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| La ville de Dông Nai prévoit d'atteindre une production de 360.000 tonnes de durians d'ici 2030. |
| Photo : Nhât Binh/VNA/CVN |
Portée par une progression à deux chiffres et par un vaste potentiel de développement, notamment en Chine, elle pourrait franchir un nouveau cap grâce à l’assouplissement progressif des procédures relatives aux codes des zones de production et des stations de conditionnement.
Premier consommateur mondial de fruits, la Chine constitue également le principal débouché des exportations vietnamiennes de fruits et légumes. La demande d’importation y poursuit sa hausse, offrant de nouvelles perspectives aux producteurs vietnamiens.
Le Vietnam a dépassé le Chili pour devenir l’un des plus importants fournisseurs de fruits du marché chinois, derrière la Thaïlande. Pour le durian, fruit à la plus forte valeur d’importation en Chine, les deux pays se livrent une concurrence directe. Outre le durian, le Vietnam exporte également en quantité des bananes, des noix de coco fraîches, des longanes et des litchis.
Selon Nguyên Thanh Binh, président de l’Association vietnamienne des fruits et légumes, les exportations vers la Chine ont déjà dépassé 5,5 milliards de dollars, mais leur potentiel demeure considérable. Les fruits vietnamiens restent concentrés dans certaines régions et n’ont pas encore pénétré en profondeur les provinces de l’intérieur du pays.
Plusieurs produits attendent encore l’ouverture officielle du marché à travers la signature de protocoles phytosanitaires. C’est notamment le cas des agrumes : seuls le pomelo et le citron sont actuellement autorisés à l’exportation officielle, tandis que les oranges et les mandarines restent exclues. Les pommes cannelle, les avocats et d’autres fruits présentent également un fort potentiel.
Le durian demeure le principal levier de croissance. Le Vietnam compte aujourd’hui près de 192.000 ha cultivés, avec une production estimée à deux millions de tonnes en 2026. Ce fruit est désormais exporté vers 28 marchés. Les bananes offrent elles aussi d’importantes perspectives. Alors que le commerce mondial de ce produit a atteint 16,7 milliards de dollars en 2025, le Vietnam figure parmi les dix premiers exportateurs mondiaux, tandis que la Chine importe chaque année près d’un milliard de dollars de bananes.
Pour Pham Quôc Liêm, président du conseil d'administration de la société par actions agricole U&I (Unifarm)m et vice-président de l’Association vietnamienne des fruits et légumes, porter les exportations de bananes à un milliard de dollars nécessite avant tout d’accroître la valeur ajoutée par tonne produite. Cela passe par une meilleure organisation de la chaîne de valeur, depuis les variétés, les zones de production et la conservation jusqu’à la transformation, la commercialisation et l’innovation technologique.
La Chine demeure le marché déterminant pour la croissance du secteur, les exportations vietnamiennes de fruits et légumes y enregistrant une progression annuelle de 65 à 70%, selon Nguyên Quôc Manh, directeur général adjoint du Département de la culture et de la protection des végétaux.
Le secteur reste toutefois confronté à des exigences croissantes en matière de qualité, de sécurité alimentaire et de traçabilité, ainsi qu’à la hausse des coûts de production. L’attribution et la gestion des codes des zones de culture et des stations de conditionnement demeurent également un obstacle majeur.
Afin d’y remédier, le gouvernement a récemment simplifié les procédures administratives, réduisant les délais et les coûts tout en renforçant les contrôles et la traçabilité. Parallèlement, les autorités développent une base de données nationale des zones de culture, encouragent les coopératives et négocient avec la Chine ainsi qu’avec les États-Unis, le Japon, la République de Corée, l’Australie et d’autres marchés à forte valeur ajoutée pour élargir la liste des fruits autorisés à l’exportation.
Le modèle de croissance de la filière évolue désormais vers une amélioration de la qualité, de la valeur ajoutée, de la durabilité, de la logistique et de la transformation numérique. Dans un contexte de hausse continue de la consommation mondiale de fruits, ces réformes devraient permettre au secteur des fruits et légumes de contribuer de manière décisive à l’objectif de 74 milliards de dollars d’exportations agricoles du Vietnam en 2026.
VNA/CVN



