Le secteur économique étatique réaffirme son rôle de moteur et d’orientation

À l’heure où le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, le secteur économique d’État s’impose comme un levier stratégique pour structurer la croissance. Entre rationalisation des entreprises publiques et redéfinition des rôles avec le secteur privé, il se repositionne au cœur des dynamiques économiques.

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Les entreprises publiques jouent un rôle clé dans des secteurs comme l'électricité, le pétrole et le gaz et les télécommunications.
Photo : VNA/CVN

Quarante ans après le lancement de l'œuvre du Dôi moi (Renouveau), l’économie vietnamienne a profondément évolué, marquée par l’essor du secteur privé et une intégration internationale accrue. Dans ce contexte, le secteur économique d’État ne s’efface pas : il se redéfinit comme une force d’impulsion, appelée à orienter les secteurs clés et à stabiliser les grands équilibres macroéconomiques.

Cette orientation est clairement affirmée par le Bureau politique à travers la résolution 79-NQ/TW du 6 janvier 2026. Le texte souligne la mission du secteur économique d’État : ouvrir la voie à l’industrialisation, moderniser le modèle de croissance et placer la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique au cœur du développement national.

Au-delà des orientations politiques, cette ambition se traduit concrètement par une transformation structurelle du tissu des entreprises publiques, désormais recentré sur les secteurs stratégiques exigeant des investissements lourds et une vision de long terme.

Une économie mieux structurée

La restructuration du secteur public a profondément modifié son périmètre. Selon Doan Thanh Tuân, vice-directeur de l’Agence de développement des entreprises publiques au ministère des Finances, le nombre d’entreprises détenues à 100% par l’État est passé d’environ 12.000 à 473 aujourd’hui, et à un peu plus de 800 si l’on inclut celles à participation majoritaire publique.

Doan Thanh Tuân, vice-directeur de l’Agence de développement des entreprises publiques relevant du ministère des Finances. 
Photo : CTV/CVN

Cette réduction n’obéit pas à une logique purement quantitative. Elle répond à une exigence de cohérence stratégique : ne maintenir que les entités capables d’assurer des missions essentielles, liées à la sécurité économique, aux infrastructures vitales ou aux équilibres macroéconomiques.

"L’objectif n’est pas de réduire pour réduire, mais de conserver des entreprises réellement utiles et performantes", insiste M. Thanh Tuân. À l’avenir, le nombre d’entreprises publiques pourrait continuer à diminuer, mais sur la base de critères d’efficacité et de pertinence stratégique.

Parallèlement, l’État n’exclut pas de renforcer, voire de créer de nouvelles entreprises dans des secteurs clés tels que les technologies de pointe, l’innovation ou les infrastructures stratégiques. Ces entités sont appelées à jouer un rôle d’entraînement en impulsant de nouveaux modèles de croissance.

Stimuler les complémentarités

La montée en puissance du secteur privé impose une redéfinition claire des rôles. Pour Hoàng Van Cuong, le secteur privé constitue un moteur essentiel, tandis que le secteur public conserve une fonction de pilotage. Sans clarification, la concurrence entre les deux secteurs pourrait devenir contre-productive.

Certains domaines liés à la souveraineté nationale comme l’aviation ou le maritime doivent rester sous contrôle public. D’autres peuvent être ouverts au privé, à condition d’établir une répartition claire des responsabilités afin de favoriser la coopération plutôt que la rivalité.

Dans une usine de fabrication de LILAMA à Hai Phong (Nord).
Photo : VNA/CVN

Dans cette logique, les politiques de désengagement de l’État ont été accélérées dans plusieurs secteurs. Au sein du ministère de la Construction, la cession de participations dans des groupes tels que Sông Dà ou Lilama a permis au secteur privé de prendre une place prépondérante dans les projets d’infrastructures majeurs, notamment les autoroutes et les aéroports.

Les ressources ainsi dégagées sont redirigées vers des secteurs prioritaires, notamment la défense, les services publics essentiels ou encore le logement social, où les entreprises publiques sont appelées à jouer un rôle structurant pour stabiliser les marchés.

Vers un investisseur national stratège

Au-delà de la production, la question de la gestion du capital public devient centrale. La Société d’investissement du capital de l’État (SCIC) gère aujourd’hui un portefeuille de plus de 100 entreprises, représentant une valeur estimée à près de 8 milliards de dollars.

Son ambition : se transformer en véritable investisseur national stratégique. Selon Lê Thanh Tuân, vice-directeur général de la SCIC, une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration, orientée vers l’innovation, les technologies émergentes et la participation à des fonds d’investissement, notamment de capital-risque.

Lê Thanh Tuân, vice-directeur général de la Société d’investissement du capital de l’État (SCIC). 
Photo : CTV/CVN

Ce repositionnement s’inspire de modèles internationaux, notamment celui de Temasek Holdings, reconnu pour son efficacité dans la valorisation des actifs publics.

Dans cette perspective, les critères d’évaluation évoluent. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les profits ou le chiffre d’affaires, mais d’apprécier la capacité à accroître la valeur globale des actifs nationaux et à orienter les flux de capitaux vers des investissements de long terme.

Thao Nguyên/CVN

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