L'histoire d'une famille qui a reçu une lettre de félicitations du Président Hô Chi Minh

Durant les deux grandes guerres de résistance nationale, d'innombrables familles vietnamiennes ont sacrifié leurs meilleurs fils et filles pour la cause de la libération nationale et la défense de la patrie. Dans le quartier de Nam Dinh (province de Ninh Binh), vit une famille révolutionnaire typique : sept fils servaient dans l'armée, dont cinq ont courageusement donné leur vie pour l'indépendance et la liberté de la nation.

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Le contenu de la lettre du Président Hô Chi Minh faisant l'éloge de la famille de Ta Quang Yên, dans le quartier de Nam Dinh, province de Ninh Binh. 
Photo : CTV/CVN

En reconnaissance de ces immenses sacrifices, le Président Hô Chi Minh leur adressa une lettre d'éloges et leur dédia un poème émouvant : "Une famille de loyauté et de piété filiale, honorée pour l’éternité".

Ta Quang Yên était un érudit confucéen patriote qui, dès les premiers jours suivant la Révolution d'Août, participa activement à l'Association Liên Viêt. Nguyên Thi Nuôi était, quant à elle, active au sein de l'Association des femmes pour le salut national. Issus d'une famille imprégnée d'une forte tradition patriotique, leurs neuf enfants furent très tôt sensibilisés à la révolution et rejoignirent les forces vives de la lutte contre le colonialisme français, au sein de l'armée et parmi la population de l'ancienne ville de Nam Dinh. La famille de Ta Quang Yên et Nguyên Thi Nuôi reçut une lettre de félicitations du président Hô Chi Minh en septembre 1948.

Selon les proches de Ta Quang Tam - fils de Ta Quang Yên -, avant la Révolution d'Août 1945, l'aîné, Ta Quang Truong, était activement impliqué dans le mouvement ouvrier de l'usine textile de Nam Dinh. Découvert par l'ennemi, il se réfugia à la base révolutionnaire de Lac Quân pour poursuivre ses activités. Le 22 août 1945, il rejoignit l'armée du détachement de Lac Quân pour progresser et prendre le pouvoir à Nam Dinh. Après le succès de la Révolution d'Août, il s'engagea volontairement dans les troupes de Nam Dinh et partit pour le Sud afin de combattre.

À l'instar de leur aîné, ses jeunes frères rejoignirent successivement le combat pour défendre la patrie. Au début de la résistance contre le colonialisme français, quatre de ses frères, Ta Quang Kha, Ta Quang Hông, Ta Quang Thuân et Ta Quang Duc, s'enrôlèrent dans l'armée et devinrent soldats du 34e régiment.

Début 1946, alors que se déroulaient les préparatifs urgents de la longue guerre de résistance pour défendre leur patrie, tous quatre furent affectés par le 34e régiment à la création d'une section d'autodéfense dans la zone 4 (quartier de Hô Van Mich), où résidait leur famille.

Pour développer ses effectifs, les quatre frères recrutèrent des habitants, principalement des transporteurs et des manutentionnaires de la zone portuaire de Nam Dinh, afin de les intégrer à l'unité de combat d'autodéfense. Sous la direction du chef de section Ta Quang Kha, les membres de l'autodéfense s'entraînaient sans relâche, jour et nuit, préparaient leurs armes et se tenaient prêts à combattre pour défendre la ville de Nam Dinh.

Début mars 1947, face à un siège serré mené par nos troupes dans les garnisons de Nam Dinh, le commandement français d'Indochine décida de lancer une opération de secours, mobilisant d'importantes forces depuis Hanoï le long de la digue du fleuve Rouge. Conformément au plan visant à intercepter les renforts ennemis venant de l'est, des villages de Trung Chang et Tân Dê le long de la route nationale 10 en direction de la ville de Nam Dinh, la section d'autodéfense du quartier de Hô Van Mich, commandée par Ta Quang Kha, tendit une embuscade et intercepta farouchement l'ennemi, le contraignant à modifier sa direction d'attaque.

Le matin du 11 mars 1947, une importante force de troupes françaises, appuyée par des blindés, avança de Huu Bi vers le village de Trung Chang. Un combat acharné et inégal s'ensuivit. Au cours de cet affrontement, Ta Quang Kha, Ta Quang Hông, Ta Quang Thuân et Ta Quang Duc se battirent jusqu'à leur dernière cartouche et sacrifièrent héroïquement leur vie.

