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| En 1968, le Président Hô Chi Minh (1er plan, centre) rencontre des enfants brillants du Sud au Palais présidentiel à Hanoï. |
| Photo : Archives/VNA/CVN |
Le Président Hô Chi Minh incarne l’âme du peuple, sa ténacité ainsi que son aspiration indéfectible à l’indépendance du Vietnam. Ses paroles sont devenues celles de toute une nation : “Rien n’est plus précieux que l’indépendance et la liberté” ou encore : “Plutôt tout sacrifier que perdre notre pays et retomber dans l’esclavage”.
À l’égard du Sud, plongé dans une guerre longue et éprouvante, il nourrissait des sentiments particulièrement profonds.
Il suivait avec attention l’évolution de la lutte de libération. Il parlait du Sud avec des mots simples mais puissants, le qualifiant de “sang du sang du Vietnam” et de “chair de la chair du Vietnam”. Il répétait souvent : “L’image du Sud bien-aimé est toujours dans mon cœur”. Ou encore : “Tant que le pays ne sera pas réunifié et que nos compatriotes souffriront encore, je ne pourrai ni bien manger ni dormir en paix”. Dans chacun de ses gestes quotidiens, le Sud occupait une place centrale.
Le 8 mai 1963, lors de la 6e session de l’Assemblée nationale (IIe législature), apprenant que les députés souhaitaient lui remettre l’Ordre de l’Étoile d’or, la plus haute distinction du pays, le Président Hô Chi Minh prononça une brève allocution. Très ému, il remercia l’Assemblée nationale tout en estimant ne pas mériter un tel honneur.
Selon lui, les véritables héros étaient les habitants et les combattants du Sud. Il affirma que le Sud méritait pleinement le titre de “Rempart d’airain de la Patrie” ainsi que la plus haute décoration nationale.
Il déclara alors : “Attendons le jour où le Sud sera totalement libéré, où le pays sera réunifié et où le Nord et le Sud vivront sous le même toit. Alors, l’Assemblée nationale permettra aux compatriotes du Sud de me remettre cette décoration. Ce sera la joie de tout notre peuple”.
Ces paroles révélèrent une fois encore le sens des responsabilités et l’attachement profond de Hô Chi Minh envers le Sud du Vietnam.
Des souvenirs du Sud toujours présents
Les objets liés au Sud occupaient une place particulière auprès de lui. Le caïmitier offert par des compatriotes méridionaux fut soigneusement planté près de sa maison sur pilotis. Dans la Maison 67, aujourd’hui située dans l’enceinte du Palais présidentiel, une carte des positions militaires ennemies au Sud jusqu’en août 1969 demeurait suspendue devant lui.
Hô Chi Minh n’oubliait jamais les exploits des habitants et combattants méridionaux, notamment ceux des jeunes et des enfants. Lorsqu’il recevait des invités étrangers, il évoquait souvent leurs histoires avec une joie visible sur le visage.
Au moment des appels à la nation ou des poèmes du Têt, il savait que tout le pays l’écoutait, et plus particulièrement les compatriotes et soldats du Sud, qui trouvaient dans sa voix encouragement et confiance pour poursuivre la longue résistance.
Ceux qui eurent la chance de vivre à ses côtés, tout comme les enfants du Sud venus le rencontrer, même brièvement, ressentirent cette affection sincère.
Alors que la guerre faisait encore rage, Hô Chi Minh nourrissait déjà le projet de se rendre dans le Sud. Cette idée se fit plus pressante encore à partir de 1965, alors qu’il avait 75 ans.
En 1968, il aborda de nouveau cette question avec détermination auprès des responsables concernés. Certains s’inquiétaient pour sa santé. Il répondit simplement : “Si les cadres peuvent y aller, pourquoi pas moi ?”.
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| Le Président Hô Chi Minh (4e à gauche) pose avec une délégation de héros et soldats des Forces armées populaires de libération du Sud, le 15 novembre 1965 à Hanoï. |
| Photo : Archives/VNA/CVN |
Il commença alors à se préparer physiquement. Après avoir étudié les possibilités de déplacement, il estima que la marche restait la meilleure solution. Malgré la fatigue, il s’entraînait chaque jour à marcher.
Dans l’enceinte du Palais présidentiel, un petit chemin de plus de 200 m reliait sa maison sur pilotis au pavillon Hôi Dông. Ce sentier discret devint son parcours d’entraînement quotidien. Hô Chi Minh lui donna le nom de “piste Truong Son”. Après sa disparition, ses proches comprirent qu’il s’y préparait symboliquement à franchir la cordillère Truong Son pour rejoindre le Sud.
Durant les dernières années de sa vie, affaibli par la maladie, il évoquait moins ce voyage, mais demandait toujours à rencontrer les cadres venus du Sud. Presque toutes les délégations méridionales en visite au Nord furent reçues par lui, soit dans leur lieu d’accueil, soit dans sa résidence.
Le rêve de rejoindre le Sud
Les délégations de combattants et de responsables sudistes invitées au Nord partageaient souvent un repas ou un moment d’échange avec lui. Certaines figures héroïques du Sud furent accueillies à plusieurs reprises, comme Trân Thi Ly, Ta Thi Kiêu, Huynh Thi Kiên ou encore de jeunes combattants exemplaires.
Hô Chi Minh recevait ces combattants comme un père ou un grand-père. Attentif au moindre détail, il demandait si ses visiteurs avaient suffisamment chaud durant l’hiver du Nord et recommandait de préparer des plats adaptés aux goûts des compatriotes méridionaux afin qu’ils puissent mieux manger et reprendre des forces.
Même lorsqu’il était fatigué, il s’efforçait de ne pas le montrer. Lors des repas avec les délégations du Sud, il mangeait parfois davantage pour rassurer ses invités sur son état de santé.
Dans ses mémoires, le général Lê Duc Anh rapporte ces paroles du Président : “Tu vois, je suis encore en bonne santé ! Prépare-moi à aller rendre visite aux compatriotes et combattants du Sud”.
Jusqu’aux derniers jours de sa vie, Hô Chi Minh continua de penser au Sud. Le 30 août 1969, alité, il interrogea encore les membres du Bureau politique : “Où le Sud a-t-il remporté des victoires aujourd’hui ?”. Il demanda également comment serait organisée la Fête nationale et exprima le souhait de pouvoir rencontrer quelques minutes des habitants.
Ces ultimes paroles sont restées gravées dans toutes les mémoires. Toute sa vie durant, le Président Hô Chi Minh aura gardé le Sud dans son cœur.
Dan Thanh/CVN




