>> La production manufacturière d'octobre poursuit sa progression
>> La production manufacturière devrait rebondir au troisième trimestre
>> La production industrielle maintient son rôle de moteur de la croissance économique
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| Shan Saeed, économiste en chef chez IQI Global Malaysia. |
| Photo : VNA/CVN |
Solide performance du premier semestre
Le PIB réel du Vietnam a progressé de 8,18% au premier semestre, contre 7,63% un an plus tôt. La croissance s’est accélérée, passant de 7,94% (chiffre révisé) au premier trimestre à 8,39% au deuxième, témoignant d’une forte dynamique économique, a-t-il indiqué à l’Agence vietnamienne d’information (VNA).
Plus important encore, la composition de cette croissance révèle une transformation structurelle. La valeur ajoutée industrielle a bondi de 9,86% en glissement annuel au premier semestre, tandis que les services ont progressé de 8,09%. Le secteur de la fabrication et de la transformation, pilier du modèle économique vietnamien axé sur les exportations et les investissements, a enregistré une croissance de 10,23%.
L’économie vietnamienne ne se contente plus d’un avantage concurrentiel fondé principalement sur une main-d’œuvre bon marché. Le pays gravit les échelons de la chaîne de valeur régionale grâce à une plus grande sophistication industrielle, une intensité capitalistique plus élevée et une intégration plus poussée aux réseaux de production de l’électronique, des machines, des composants et des technologies.
Shan Saeed a noté que le volume total des échanges commerciaux du Vietnam a frôlé les 549,69 milliards de dollars au premier semestre, soit une hausse de 27,1% sur un an. Les exportations ont progressé de 21% pour atteindre 266,52 milliards de dollars, tandis que les importations ont bondi de 33,4% à 283,17 milliards de dollars.
Cette forte augmentation des importations est principalement due aux machines, aux équipements de production, aux composants, aux matières premières et aux biens intermédiaires, ce qui témoigne d’une expansion industrielle, d’une reconstitution des stocks et d’investissements dans la chaîne d’approvisionnement, plutôt que d’une frénésie d’importations liée à la consommation.
L’économiste malaisien a toutefois mis en garde contre un déficit commercial prolongé qui alimenterait la demande de devises étrangères et renforcerait l’importance des recettes d’exportation, des entrées de capitaux durables et d’une gestion rigoureuse du taux de change.
Fin juin, les investissements étrangers nouvellement enregistrées atteignaient 34,65 milliards de dollars, soit une hausse de 61% sur un an, tandis que les IDE réalisés progressaient de 11,2% pour s’établir à 13,03 milliards de dollars, ce qui représente la meilleure performance du premier semestre depuis 2022.
Les investisseurs internationaux ne se contentent pas de suivre la croissance actuelle du Vietnam, ils se positionnent pour le prochain cycle industriel. L’électronique, les semi-conducteurs, la fabrication de pointe, la logistique, les infrastructures et les énergies propres apparaissent comme les principaux vecteurs de conversion des engagements d’investissement en capacités de production à long terme.
L’écart entre les investissements enregistrés et les investissements réalisés demeure crucial. La capacité du Vietnam à accélérer la transformation des promesses en projets concrets sera l’un des facteurs les plus importants de sa performance au second semestre, a déclaré Shan Saeed.
Les perspectives d’inflation au Vietnam se sont améliorées en juin. L’indice des prix à la consommation a reculé de 0,39% par rapport à mai, tout en progressant de 4,69% sur un an. L’inflation moyenne du premier semestre s’est établie à 4,38%, l’inflation sous-jacente augmentant de 4,12% par rapport à la même période l’année précédente.
Avec une inflation globale et sous-jacente toujours supérieures à 4%, le Vietnam doit trouver un juste équilibre entre le soutien au crédit, la stabilité monétaire, la résilience du système financier et le risque de nouvelles pressions inflationnistes, a-t-il indiqué, estimant que les conditions monétaires peuvent continuer à soutenir la croissance, mais qu’un assouplissement au-delà des niveaux prévus augmenterait les coûts macrofinanciers.
La combinaison optimale de politiques nécessitera une coordination étroite entre la gestion du crédit, les décaissements des fonds d’investissement publics, la modernisation des infrastructures et la stabilité du taux de change, a-t-il poursuivi.
