Le Vietnam rapproche ses entreprises des marchés mondiaux

Des crédits à long terme aux paiements transfrontaliers, le Centre financier international du Vietnam entend resserrer ses liens avec les investisseurs étrangers. Il vise aussi à soutenir les grands projets d’infrastructures et à dynamiser les exportations.

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Le Centre financier international du Vietnam (VIFC) est conçu comme un réseau s’articulant autour de deux pôles majeurs, à Hô Chi Minh-Ville et à Đà Nẵng, sous un pilotage national unifié. Le règlement de fonctionnement récemment publié crée les conditions nécessaires à la mise en service de ces deux centres, avec pour objectif d’attirer environ 30 milliards de dollars par an et de devenir ainsi un nouveau moteur de capitaux pour soutenir une croissance économique à deux chiffres.

L’aspiration de faire du pays une nouvelle destination sur la carte financière mondiale se concrétise, grâce au Centre financier international du Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

L’objectif majeur de ces deux implantations du Centre financier international du Vietnam reste toutefois de transformer ces engagements en flux de capitaux réels et en transactions concrètes. Le ministère des Finances a soumis au gouvernement des propositions concernant la consolidation du Conseil exécutif, le plan de développement du Centre à l’horizon 2035 ainsi que son règlement de fonctionnement.

Les deux organes exécutifs de Hô Chi Minh-Ville et de Đà Nẵng ont également convenu de publier les formulaires d’inscription et de reconnaissance des membres. Les deux métropoles ont approuvé les postes de travail, affecté les effectifs, alloué les budgets et préparé les locaux ainsi que les infrastructures technologiques requises. Elles ont mené des activités de promotion des investissements à l’étranger. De nombreuses banques, sociétés de valeurs mobilières, sociétés de gestion d’actifs et investisseurs ont signé des protocoles d’accord, pris des engagements et déposé leurs dossiers de candidature.

Attraction des capitaux

Le vice-Premier ministre Nguyẫn Văn Thắng a appelé à accélérer la mise en place du Centre financier international du Vietnam afin de permettre le lancement des premières transactions en novembre 2026, dans le respect de la législation et des exigences de sécurité financière. Il a également demandé de rendre compte de l’avancement de la création d’un centre d’arbitrage et d’un tribunal spécialisé, tout en accélérant leur mise en place afin qu’ils puissent fonctionner de manière stable.

Concernant les nouveaux produits financiers, M. Thắng a indiqué que ceux déjà négociés sur les places financières internationales pourraient être envisagés au Vietnam s’ils s’avéraient adaptés aux réalités du pays et à ses capacités de gestion des risques. Dans un premier temps, le ministère des Finances et les deux villes précitées devront concevoir des produits et opérations pilotes en concertation avec les Fonds d’investissement, les investisseurs et les entreprises intéressés, tout en tirant les enseignements de leur mise en œuvre.

Pour chaque catégorie de produits proposée, les autorités devront préciser les acteurs concernés, les mécanismes et politiques à adopter, les organismes chargés de préparer et d’approuver les textes, les délais d’exécution ainsi que les modalités de contrôle et de supervision. Le ministère des Finances devra évaluer la faisabilité des produits et soumettre aux autorités compétentes les questions nécessitant une décision.

Nguyễn Văn Thắng a insisté sur la nécessité de faire preuve d’initiative et de souplesse, sans se limiter aux produits initialement envisagés. La priorité devra être accordée aux transactions pour lesquelles des contacts ont déjà été établis entre l’offre et la demande de capitaux, notamment celles destinées à mobiliser et à fournir des financements à moyen et long termes.

Pour les entreprises vietnamiennes, le VIFC n’est pas seulement un nouveau canal de levée de fonds, mais aussi un point d’accès à toute une gamme de services financiers aux normes internationales, allant de la structuration du capital et de la notation de crédit aux paiements transfrontaliers et à la gestion des risques.

Alors que les besoins en capital pour la croissance ne cessent d’augmenter, de nombreuses entreprises cherchent de nouveaux canaux de financement en dehors du marché traditionnel.

Le Centre financier international du Vietnam vise à soutenir les grands projets d’infrastructures et à dynamiser les exportations.
Photo : VNA/CVN

Chaîne de services

Pour les start-up technologiques, le VIFC est perçu comme un tremplin vers les marchés de capitaux internationaux, en vue d’une introduction en Bourse à l’étranger. Selon Nguyễn Đức Quốc Anh, fondateur dans ce secteur, trois enjeux sont déterminants pour les jeunes pousses rejoignant le VIFC : un cadre juridique clair, la capacité de connexion avec les marchés, et la visibilité nécessaire pour commercialiser leurs produits.

À l’autre bout de l’économie, des entreprises exportatrices s’intéressent au VIFC pour ses opérations de paiement complexes : paiements tripartites, transbordements, transactions exigeant une justification aux normes internationales - actuellement traitées en grande partie via des places financières régionales comme Singapour. L’espoir placé dans le VIFC est de relier les atouts portuaires fluviaux et maritimes, ainsi que le commerce extérieur de Hô Chi Minh-Ville et du Sud, aux services financiers internationaux, directement sur le territoire national.

L’intérêt provient aussi bien des entreprises financières que des entreprises industrielles, exportatrices et de nouveaux modèles d’affaires, avec une même dynamique : un besoin de capitaux importants et de long terme pour les infrastructures, la production, la logistique et la technologie - un besoin que les capitaux nationaux peinent à satisfaire entièrement. Le VIFC apporte trois avantages majeurs : l’accès aux capitaux internationaux, des politiques de soutien, et des opportunités d’expansion vers les marchés étrangers, plutôt que de dépendre uniquement du marché intérieur.

C’est précisément le point clé pour éviter que le VIFC ne devienne une “île financière” isolée, si ses membres ne réalisaient des transactions qu’entre eux. Lorsque les entreprises et projets nationaux accèdent, de manière encadrée, à l’écosystème du VIFC, le centre devient véritablement une porte d’entrée pour la levée de capitaux internationaux.

Les entreprises éligibles ne se contentent pas d’“emprunter de l’argent” : elles peuvent accéder à toute une chaîne de services - conseil en structuration du capital, notation de crédit, audit, conseil juridique, garantie d’émission, organisation de prêts syndiqués, gestion des changes, assurance, conservation de titres, paiement, gestion des risques - particulièrement nécessaires pour les grands projets requérant des capitaux de long terme.

Thê Linh/CVN


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