le Fonds "Demain plus lumineux", ainsi qu'à travers les plateformes numériques et les réseaux sociaux de l'hôpital, afin de rendre les connaissances médicales plus accessibles au grand public.
Par ailleurs, l'hôpital K organise activement des campagnes de consultation et de dépistage dans de nombreuses provinces du pays, en collaboration avec le Fonds "Demain plus lumineux" et différents partenaires institutionnels. Notre ambition est de permettre à un nombre toujours plus important de citoyens d'accéder à un dépistage de qualité avant même l'apparition des premiers symptômes. Dans la lutte contre le cancer, le dépistage précoce demeure, sans aucun doute, la clé du succès thérapeutique.
Je suis convaincu que la combinaison d'une politique ambitieuse de médecine préventive, d'un système de dépistage de plus en plus performant et des avancées de la science, en particulier de l'intelligence artificielle et de la transformation numérique, permettra à la cancérologie vietnamienne de franchir une nouvelle étape de son développement. L'objectif est non seulement d'améliorer les résultats thérapeutiques, mais aussi d'offrir aux patients une espérance de vie plus longue et une meilleure qualité de vie.
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| Infographie : VNA/CVN |
En tant que spécialiste ayant consacré de nombreuses années au traitement du cancer du sein, quel message souhaiteriez-vous adresser aux femmes vietnamiennes afin de les encourager à se faire dépister précocement et à privilégier des traitements fondés sur des preuves scientifiques ?
Le premier message que je souhaite adresser aux femmes vietnamiennes, mais aussi à l'ensemble de nos concitoyens, est le suivant : prenez soin de votre santé avant même l'apparition de la maladie. N'attendez pas les premiers symptômes pour consulter, car, pour le cancer du sein comme pour la plupart des cancers, le dépistage précoce demeure le facteur déterminant du succès thérapeutique.
Aujourd'hui, le Parti et l'État mettent en œuvre d'importantes politiques visant à renforcer la protection de la santé de la population, notamment à travers le développement des bilans de santé périodiques et des programmes de dépistage. Ces initiatives offrent à chacun des conditions de plus en plus favorables pour surveiller régulièrement son état de santé, détecter une éventuelle maladie à un stade précoce et bénéficier d'une prise en charge rapide si nécessaire.
L'expérience clinique le démontre chaque jour : lorsqu'un cancer est diagnostiqué précocement, les chances de guérison sont très élevées. Les traitements sont généralement moins lourds, entraînent moins de complications et coûtent beaucoup moins cher que lorsqu'ils sont entrepris à un stade avancé.
Plus important encore, ils permettent aux patients de préserver leur qualité de vie, de poursuivre leurs activités professionnelles, de prendre soin de leur famille et de retrouver une vie normale après les traitements.
Je tiens également à souligner un point essentiel : les patients doivent accorder leur confiance à la médecine fondée sur les preuves et aux traitements dont l'efficacité a été scientifiquement démontrée. Dans notre pratique quotidienne, nous rencontrons encore des personnes qui retardent leur prise en charge en recourant à des remèdes empiriques ou à des thérapies non validées scientifiquement. Elles perdent ainsi un temps précieux, ce que nous appelons souvent la "fenêtre thérapeutique" ou le "moment décisif" du traitement. C'est particulièrement regrettable, car chaque retard peut compromettre le pronostic de la maladie.
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| Le Professeur associé-Docteur Lê Hông Quang, (centre) et le Docteur Thomas Meresse, de l'Institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole (3e, gauche) ainsi que ses collègues à la clinique de chirurgie mammaire - Hôpital K. |
| Photo : NVCC/CVN |
De notre côté, en tant que professionnels de santé, notre responsabilité ne se limite pas au traitement des patients. Nous devons également continuer à intégrer les avancées les plus récentes de la science, des technologies et de la médecine moderne afin d'offrir des méthodes diagnostiques et thérapeutiques toujours plus efficaces, plus sûres et plus respectueuses de la personne.
Je suis convaincu que si chacun devient acteur de sa propre santé, si notre système de santé poursuit sa modernisation et si les progrès scientifiques, notamment en matière d'intelligence artificielle et de transformation numérique, sont pleinement mis au service de la pratique médicale, nous continuerons à améliorer significativement la prévention et la prise en charge des cancers au Vietnam.
Le message que je souhaite laisser à chaque femme vietnamienne est finalement très simple : aimez-vous suffisamment pour prendre soin de votre santé. Faites régulièrement des bilans médicaux, participez aux programmes de dépistage et faites confiance à une médecine fondée sur des preuves scientifiques. Car le dépistage précoce ne sauve pas seulement des vies : il préserve aussi la qualité de vie, le bonheur des familles et l'avenir de toute la société.
Propos recueillis par Câm Sa/CVN











