17/10/2020 09:20
Lê Quôc Doanh, vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural, lors d’un récent entretien avec la presse, a parlé des avancées de la riziculture. Les recherches en hybridation ont permis d’obtenir de nouvelles variétés de qualité appréciées des consommateurs étrangers.
>>Les exportateurs sont prêts
>>EVFTA : un coup de fouet aux exportations de riz

Cette année, malgré la crise sanitaire et l’important problème de salinisation des terres cultivables, notre production rizicole reste abondante et nos exportations ont connu, les trois premiers trimestres, une croissance impressionnante. Qu’en pensez-vous ?

Le succès de notre industrie rizicole aujourd’hui résulte d’un long processus de restructuration du secteur sous la direction du Parti et de l’État. En effet, depuis 1990 (quatre ans après avoir commencé la mise en œuvre de la politique de Renouveau, ndlr), l’agriculture nationale dont la riziculture se développe rapidement. Grâce aux progrès technologiques, le delta du Mékong, aux sols acides à sulfates (alunés), s’est transformé en vaste région rizicole au rendement élevé, devenant ainsi "un grenier à riz" du pays.

En outre, de nombreuses localités côtières du Nord ont réussi à convertir leurs terres acides à sulfates en rizières capables de produire 8-9 tonnes de paddy par hectare. En particulier, les recherches sur les semences ont connu des avancées spectaculaires ces dernières décennies, sans compter les innovations importantes et constantes des techniques agricoles. Nous avons une collection de semences de qualité permettant de produire des variétés de riz parfumées et spéciales.

Avant l’apparition du COVID-19, les riziculteurs faisaient déjà face aux effets néfastes du changement climatique : intrusion saline précoce dans le delta du Mékong, sécheresse dans le Centre et ravage des plantations par les insectes et champignons, comme la pyriculariose, dans le Nord. Mais grâce aux prévisions et politiques adaptées du gouvernement prises dès mi-2019, le secteur a réussi à surmonter ces obstacles. En particulier, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a demandé à huit provinces côtières du delta du Mékong de commencer tôt le semis de 400.000 ha de rizières de la campagne hiver-printemps pour éviter le pic de l’intrusion saline. C’est une politique décisive pour le succès de la campagne hiver-printemps 2019-2020. Nous avons eu une récolte abondante.

En termes de commerce extérieur, le riz vietnamien affirme de plus en plus sa position sur les marchés étrangers. Au cours des trois premiers trimestres de l’année, il a été l’un des rares produits à connaître une croissance positive en termes de valeur d’exportation. Son prix de vente était parfois plus élevé que celui du riz thaïlandais. Désormais, nous sommes totalement confiants dans la conquête de nouveaux marchés.

Récolte du riz dans le delta du Mékong.
Photo : VNA/CVN

L’Union européenne nous réserve un quota d’exportation de 30.000 tonnes de riz parfumé. Est-ce que cette première étape nous met sur la bonne voie pour accéder à des marchés exigeants ?

L’octroi par l’Union européenne d’un quota de 30.000 tonnes de riz parfumé avec des exonérations fiscales est un bon signe. Les 27 pays européens représentent un marché difficile qui exige une sécurité sanitaire des aliments très élevée et une origine géographique claire. L’entrée dans ce marché aidera le riz vietnamien à montrer sa valeur, sa qualité et son prestige. Le volume de 30.000 tonnes n’est pas, bien sûr, important mais c’est un bon commencement.
Si les producteurs et les entreprises exportatrices contrôlent sérieusement la qualité de leurs produits et répondent bien aux exigences des partenaires, ils gagneront la confiance des consommateurs européens, et je crois que le quota continuera d’augmenter dans le futur.

Neuf variétés de riz parfumé ont bénéficié de privilèges fiscaux pour s’écouler en Europe. Quelle est l’opportunité pour d’autres variétés spéciales comme les ST24 et ST25 ?

Selon les règlements de l’Accord de libre-échange Union européenne - Vietnam  (EVFTA), les neuf variétés de riz parfumé exportées vers ce marché bénéficiant des exonérations douanières sont la Jasmine 85, la ST5, la ST20, la Nàng Hoa 9, la VĐ 20, la RVT, l’OM 4900, l’OM 5451 et enfin la Tài nguyên Cho Đào. Elles ont été approuvées durant le processus de négociations de l’EVFTA. Cependant, conformément aux dispositions, les deux parties examineront, approuveront et ajouteront chaque année de nouveaux types de riz à la liste. Pour les variétés qui ont été primées "meilleur riz au monde" comme les ST24 et ST25, nous travaillerons bientôt avec l’Union européenne pour les ajouter à la liste. Je crois qu’avec leur qualité et leur reconnaissance internationale, elles seront acceptées.

Le riz vietnamien affirme de plus en plus sa position sur les marchés étrangers.
Photo : CTV/CVN

Selon vous, que devrait prochainement faire le secteur rizicole pour profiter de manière optimale de l’EVFTA ?

À mon avis, la restructuration du secteur va actuellement dans le bon sens. Mais on doit porter toute notre attention à deux défis majeurs. 

Premièrement, le secteur doit continuer à garantir la sécurité alimentaire nationale et réserver une partie de la production à l’exportation. Avec le changement climatique particulièrement dur pour nous et la baisse des superficies de rizières, le secteur doit adopter une stratégie productive de long terme. Actuellement, la superficie moyenne des rizières du pays s’élève à environ 7,7-7,8 millions d’hectares, avec un rendement d’environ 6 tonnes/ha. Nous devons maintenir ce rendement pour assurer une production suffisante.

Deuxièmement, il est nécessaire de continuer à augmenter la valeur du riz pour atteindre un prix de vente plus élevé et plus concurrentiel, d’appliquer les progrès scientifiques en vue de réduire les coûts de production et d’aider les riziculteurs à augmenter leurs revenus.

Linh Thao - Anh Tho/CVN
 
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