Le textile vietnamien cherche de nouveaux moteurs de croissance à l’export

Les exportations vietnamiennes de textile-habillement ont atteint environ 22,2 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 1,7% sur un an, selon l’Association du textile et de l’habillement du Vietnam (VITAS). Le secteur a maintenu un excédent commercial proche de 10 milliards de dollars sur la période, contribuant ainsi de manière importante à la croissance des exportations nationales.

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Les exportations vietnamiennes de textile-habillement ont atteint environ 22,2 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 1,7% sur un an.
Photo : VNA/CVN

Les matières premières et produits intermédiaires constituent l’un des points positifs. Les exportations de fibres, tissus, accessoires et non-tissés ont progressé de 5,6% à 10,6%, sous l’effet d’une demande relativement stable sur les marchés et de l’augmentation des capacités de production nationales. À l’inverse, les exportations de vêtements ont légèrement reculé de 0,4%, en raison notamment de la faiblesse persistante de la demande sur les principaux marchés après une période marquée par l’inflation et un ralentissement économique.

Selon Cao Huu Hiêu, directeur général du Groupe national du textile et de l’habillement du Vietnam (Vinatex), la reprise de l’économie mondiale reste lente, tandis que les incertitudes géopolitiques et les politiques tarifaires continuent de peser sur le marché. Les prix de l’énergie et les coûts logistiques demeurent élevés, alimentant les pressions inflationnistes et affectant directement le pouvoir d’achat et la consommation de produits d’habillement. Les importateurs et les grandes marques restent prudents, privilégiant la maîtrise des stocks et limitant les commandes à long terme.

Vinatex a toutefois maintenu sa dynamique de croissance au premier semestre grâce à une gestion proactive de la production et des activités commerciales, à un suivi régulier des évolutions du marché et à des mesures d’adaptation flexibles, tout en maîtrisant les coûts.

Pour atteindre l’objectif d’environ 48 milliards de dollars d’exportations en 2026, le secteur devra réaliser plus de 4 milliards de dollars par mois au second semestre. Or, la demande sur les grands marchés devrait se redresser lentement et les commandes rester instables, tandis que la concurrence sur les prix s’intensifie. Les entreprises doivent également répondre à des exigences croissantes en matière de développement durable, de traçabilité et de normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), ce qui accroît les coûts de production et de mise en conformité.

Autre difficulté, le secteur dépend encore à hauteur de 60 à 70% des matières premières et accessoires importés. Cette dépendance limite la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement et la capacité à tirer pleinement parti des règles d’origine prévues par les accords de libre-échange pour bénéficier d’avantages tarifaires.

Les risques liés aux politiques commerciales internationales doivent également être suivis de près. L’enquête menée par les États-Unis au titre de la Section 301 sur le travail forcé impose notamment aux entreprises de renforcer la transparence de leurs chaînes d’approvisionnement, le contrôle de l’origine des matières premières et leur capacité à respecter les normes internationales. La traçabilité doit porter non seulement sur les vêtements, mais aussi sur le coton, les fibres, les tissus, les teintures et les autres matières et accessoires.

Selon Vu Duc Giang, président de la VITAS, le secteur entre ainsi dans une nouvelle phase de développement, alors que les possibilités d’une croissance fondée uniquement sur l’augmentation des volumes se réduisent. Les priorités sont désormais l’amélioration de la productivité, l’augmentation de la valeur des produits, la maîtrise des approvisionnements, la diversification des marchés ainsi que l’accélération des transformations numérique et verte.

La VITAS préconise notamment d’adapter les entreprises aux nouvelles modalités d’achat des grandes marques internationales, avec des exigences plus strictes en matière de délais de livraison, de transparence et de développement durable. Elle encourage également le développement de l’industrie nationale des matières premières et accessoires afin d’accroître le taux de localisation, de réduire la dépendance aux importations et de mieux répondre aux règles d’origine des accords de libre-échange. Les investissements dans les technologies, l’automatisation, la transformation numérique et la production verte seront parallèlement renforcés.

Au sein de Vinatex, Cao Huu Hiêu précise que la stratégie privilégie la croissance en profondeur. Pour la branche filature, le groupe applique des achats de matières premières par courts cycles et optimise ses coûts énergétiques. Pour l'habillement, l'accent est mis sur la productivité, le réseau de sous-traitance satellite et la recherche de commandes à forte valeur ajoutée pour le quatrième trimestre.

En parallèle, les entreprises du secteur renforcent leur gouvernance et la gestion des risques, tout en investissant dans la chaîne textile-teinture. L'objectif ultime est de structurer progressivement un écosystème de production vert, intelligent et circulaire, identifié comme le nouveau moteur de croissance durable de l'industrie textile vietnamienne.

VNA/CVN

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