États-Unis
L'attaque d'une synagogue du Michigan renforce les craintes de la communauté juive américaine

L'attaque à la voiture bélier contre une synagogue près de Détroit jeudi 12 mars a ébranlé une communauté juive déjà à vif face à l'antisémitisme aux États-Unis.

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Des policiers devant la synagogue Temple Israël, à West Bloomfield, aux États-Unis, le 13 mars 2026, cible la veille d'une attaque à la voiture bélier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour Tamar Cohen, 24 ans, cette violence renforce un quotidien déjà inquiétant: pratiquer sa foi comporte un risque.

"C'est vraiment comme si notre sécurité n'était plus garantie", souffle-t-elle à l'AFP près du Temple Israël, lieu de l'attaque de jeudi 12 mars. "C'est tout simplement terrifiant de ne pas se sentir en sécurité dans son propre quartier, au sein de sa propre communauté, alors qu'on ne fait que pratiquer sa religion et vivre selon ses valeurs."

Les Juifs américains faisaient déjà état d'un malaise croissant face à l'antisémitisme, et le conflit au Moyen-Orient ne fait que l'aggraver.

Lors de l'attaque, seul l'agresseur, un Libanais ayant obtenu la nationalité américaine en 2016, a été tué. Cet homme de 41 ans aurait perdu des proches quelques jours plus tôt lors d'une attaque israélienne au Liban.

"Chaque fois qu'il y a des combats au Moyen-Orient, cela se traduit souvent par une haine accrue et des menaces plus graves à l'encontre de la communauté juive", note Amy Sapeika, de l'American Jewish Committee (AJC).

"Nous devons nous protéger"

Des véhicules des forces de l'ordre près du Temple Israël, à West Bloomfield, aux États-Unis, le 13 mars 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

Une récente enquête menée par l'AJC révèle que 91% des Juifs américains se sentent moins en sécurité, du fait notamment d'actes de violence commis contre les Juifs dans le pays durant l'année écoulée.

Deux assistants de l'ambassade d'Israël ont été tués par balles devant le musée juif de Washington en 2025, et un pyromane a pris pour cible la maison du gouverneur juif de Pennsylvanie, Josh Shapiro.

Pour Mme Sapeika, l'attaque de jeudi 12 mars était "à la fois choquante et pas choquante". "Nous avons constaté une montée en flèche de l'antisémitisme", dit-elle à l'AFP. "Nous savions que cela pouvait arriver, mais c'est vraiment la pire de nos craintes qui s'est réalisée".

Ces menaces ont fait grimper la demande de services de sécurité destinés spécifiquement à protéger les communautés juives, avec des agents postés dans les écoles, sur les campus et dans d'autres bâtiments.

Cette précaution s'est avérée vitale jeudi puisque ce sont les agents de sécurité qui ont neutralisé le suspect avant que celui-ci ne se tire une balle dans la tête.

"Nous préférerions de loin consacrer cet argent à l'éducation de nos enfants ou à la communauté", regrette Jennifer Kaluzny, rabbin de la synagogue attaquée. "Mais il est indéniable que l'antisémitisme atteint des sommets et que nous devons nous protéger."

Mme Kaluzny aimerait que les Juifs se sentent libres d'exprimer ouvertement leur foi tout en reconnaissant que certaines personnes sont inquiètes.

Rien de nouveau

Les forces de l’ordre interviennent sur les lieux d’une fusillade devant la synagogue Temple Israel, à West Bloomfield, dans la banlieue de Détroit, dans le Michigan, le 12 mars 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'enquête de l'American Jewish Committee a révélé que plus de la moitié des personnes interrogées ont évité certains comportements, comme afficher des symboles juifs ou assister à des événements.

Aryeh Silverstein, 19 ans, déclare dans sa boutique de cartes à collectionner près de Détroit qu'il hésite à afficher son identité juive: "Je ne sais pas du tout si c'est quelque chose dont je devrais parler ouvertement ou que je devrais cacher complètement", explique le jeune homme qui porte un collier avec une étoile de David.

Mais il insiste sur le fait qu'il ne se laissera pas intimider: "Si je veux afficher ouvertement mon identité juive, c'est comme ça que ça se passera. Quelles que soient les réactions négatives".

Tamar Cohen confirme également qu'elle compte bien se rendre dans sa synagogue comme d'habitude: "Se cacher, c'est exactement ce que veulent les terroristes. Ils veulent que vous soyez terrifiés. Ils veulent que vous restiez chez vous. Ils veulent que vous ne fassiez plus rien", souligne-t-elle.

Et Tamar Cohen fait remarquer que les menaces de violences ne sont rien de nouveau pour le peuple juif: "Je pense que c'est dans notre nature. Nous y sommes tellement habitués. Les Juifs ont été pris pour cible toute leur vie. Nous avons toujours été pris pour cible pour la seule raison que nous sommes juifs".

AFP/VNA/CVN

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