Concernant la décision de la Banque mondiale de reclasser le Vietnam parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, Shan Saeed a qualifié cette décision de stratégiquement importante. Cette étape marquante couronne un long processus d’industrialisation, d’expansion des exportations, d’attraction des investissements étrangers et d’intégration aux réseaux de production mondiaux.
Elle signale également une évolution du modèle de développement vietnamien, qui passe d’un modèle principalement axé sur la compétitivité-coût à un modèle de plus en plus façonné par la productivité, la technologie, les infrastructures et l’efficacité institutionnelle. À mesure que les revenus augmentent, le Vietnam aura besoin de gains de productivité plus importants, d’une allocation de capital plus efficace, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’une plus grande création de valeur nationale au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales, a-t-il ajouté.
Perspectives du PIB pour 2026
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| La chaîne de production de la société Honda Vietnam dans le parc industriel de Dông Van II, province de Ninh Binh (Nord). |
| Photo : Nguyên Chinh/VNA/CVN |
Shan Saeed prévoit une croissance du PIB réel du Vietnam de 8,7% à 9,0% en 2026, selon le scénario de référence. Une croissance proche de 9,4% reste envisageable, mais doit être considérée comme un scénario optimiste et non comme la prévision centrale. Avec une croissance du PIB de 8,18% au premier semestre, atteindre même le bas de la fourchette de projection nécessiterait une forte accélération au second semestre.
La projection de référence de 8,7% à 9,0% repose sur le maintien d’une activité manufacturière dynamique, de commandes à l’exportation stables, d’une accélération des décaissements d’investissements publics et d’une demande intérieure résiliente, partiellement compensées par les contraintes inflationnistes et un contexte économique mondial plus morose.
Une croissance proche de 9% exigerait un déploiement plus efficace des infrastructures, la poursuite de l’expansion industrielle et une conversion plus rapide des investissements étrangers approuvés en actifs opérationnels.
Atteindre un niveau proche de 9,4% dépendrait de la conjonction de plusieurs facteurs favorables, notamment des décaissements d’investissements publics plus importants, une réalisation plus rapide des IDE, des coûts énergétiques stables, une consommation des ménages résiliente et une demande extérieure soutenue.
Selon Shan Saeed, il s’agit d’une prévision tributaire de la mise en œuvre, reposant sur la capacité de l’économie à accélérer l’activité manufacturière, les infrastructures et les investissements au cours du second semestre.
Il a identifié quatre risques majeurs. Premièrement, en tant qu’économie très ouverte, le Vietnam demeure vulnérable à un affaiblissement de la demande mondiale, à la fragmentation des politiques commerciales, à la volatilité des devises et aux chocs sur les prix de l’énergie.
Deuxièmement, si des prêts et des investissements robustes peuvent accroître la capacité de production, une allocation inefficace du capital pourrait alimenter un endettement excessif, des distorsions immobilières et une détérioration de la qualité des actifs du secteur bancaire, rendant indispensable une surveillance attentive de l’expansion rapide du crédit.
Troisièmement, même si la structure actuelle des investissements est fondamentalement positive, un déficit prolongé de la balance des paiements courants accroîtrait la dépendance à l’égard des décaissements soutenus d’IDE et des transferts de fonds, tout en rendant l’économie plus sensible à la volatilité des flux de portefeuille et aux fluctuations des taux de change.
Quatrièmement, l’inflation moyenne de 4,38% enregistrée au premier semestre limite les marges de manœuvre pour des mesures de relance macroéconomiques ambitieuses.
En définitive, Shan Saeed a conclu que la qualité des investissements publics, le rythme de développement des infrastructures, la résilience du système bancaire et la capacité à transformer les engagements d’investissement en actifs productifs détermineront si le Vietnam se situe dans la fourchette de prévisions principale ou s’il se rapproche de la limite supérieure.
L’histoire de l’économie vietnamienne en 2026 ne se résume pas à une simple accélération de la croissance du PIB. Elle repose sur une productivité accrue, une modernisation industrielle, une formation de capital plus importante et un rôle plus prépondérant dans le paysage économique stratégique asiatique.
Le Vietnam ne se contente plus de participer au prochain cycle d’investissement asiatique ni de recevoir des capitaux internationaux. Il s’affirme comme l’une des principales destinations de la région pour la production manufacturière à long terme, grâce à une industrie de plus en plus développée, une application efficace des politiques publiques et des chaînes d’approvisionnement de plus en plus intégrées.
VNA/CVN