Apprenant le sacrifice héroïque des quatre fils de Ta Quang Yên, le président Hô Chi Minh fit parvenir à la famille, à l'occasion de la Fête nationale le 2 septembre 1948, une chemise en soie accompagnée d'une lettre d'éloges empreinte d'émotion :

"À Monsieur Ta Quang Yên, à Nam Dinh :

Je suis profondément touché d'apprendre que vous avez eu huit fils, dont six ont participé à la résistance et quatre ont héroïquement sacrifié leur vie pour la Patrie. Au nom du Gouvernement, je vous adresse mes plus sincères félicitations et vous déclare : “Une famille exemplaire en matière de loyauté et de piété filiale, à jamais renommée”. En cette occasion, je souhaite vous offrir une chemise que le peuple m'a donnée. Je vous souhaite une bonne santé et une longue vie". 

En reconnaissance des grands sacrifices et des contributions de sa famille, Nguyên Thi Nuôi reçut le titre de Mère de l’ancienne province de Nam Hà et, en 1994, l'État lui décerna à titre posthume le prestigieux titre de "Mère héroïque vietnamienne".

Marchant sur les traces de ses frères, à l'âge de 16 ans, le huitième fils, Ta Quang Tam, s'engagea dans la 11e compagnie du 34e régiment, également connu sous le nom de régiment Tât Thang. Vif d'esprit et courageux, il fut affecté à la liaison. Alors que la population et les soldats de Thành Nam se préparaient activement à la résistance contre les Français, le jeune Ta Quang Tam sillonnait les rues jour et nuit pour recueillir et transmettre des informations aux unités.

Un jour, alors qu'il était de service dans le secteur du Service vétérinaire (anciennement quartier de Ngô Quyên), il aperçut un parachutiste ennemi qui venait d'atterrir. Bien qu'armé seulement d'un poignard et d'une machette, Ta Quang Tam se précipita courageusement pour éliminer l'ennemi, s'emparant d'un pistolet, d'un fusil et de grenades qu'il remit à son unité.

Poursuivant son engagement dans le mouvement de lutte du peuple et des soldats de Thành Nam, il fut muté en 1949 au service de renseignement de la 3e région militaire, puis au renseignement militaire de la province de Ninh Binh. En octobre 1951, alors qu'il recueillait des renseignements dans la région du pont Yên, il fut capturé par l'ennemi et emprisonné à la prison de May Chai, à Nam Dinh.

En prison, il conserva l'intégrité d'un soldat révolutionnaire, continuant d'encourager ses camarades à maintenir leur esprit combatif et à organiser le creusement de tunnels pour s'évader. Découvert par l'ennemi, il fut incarcéré à l'isolement à la prison de Phu Quôc pendant près d'un an, où il subit de nombreuses tortures. En août 1954, il fut libéré et reprit son service militaire. Après le retour de la paix, en juillet 1955, il fut démobilisé et retourna travailler dans sa communauté.

L'épouse et la fille de Ta Quang Tam, originaires du quartier de Nam Dinh dans la province de Ninh Binh, conservent précieusement des articles de journaux et des documents relatifs aux traditions révolutionnaires de la famille.
Photo : CTV/CVN

Lorsque les États-Unis intensifièrent leurs bombardements contre le Nord du Vietnam en avril 1965, Ta Quang Tam se porta volontaire pour se réengager. Il fut affecté à la 320e division et déployé sur le redoutable champ de bataille de Binh Tri Thiên. En 1967, lors d'une bataille, il fut grièvement blessé et transféré au Nord pour y être soigné. Il fut ensuite affecté au ministère des Ressources en eau. Après près de cinq ans passés dans ce ministère, il fut muté en 1973 au département de l'organisation du Comité provincial du Parti de Nam Hà et prit sa retraite en 1989.

Fidèle à la tradition familiale, durant la guerre de résistance contre les États-Unis pour sauver le pays, le plus jeune fils, Ta Quang Muoi, s'engagea également volontairement dans l'armée et sacrifia courageusement sa vie sur le champ de bataille de Quang Tri.

L'histoire de la famille de Ta Quang Yên est non seulement une source de fierté pour sa ville natale de Nam Dinh, mais aussi un profond enseignement sur le patriotisme, l'esprit révolutionnaire et la tradition de loyauté et de piété filiale du peuple vietnamien. Actuellement, la lettre du président Hô Chi Minh à sa famille est précieusement conservée par des générations de descendants comme un trésor sacré, rappelant à chacun l'importance de l'indépendance, de la liberté et de la responsabilité de construire et de protéger la patrie dans cette nouvelle ère.

Linh An/CVN

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