Les exportations de riz du Vietnam atteignent 2,86 milliards de dollars en huit mois

En août, le prix du riz vietnamien à 5% de brisures s’élevait à 437,3 dollars la tonne, un niveau inférieur à celui de la Thaïlande (460,7 dollars la tonne) mais supérieur à celui de l’Inde (360,9 dollars la tonne). Parallèlement, la structure des marchés d’exportation évolue et des signes de difficultés apparaissent sur des marchés clés.

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Le Vietnam a exporté environ 6 millions de tonnes de riz au cours des huit premiers mois de 2026. 
Photo : VNA/CVN

Le Vietnam a exporté environ 6 millions de tonnes de riz pour une valeur d’environ 2,86 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, soit une baisse de 6,3% en volume et de 11,9% en valeur sur un an, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.

Sur l’ensemble des huit premiers mois, le prix moyen à l’exportation s’est établi à 480,9 dollars la tonne, soit un recul de 6% sur un an.

Cette régression s’explique par l’intensification de la concurrence par les prix sur le marché mondial du riz, portée par un afflux massif de l’offre et une restructuration stratégique des pays importateurs.

Le marché mondial du riz est sous pression après l’annonce de l’Inde de libérer depuis 31 juillet une partie importante de ses stocks de riz, soit près de 20 millions de tonnes. Cette décision a provoqué une baisse des prix du riz sur le marché international, poussant des pays comme la Thaïlande, le Pakistan et l’Inde à réduire leurs prix.En août, le prix du riz vietnamien à 5% de brisures s’élevait à 437,3 dollars la tonne, un niveau inférieur à celui de la Thaïlande (460,7 dollars la tonne) mais supérieur à celui de l’Inde (360,9 dollars la tonne).

Parallèlement, la structure des marchés d’exportation évolue et des signes de difficultés apparaissent sur des marchés clés. Les Philippines demeurent le principal débouché, représentant 43,2 % de la valeur totale des exportations de riz du Vietnam ; toutefois, le chiffre d’affaires à l’exportation vers ce marché est en baisse par rapport à la même période des années précédentes.

Cependant, des opportunités de marché existent toujours, compte tenu de la forte progression des importations chinoises, notamment de riz brisé destiné à l’alimentation animale, de riz utilisé comme matière première et de riz gluant, a estimé le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.

D’autres marchés africains offrent également des débouchés pour le riz vietnamien, tels que le Nigeria et le Kenya qui adoptent des stratégies d’urgence face à des crises d’approvisionnement majeures en riz pour l’année 2026.

Le Nigeria fait face à un déficit de production d’environ 3,5 millions de tonnes de riz pour la campagne 2026-2027, tandis que le Kenya a autorisé l’importation en franchise de droits de douane de riz blanc jusqu’en novembre 2026.

Nguyên Anh Son, directeur de l’Agence du commerce extérieur relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, a déclaré que les objectifs concernant le riz vietnamien pour les derniers mois de l’année impliquent non seulement d’augmenter les volumes d’exportation et de diversifier les marchés, mais aussi de préserver les principaux marchés existants.

Pour accroître la valeur des exportations, le Vietnam doit miser sur une marque nationale forte.
Photo : VNA/CVN

Le ministère de l’Industrie et du Commerce peaufine actuellement le mécanisme de gestion des exportations de riz et élabore des amendements au Décret N°107/2018/ND-CP du gouvernement, daté du 15 août 2018, sur les activités d’exportation de riz), en proposant l’ajout d’un mécanisme d’évaluation de la crédibilité des exportateurs de riz.

Selon l’Agence du commerce extérieur, l’objectif est de mettre en place un mécanisme permettant d’évaluer objectivement les capacités et le niveau de conformité des entreprises, tout en encourageant simultanément les entités disposant de zones d’approvisionnement en matières premières, de chaînes de production intégrées ainsi que de systèmes de logistique et d’entreposage modernes et intégrés.

Une délégation interministérielle vietnamienne, conduite par le vice-ministre de l’Industrie et du Commerce Nguyên Sinh Nhât Tân, a effectué du 19 au 21 août une mission de travail aux Philippines afin d’échanger sur les difficultés récentes dans le commerce du riz entre les deux pays.

Au cours des séries d’entretiens menées avec le ministère philippin du Commerce et de l’Industrie (DTI), la Commission des tarifs douaniers (TC) et le ministère de l’Agriculture (DA), les échanges ont porté sur la procédure de sauvegarde, la levée des obstacles commerciaux et la dynamisation de la coopération bilatérale.

Les deux parties ont convenu de poursuivre la mise en œuvre efficace du mémorandum d’entente sur la coopération dans le commerce du riz, de maintenir des chaînes d’approvisionnement stables et de concilier les intérêts des producteurs, des entreprises et des consommateurs des deux pays.

Les Philippines constituent le principal marché d’exportation du riz vietnamien, représentant près de 45% des recettes d’exportation. Toutefois, le pays intensifie ses efforts pour stabiliser les prix intérieurs du riz, notamment en augmentant les achats locaux et en envisageant des mesures de sauvegarde sur le riz importé.

Selon l’Association des vivres du Vietnam (VFA), face à une reprise lente de la demande sur certains marchés et à une concurrence internationale accrue, la filière rizicole vietnamienne doit poursuivre simultanément deux objectifs : diversifier les marchés d’exportation et renforcer la valeur de ses marques.

Pour accroître la valeur des exportations et réinventer son avantage concurrentiel, le Vietnam doit miser sur une marque nationale forte, en valorisant les variétés d’excellence comme le ST25, le Jasmine et d’autres variétés parfumées.

Le président de la VFA, Dô Hà Nam, a déclaré que les exportateurs devaient œuvrer activement pour lever les obstacles sur les marchés clés, en particulier aux Philippines, et s’implanter sur des destinations prometteuses comme l’Afrique. Une telle diversification permettrait de répartir les risques et de réduire la dépendance aux marchés traditionnels.

VNA/CVN

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