Le cheval blanc, nouvel atout des montagnes de Lang Son

Dans les régions montagneuses de Lang Son, l’élevage du cheval blanc devient une source de revenus prometteuse. La structuration des fermes et la diversification des débouchés ouvrent de nouvelles perspectives, dynamisant une filière locale en plein essor.

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L’élevage équin améliore les conditions de vie de nombreuses familles des zones montagneuses de Lang Son. 
Photo : VNA/CVN

Dans le village de Vinh Tiên, commune de Thông Nhât, province de Lang Son (Nord), Phùng Van Len exploite une dizaine d’hectares de terres forestières où poussent notamment de l’herbe et des pins. Il s’est lancé dans l’élevage équin vers 2006, en commençant par six chevaux à robe alezane.

Une activité rémunératrice

Après avoir constaté leur bonne adaptation au climat local, il a conservé ce troupeau pendant une dizaine d’années.

Quatre à six femelles donnaient naissance chaque année, permettant à sa famille de gagner entre 60 et 80 millions de dôngs grâce à la vente des poulains destinés à la reproduction.

En 2016, constatant les prix plus élevés des chevaux blancs, l’éleveur a réorienté son activité et acheté neuf reproducteurs. Les premières naissances sont intervenues deux à trois ans plus tard. Depuis, les femelles mettent généralement bas une fois par an. Un poulain âgé de cinq à six mois se vend entre 20 et 30 millions de dôngs, tandis qu’un adulte peut atteindre 50 à 70 millions.

En 2025, six femelles ont donné naissance, permettant au ménage de réaliser entre 150 et 160 millions de dôngs de recettes. Selon Phùng Van Len, l’élevage nécessite en outre peu de main-d’œuvre : deux personnes suffisent pour surveiller une dizaine de chevaux.

Lorsque le temps est chaud, les animaux pâturent le matin sur les collines avant de regagner leur abri le soir. Ils reçoivent alors de l’herbe cultivée et des compléments alimentaires. En hiver, les soins doivent être renforcés, car les chevaux supportent mal le froid. Les étables doivent être protégées tandis qu’en altitude, les éleveurs peuvent recourir au chauffage électrique, à de l’eau tiède additionnée de sel et à une alimentation plus riche.

Nguyên Van Du, également installé à Vinh Tiên, a suivi une trajectoire similaire. Après vingt ans consacrés à l’élevage de buffles et de bovins, il a expérimenté l’élevage de deux chevaux alezans en 2010. Constatant que les chevaux étaient plus faciles à entretenir et plus rentables, il a progressivement changé de modèle.

Depuis 2020, il élève huit chevaux blancs reproducteurs. Quatre à six femelles mettent bas chaque année, générant entre 100 et 150 millions de dôngs de revenus, selon les prix du marché.

Une filière qui se structure

Le cheptel équin de Lang Son s’élève à près de 7.000 têtes, dont plus de 1.600 chevaux blancs. 
Photo : VNA/CVN

L’éleveur souligne toutefois que la rentabilité ne signifie pas absence de contraintes. La sélection des reproducteurs, l’alimentation, les soins aux femelles gestantes et la prévention des maladies exigent des connaissances précises. Une bonne maîtrise technique reste indispensable pour maintenir la santé du troupeau et assurer une reproduction régulière.

La demande en animaux de qualité offre néanmoins des débouchés prometteurs. Dans certaines localités, le cheval blanc est également utilisé pour les activités touristiques.

À Thông Nhât, l’élevage équin existe depuis longtemps, mais il était autrefois très dispersé. Chaque famille ne possédait qu’un ou deux animaux et vendait individuellement sa production. Cette organisation limitait le pouvoir de négociation face aux commerçants et favorisait les écarts de qualité, notamment en raison d’un suivi sanitaire insuffisant.

Pour remédier à ces difficultés, Nguyên Van Luc a créé en 2021 la coopérative d’élevage équin Huu Lân, avec dix familles et un cheptel initial de plus de 40 têtes. Depuis sa création, le nombre d’adhérents et celui des chevaux ont pratiquement doublé. Certains membres dégagent désormais près de 200 millions de dôngs par an.

Selon Nguyên Van Luc, le regroupement des producteurs permet d’améliorer à la fois les techniques d’élevage et la commercialisation. Les adhérents bénéficient de formations sur la sélection des reproducteurs, l’alimentation, les soins et la prévention des maladies. La coopérative facilite également la recherche de débouchés pour les animaux reproducteurs et les chevaux destinés à la vente.

Elle contribue par ailleurs à l’accès à des financements préférentiels mobilisés par les organisations paysannes, permettant aux membres d’acquérir de nouveaux reproducteurs et d’agrandir leurs troupeaux.

La commune de Thông Nhât dispose d’atouts naturels favorables à cette évolution. Ses reliefs vallonnés, ses pâturages et l’expérience accumulée par les habitants constituent des conditions propices. La localité compte aujourd’hui plus de 1.500 chevaux.

Selon Vi Thi Hiêp, vice-présidente du Comité populaire communal, les autorités encouragent les ménages à développer leurs troupeaux afin d’augmenter leurs revenus et de contribuer à la réduction de la pauvreté.

À l’échelle provinciale, la tendance est également positive. D’après Duong Doan Doanh, directeur adjoint de la sous-direction de l’élevage, de la médecine vétérinaire et des produits aquatiques du Service de l’agriculture et de l’environnement de Lang Son, la province compte environ 6.800 chevaux, parmi lesquels plus de 1.600 à la robe blanche. Les communes de Quan Son, Thông Nhât et Huu Liên figurent parmi les principaux bassins d’élevage.

Les autorités provinciales misent sur cette activité, jugée compatible avec les conditions naturelles locales. L’objectif est de porter le cheptel équin à environ 8.000 têtes d’ici à 2030. Pour les populations rurales de montagne, le développement de l’élevage du cheval blanc pourrait ainsi devenir un levier durable d’amélioration des revenus et de valorisation des ressources locales.

Vu Dat - Huong Linh/CVN


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